vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2426980 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 octobre 2024 et le 15 octobre 2024, Mme N'deye Thiam Awa A, représentée par Me Aboukhater, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a accordé le concours de la force publique aux fins de son expulsion locative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que son expulsion est imminente alors qu'elle est particulièrement vulnérable et extrêmement fragile psychologiquement ; elle a été reconnue prioritaire au titre du droit au logement opposable (DALO) par une décision du 23 mai 2019 mais elle n'a reçu aucune proposition de logement ; son expulsion aurait pour conséquence une mise à la rue ;
- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle porte atteinte à la dignité humaine en raison de son état de santé et de l'absence de solution de relogement ;
- plusieurs évènements sont survenus postérieurement à la décision du juge judiciaire dès lors qu'elle a été reconnue handicapée par une décision du 24 septembre 2024 de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ; elle a déposé un dossier de surendettement qui a été déclaré recevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 octobre 2024 sous le numéro 2426978 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Timite, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Mme C pour le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. Par ordonnance du 8 juin 2023, le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris a constaté l'expiration du bail du logement occupé par Mme A le 7 juillet 2022 en raison du congé pour vente qui lui avait été délivré et lui a accordé un délai jusqu'au 31 mars 2024 pour quitter les lieux, en ordonnant son expulsion si besoin avec le concours de la force publique. Ce concours a été accordé le 27 septembre 2024. Par la présente requête Mme A demande la suspension de la décision du préfet de police octroyant le concours de la force publique pour procéder à son expulsion.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Il résulte de l'instruction que la préfecture de police a procédé à l'expulsion de Mme A le 11 octobre 2024. La décision du 27 septembre 2024 par laquelle le préfet de police avait accordé le concours de la force publique en vue de la réalisation de cette expulsion ayant été ainsi entièrement exécutée, la requête de Mme A demandant d'en suspendre l'exécution a perdu son objet et ne peut plus être accueillie.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme A.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme N'deye Thiam Awa A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 18 octobre 2024.
La juge des référés,
P. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.