mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2425650 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 11 juillet 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, cette somme étant à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de non obtention de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie ; elle se trouve en situation irrégulière et risque par conséquent de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, alors que le préfet est dans l'obligation de lui délivrer son titre de séjour ; elle ne dispose plus d'aucune ressource financière pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses quatre enfants, en raison de l'irrégularité de son séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ; elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 424-1, R. 424-1 et R. 424-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence dès lors qu'elle a été munie d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable jusqu'au 29 mars 2025.
Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2024, Mme B se désiste de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction et maintient le surplus de ses conclusions.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2425651 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de cet article et eu égard à l'urgence à statuer, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de référé :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. Mme A B, ressortissante afghane née le 31 mars 1989, a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " réfugié ". Le préfet de police a, en cours d'instance, muni Mme B d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 29 mars 2025, régularisant son séjour. Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2024, Mme B déclare se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Hug, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où Mme B ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle définitive, l'Etat lui versera cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera à Me Hug, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de l'administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, l'Etat lui versera cette somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Hug et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 8 octobre 2024.
La juge des référés,
S. AUBERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.