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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423088

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423088

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423088
TypeOrdonnance
Avocat requérantCLERC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 août 2024, Mme B C, agissant en qualité de représentante légale de son enfant mineure, Mme A C, représentée par Me Clerc, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 14 juin 2024 par laquelle le recteur de l'académie de Paris a affecté son enfant au collège Pierre Jean de Béranger à Paris (75003) au titre de l'année scolaire 2024-2025, ensemble la décision du 11 juillet 2024 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris d'affecter sa fille au collège Beaumarchais à Paris (75011) ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- il y a urgence, en raison de la proximité de la rentrée scolaire, et dès lors que l'affectation de sa fille au collège Pierre Jean de Béranger engendrera d'importants risques pour sa sécurité et des frais supplémentaires non prévus par la famille ; cette situation complique l'organisation familiale pour sa mère, parente célibataire et reconnue invalide à hauteur de 25% ; enfin, cette situation angoisse sa fille qui sera séparée de ses camarades et de son meilleur ami ;

Sur le doute sérieux :

- les décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit et méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 août 2024 sous le numéro 2423090 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 14 juin 2024, le recteur de l'académie de Paris a affecté l'élève A C au collège Pierre Jean de Béranger à Paris (75003) au titre de l'année scolaire 2024-2025. Par une décision du 11 juillet 2024 le recteur a rejeté le recours gracieux formé par Mme C, la mère de l'enfant, et tendant à ce que cette dernière soit affectée dans son établissement de secteur. Par la présente requête, Mme C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme C fait valoir que la rentrée scolaire est proche et que l'établissement voulu, le collège Beaumarchais (75011), est situé à proximité immédiate de leur domicile. Elle soutient en outre que les décisions litigieuses engendrent d'importants risques pour sa sécurité et des frais supplémentaires, insoutenables pour la famille, et souligne qu'en tant que mère célibataire reconnue invalide à hauteur de 25%, cette situation complique l'organisation familiale pour accompagner sa fille à l'école. Enfin, la requérante fait valoir que la situation angoisse sa fille, laquelle est séparée de ses camarades et de son meilleur ami. Toutefois, il résulte de l'instruction que le temps de trajet à pied entre le domicile de l'enfant et le collège voulu, le collège Beaumarchais, est de six minutes, contre neuf minutes pour se rendre au collège d'affectation, le collège Pierre Jean de Béranger. Ainsi, eu égard, d'une part, à la faible distance entre les deux établissements scolaires et le domicile de l'enfant, d'autre part, à l'absence d'éléments suffisamment probants qui révéleraient que l'état de santé de l'enfant empêcherait une affectation dans son établissement actuel, ou que l'enfant encourrait des risques sérieux et graves pour sa sécurité en se rendant à son collège actuel, la requérante ne justifie pas, en l'état de l'instruction, d'une situation d'urgence justifiant qu'une décision soit prise par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Fait à Paris, le 10 septembre 2024.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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