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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2425038

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2425038

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2425038
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET BAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 septembre 2024 et le 2 octobre 2024, M. B A, représenté par la SELAS ACG, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a refusé son inscription sur la liste B des épreuves de vérification des connaissances (EVC) pour la session 2024 concernant l'autorisation d'exercer la médecine dans la spécialité " anesthésie et réanimation " ;

2°) d'enjoindre au CNG de l'inscrire sur la liste B des EVC pour la session 2024 concernant l'autorisation d'exercer la médecine dans la spécialité " anesthésie et réanimation " ;

3°) de mettre à la charge du CNG la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal est territorialement compétent au regard des articles R. 312-1 et R. 312-10 du code de justice administrative ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que seule la réussite à ces épreuves lui permettra d'exercer sa profession de médecin en France alors que celles-ci débuteront le 17 octobre 2024, date à laquelle le jugement au fond ne sera pas intervenu sans qu'ait d'incidence son inscription sur la liste A ;

- il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il a regagné le territoire français le 7 avril 2012 soit un mois après la recommandation faite le 2 mars 2012 par le ministère chargé des affaires étrangères de quitter immédiatement la Syrie sans qu'aucune disposition, notamment des articles L. 4111-2 ou R. 4111-39 du code de la santé publique, de l'arrêté du 30 mai 2024 ou de la circulaire DHOS/M/M4 n° 2004-386 du 2 août 2004, n'exige comme condition pour une inscription en liste B que le candidat justifie avoir regagné le territoire français dans les trois mois précédant son inscription aux EVC ;

- le CNG n'était pas en situation de compétence liée pour refuser son inscription.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le CNG, représenté par la SELARL Bazin et associés avocats, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de M. A de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal n'est territorialement pas compétent pour connaître du litige en application de l'article R. 312-10 du code de justice administrative ;

- l'urgence à suspendre la décision attaquée n'est pas établie dès lors notamment que le requérant est inscrit sur la liste A des EVC 2024 et qu'il lui revenait de compléter en produisant des documents qui lui auraient été également demandés s'il avait été inscrit sur la liste B, ce qu'il n'a pas fait ;

- le moyen invoqué n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que M. A ne peut se prévaloir des dispositions relatives au retour dans un délai de trois mois, douze ans après son rapatriement compte tenu de l'objet de la législation qui est de faciliter l'insertion des personnes concernées dès leur retour, que lors de son retour en France, en 2012, il n'était pas détenteur d'un diplôme de spécialité, lequel ne lui a été délivré que dix ans plus tard en Syrie, de sorte qu'il ne pouvait à la date de son retour en France s'inscrire aux EVC 2012, et qu'il serait incohérent de lui permettre de concourir sur la liste B, alors même qu'il est retourné sur le territoire syrien, qu'il avait quitté en 2012, afin d'obtenir son diplôme de spécialité en 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2425040 le 19 septembre 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 9 juillet 2021 portant modalités d'organisation des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique ;

- l'arrêté du 30 mai 2024 portant ouverture des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Delesalle comme juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :

- le rapport de M. Delesalle, juge des référés ;

- les observations de la SELAS ACG, avocat de M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens en précisant que le tribunal administratif de Paris est également compétent dès lors qu'est en cause une décision prise par une autorité dont le siège se situe à Paris en matière de concours, que l'urgence est établie quand bien même il pourrait candidater au titre de la liste A car il s'agit d'une modalité distincte de sélection moins favorable, que son inscription sur la liste A a été faite par défaut à l'initiative du CNG et à raison du refus de l'inscrire sur la liste B, que l'esprit de la loi est seulement de permettre aux personnes contraintes de quitter précipitamment leur pays de résidence et d'interrompre leurs études, de s'insérer plus facilement, que s'il n'était pas présent en Syrie pendant l'intégralité de la période de quatre ans précédant la délivrance de son diplôme de spécialité en 2022, ce pays se fonde beaucoup sur l'expérience acquise, et qu'aucune condition de délai n'est exigée s'agissant des réfugiés et apatrides pour leur inscription sur la liste B ;

- les observations de la SELARL Bazin et associés avocats, avocat du CNG, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire par les mêmes moyens, en abandonnant toutefois le moyen tiré de la compétence liée dès lors que M. A a été inscrit d'office sur la liste A pour le seul motif que son inscription sur la liste B avait été rejetée, et précise, sur l'urgence, que la condition d'urgence n'est pas remplie également en raison de ce que le concours est très ouvert dès lors que plus de 170 places sont ouvertes au concours et que le nombre de candidats baisse, et que, sur le doute sérieux, il existe un soupçon de fraude concernant le diplôme de spécialité produit par le requérant compte tenu de ce que le cursus pour l'obtenir est normalement de quatre ans alors qu'il était en France pendant cette période et que le retour dans un délai de trois mois à compter de la recommandation de quitter un pays de ne peut être revendiquée que dans un délai raisonnable à compter de ce départ.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant français et syrien né le 13 janvier 1986 en France, a suivi des études de médecine en Syrie où il s'est vu délivrer à l'issue de l'année universitaire 2011/2012 le diplôme de docteur en médecine. Il a quitté ce pays le 7 avril 2012 et réside actuellement en France après avoir vécu dans différent pays. Le 21 juin 2022, il s'est vu délivrer en Syrie, selon ses déclarations, le diplôme de spécialité en " anesthésie-réanimation " par la Commission syrienne des spécialités médicales. Souhaitant être autorisé à exercer son activité en France, il a sollicité le 28 juin 2024 auprès de l'agence régionale de santé (ARS) de Normandie son inscription aux épreuves de vérification des connaissances (EVC) pour la profession de médecin dans la spécialité anesthésie-réanimation - session 2024 pour la liste B en application des dispositions du code de la santé publique. Après un avis négatif réitéré émis par le directeur général de l'ARS de Normandie, M. A a formé un " recours gracieux " en date du 10 juillet 2024 contre cette décision devant le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG), lequel l'a implicitement rejeté. Par la présente requête, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du refus du CNG de l'inscrire sur la liste B des épreuves de vérification des connaissances pour la session 2024 concernant l'autorisation d'exercer la médecine dans la spécialité " anesthésie et réanimation ".

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

3. Aux termes de l'article L. 4111-2 du code de la santé publique : " I.- Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, après avis d'une commission comprenant notamment des délégués des conseils nationaux des ordres et des organisations nationales des professions intéressées, choisis par ces organismes, autoriser individuellement à exercer les personnes titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre permettant l'exercice, dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, de la profession de médecin, dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, chirurgien-dentiste, le cas échéant dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, ou de sage-femme. / Ces personnes doivent avoir satisfait à des épreuves anonymes de vérification des connaissances, organisées par profession et, le cas échéant, par spécialité, et justifier d'un niveau suffisant de maîtrise de la langue française. () Des dispositions réglementaires fixent les conditions d'organisation de ces épreuves. Le nombre maximum de candidats susceptibles d'être reçus à ces épreuves pour chaque profession et, le cas échéant, pour chaque spécialité est fixé par arrêté du ministre chargé de la santé en tenant compte, notamment, de l'évolution des nombres d'étudiants déterminés en application du deuxième alinéa du I de l'article L. 631-1 du code de l'éducation et de vérification du niveau de maîtrise de la langue française. / Le nombre maximum mentionné à l'alinéa précédent n'est pas opposable aux réfugiés, apatrides, bénéficiaires de l'asile territorial et bénéficiaires de la protection subsidiaire et aux Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises. / Les personnes mentionnées au troisième alinéa du présent I titulaires d'un diplôme, d'un certificat ou d'un autre titre permettant l'exercice de la profession dans le pays d'obtention de ce diplôme, de ce certificat ou de ce titre se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier auprès du directeur général de l'agence régionale de santé de leur lieu de résidence, lequel peut, après examen de ce dossier, prendre une décision d'affectation temporaire du candidat dans un établissement de santé. Le candidat s'engage en contrepartie à passer les épreuves de vérification des connaissances mentionnées au deuxième alinéa. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions de mise en œuvre du présent alinéa. / () ". Aux termes du premier alinéa e l'article R. 4111-39 du même code : " Les personnes ayant la qualité de réfugié, d'apatride ou de bénéficiaire de l'asile territorial ou de la protection subsidiaire et les Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises, titulaires d'un diplôme, d'un certificat ou d'un autre titre permettant, dans le pays où il a été obtenu, d'exercer la profession de médecin, de chirurgien-dentiste ou de sage-femme, qui présentent les épreuves de vérification des connaissances mentionnées au I de l'article L. 4111-2 ne sont pas soumises au nombre maximum mentionné à l'article R. 4111-5. Le jury établit une liste par ordre alphabétique des candidats reçus ".

4. Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 9 juillet 2021 portant modalités d'organisation des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique : " Chaque agence régionale de santé communique un avis sur ces demandes d'inscription au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, qui se prononce sur la recevabilité du dossier du candidat pour l'inscription au concours ". Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " Les candidats justifiant de la qualité de réfugié politique, apatride, bénéficiaire de l'asile territorial, bénéficiaire de la protection subsidiaire ou Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises s'inscrivent sur une liste spécifique (liste B) selon les modalités définies à l'article 6 du présent arrêté. / Ils ne peuvent pas être inscrits, pour une même session de concours, à la fois sur la liste de droit commun (liste A) et sur la liste spécifique (liste B) ".

5. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 30 mai 2024 portant ouverture des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique : " Les candidats s'inscrivent à ces épreuves dans les conditions suivantes : / () / 2. Au titre de l'examen organisé en application des dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 9 juillet 2021, modifié, portant modalités d'organisation des épreuves de vérification des connaissances mentionnées aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique : / Sont concernées les personnes ayant la qualité de réfugié politique, apatride, bénéficiaire de l'asile territorial, bénéficiaire de la protection subsidiaire ou Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises. Ils concourent au titre des professions et spécialités fixées à l'annexe I du présent arrêté. Toutefois, le nombre maximum de personnes susceptibles d'être reçues ne leur est pas opposable. Conformément aux dispositions de l'article 1er, la demande de candidature comporte les pièces suivantes : / () / d) Selon le cas : / - le document officiel, attribuant la qualité de réfugié politique, apatride, bénéficiaire de l'asile territorial, de la protection subsidiaire ou bien celle de Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises, pour justifier de l'inscription spécifique en cette qualité ; / - pour les Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises, tout document permettant de prouver leur retour dans les trois mois suivant la consigne donnée par les autorités ".

En ce qui concerne la compétence territoriale du tribunal :

6. Aux termes de l'article R. 312-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. () / Sous les mêmes réserves en cas de recours préalable à celui qui a été introduit devant le tribunal administratif, la décision à retenir pour déterminer la compétence territoriale est celle qui a fait l'objet du recours administratif ou du pourvoi devant une juridiction incompétente ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 312-10 du même code : " Les litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles, notamment les professions libérales () relèvent, lorsque la décision attaquée n'a pas un caractère réglementaire, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve () le lieu d'exercice de la profession ".

7. A supposer même, ainsi que le soutient le CNG, que le présent litige, qui tend à l'annulation d'une décision prise par une autorité dont le siège se situe dans le ressort du tribunal administratif de Paris, soit relatif à une législation sur les activités professionnelles, M. A n'exerce pas la profession d'anesthésiste réanimateur et ne dispose ainsi d'aucun lieu d'exercice. Par suite, le tribunal administrait de Paris est nécessairement compétent pour en connaître.

En ce qui concerne le bien-fondé de la demande de suspension :

8. L'administration peut faire valoir devant le juge des référés que la décision dont il lui est demandé de suspendre l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge des référés, après avoir mis à même l'auteur de la demande, dans des conditions adaptées à l'urgence qui caractérise la procédure de référé, de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher s'il ressort à l'évidence des données de l'affaire, en l'état de l'instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement la décision et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative et à condition que la substitution demandée ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué, le juge des référés peut procéder à cette substitution pour apprécier s'il y a lieu d'ordonner la suspension qui lui est demandée.

9. Il ressort des pièces du dossier que, par un courriel du 28 juin 2024, les services de l'ARS Normandie ont informé M. A du caractère incomplet de son dossier d'inscription à la liste B des EVC 2024, et lui ont demandé la production d'un document attestant de son " retour en France de moins de trois mois, émanant des autorités compétentes pour le certifier ", faute de quoi il serait inscrit sur la liste A. Par un courrier du 3 juillet 2024, l'ARS a émis un avis négatif à sa demande d'inscription sur la liste B au motif que son dossier ne comportait pas la pièce suivante : " pour les Français ayant regagné le territoire national à la demande des autorités françaises, tout document permettant de prouver leur retour dans les trois mois suivant la consigne donnée par les autorités ". En réponse, l'intéressé, par un courriel du 8 juillet 2024, a adressé à l'ARS un courrier en date du 4 juillet 2024 du ministère de l'Europe et des affaires étrangères attestant que lui-même avez " quitté [la Syrie] le 7 avril 2012, soit dans un délai d'un mois après la recommandation émise par le MEAE le 2 mars 2012 aux ressortissants français de quitter le pays immédiatement. En réponse, par un courriel du jour même 8 juillet 2024, l'ARS a informé M. A que ce document ne lui permettait " pas de prétendre, 12 ans après l'injonction des services consulaires du Ministère en charge des affaires étrangères, de [se] prévaloir d'un retour dans les trois mois sur le territoire national alors [qu'il résidait] en France depuis au moins 2019, date de renouvellement de sa carte national d'identité par la préfecture de l'Aveyron ". Par un courriel du 9 juillet 2024, l'ARS a confirmé sa position après " un nouvel échange avec le CNG " dès lors que s'il était " revenu de Syrie sur le territoire français à la demande des autorités françaises en 2012, depuis [il ne remplissait] plus la condition de réintégration dans les trois mois " ainsi que l'exige l'arrêté du 30 mai 2024 portant ouverture des épreuves de vérification des connaissances. Devant le tribunal, le CNG, qui explicite les motifs du rejet implicite du recours gracieux en date du 10 juillet 2024 formé par M. A, soutient que si le requérant est rentré initialement en France dans le délai de trois mois suivant la consigne donnée par les autorités, il ne peut toutefois pas se prévaloir des dispositions relatives au retour dans un délai de trois mois douze ans après son rapatriement compte tenu de l'objet de la législation qui est de faciliter l'insertion des personnes concernées dès leur retour, qu'à son retour en France, en 2012, il n'était pas détenteur d'un diplôme de spécialité, lequel ne lui a été délivré que dix ans plus tard, en Syrie, de sorte qu'il ne pouvait à la date de son retour en France s'inscrire aux EVC 2012, et qu'il serait incohérent de lui permettre de concourir sur la liste B, alors même qu'il est retourné sur le territoire syrien, qu'il avait quitté en 2012, afin d'obtenir son diplôme de spécialité en 2022.

10. En l'état de l'instruction, alors que le refus opposé par le CNG ne peut être regardé comme fondé sur le motif tiré de ce que M. A n'avait pas regagné le territoire français dans le délai de trois mois précédant son inscription aux EVC, le moyen invoqué visé ci-dessus n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus attaquée.

11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNG, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme à verser au CNG au titre de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.

Fait à Paris, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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