jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2424857 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | KADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024, complétée par un mémoire enregistré le 18 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Kadoch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2024 du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national pendant cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Un mémoire a été enregistré pour le préfet de police le 11 décembre 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Feghouli ;
- et les observations de Me Sidibe pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, né le 26 septembre 1982, a fait l'objet d'un arrêté du préfet de police en date du 29 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national pendant cinq ans. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00924 du 8 juillet 2024 accordant délégation de la signature préfectorale à la préfète déléguée à l'immigration et aux agents affectés au sein de la délégation à l'immigration, le préfet de police a donné délégation à M. C D, administrateur de l'Etat hors classe, sous-directeur du séjour et de l'accès à la nationalité, pour signer tous actes, arrêtés, décisions et pièces comptables dans la limite de ses attributions, dans lesquelles entrent la prise des décisions en litige. Le moyen tiré de ce que la décision a été signée par une autorité incompétente doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". "
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que le requérant avait été condamné en 2014 et en 2017 pour des faits de violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique. Toutefois, ces faits, compte tenu de leur ancienneté, ne suffisent pas à caractériser une menace actuelle pour l'ordre public de nature à justifier le refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Toutefois, dans le cas où un motif d'une décision administrative est erroné, il y a lieu de procéder à la neutralisation de ce motif s'il apparaît que la considération d'un des motifs retenus aurait suffi à déterminer l'administration à prendre la même décision. En l'espèce, la décision attaquée rejetant l'admission exceptionnelle au séjour de M. B est également fondée sur le motif tiré de ce qu'il ne répond à aucune considération humanitaire et ne justifie d'aucun motif exceptionnel au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur ces seuls motifs. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation au motif que le requérant représentait un trouble à l'ordre public doit être écarté.
6. En troisième lieu, si M. B, célibataire et sans enfants, se prévaut de son expérience professionnelle sur le territoire national où il occupe depuis 2020 un emploi en qualité d'ouvrier-marbrier, ces seuls éléments ne suffisent pas à justifier de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à établir que le préfet de police aurait, en refusant l'admission exceptionnelle au séjour du requérant, commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il est constant que M. B est célibataire et sans enfants. Dans ces conditions, le préfet de police, en refusant de délivrer le titre de séjour sollicité n'a pas porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise décisions attaquées ont été prises.
9. Enfin M. B ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Compte tenu de ce qui a été exposé précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B justifie de telles circonstances humanitaires qui auraient pu conduire l'autorité administrative à ne pas prononcer d'interdiction de retour sur le territoire français. En outre, pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas, en fixant à 5 ans la durée de cette interdiction, commis d'erreur d'appréciation, ni, de façon plus globale commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du requérant doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
Le rapporteur, Le président
M. E
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504435
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026