vendredi 2 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2503840 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | COMMERCON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2025, SNCF Gares et Connexions, représentée par Me Labetoule, demande au tribunal de prescrire une expertise dans le cadre du projet de modernisation de la gare du Nord à Paris, en vue des travaux d'aménagement au niveau du terminal " transmanche ", du parvis " transilien " et de la " dalle 1 ", dont la phase préparatoire est prévue au deuxième trimestre 2025.
Elle demande à ce que l'expertise se fasse au contradictoire de :
- la société Effia,
- la Ville de Paris,
- la société nationale SNCF (SNCF immobilier),
- SNCF Voyageurs,
- la société AREP,
- la société BNP Paribas Cardif,
- la société SNCF Réseau,
- la société Dalkia electrotechnics,
- la société Enedis,
- la société GRDF,
- la société Orange,
- la société SFR,
- la compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU),
- Eau de Paris,
- la RATP,
- la société Fraicheur de Paris,
- la société Bouygues telecom,
- la société Axione,
- la société Cielis,
- la société JCDecaux France,
- la société AREP.
Elle soutient qu'en raison de la nature des travaux, la réalisation d'un référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative est utile.
Par un mémoire, enregistré le 26 février 2025, la société BNP Paribas Cardif et la société Etoile du Nord, représentées par Me Commerçon, demandent la mise hors de cause de la société BNP Paribas Cardif et de prendre acte de l'intervention volontaire de la SCI Etoile du Nord, en sa qualité de propriétaire de la parcelle cadastrée AC n°14.
Elles soutiennent que seule la SCI Etoile du Nord est propriétaire de la parcelle cadastrée AC n°14.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages, puis le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Le président de la juridiction () fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12. "
2. SNCF Gares et Connexions soutient qu'elle va débuter au deuxième trimestre 2025 la phase préparatoire des travaux de modernisation de la gare du Nord à Paris, en vue de l'aménagement au niveau du terminal " transmanche ", du parvis " transilien " et de la " dalle 1 ", et qu'au regard de l'ampleur du chantier, il est nécessaire d'établir un état des lieux des biens et équipements voisins, sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, et demande au juge des référés de désigner un expert, qui restera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux.
3. La mesure d'expertise demandée par SNCF Gares et Connexions entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Dès lors, considérant l'ampleur et la nature des travaux et des ouvrages susceptibles d'être visés par les travaux, l'expert restera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux. A l'initiative de SNCF Gares et Connexions, saisie par une partie, la mission de l'expert pourra se poursuivre pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux. Il y a lieu, par suite, de faire droit à la demande d'expertise de SNCF Gares et Connexions et de fixer la mission de l'experte comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. La société la société BNP Paribas Cardif est mise hors de cause. Il est pris acte de l'intervention volontaire de la SCI Etoile du Nord, en sa qualité de propriétaire de la parcelle cadastrée AC n°14.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B A (architecture - ingénierie- maîtrise d'œuvre), exerçant 33, avenue Ernest Reyer à Paris (75014) est désignée comme experte avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents contractuels et pièces qu'elle estimera utiles à l'accomplissement de sa mission, prendre connaissance du projet de réhabilitation du bâtiment, convoquer les parties et entendre tout sachant ;
2°) se rendre sur place, à la gare du Nord dans le 10ème arrondissement Paris, visiter les lieux listés dans la requête, donner son avis sur les impacts potentiels des travaux sur les avoisinants et proposer si nécessaire la délimitation des états de lieux à réaliser en conséquence ;
3°) dresser avant le début des travaux, tous états descriptifs relatifs à l'examen avant travaux des immeubles concernés, aux ouvrages, à la voirie, aux réseaux et aux équipements situés aux abords du projet afin de déterminer et dire si, à son avis, ces biens et ouvrages présentent ou non des dégradations et désordres inhérents à leur structure, leur mode de construction, ainsi qu'à leur mode de fondation ou leur état de vétusté ou, encore, consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent, dresser un rapport ;
4°) dire, s'il convient ou non, de procéder à la réalisation et à la mise en place de mesures de sauvegarde ou de travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de l'état qu'ils présentent actuellement et permettre, dans les meilleures conditions techniques possibles, la réalisation des travaux prévus par le demandeur ;
5°) le cas échéant, à la demande du demandeur saisi par une partie, rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, organiser les réunions d'expertise nécessaires au bon déroulement de la procédure, déterminer la nature des travaux de remise en état et en chiffrer le coût.
Article 2 : L'expertise aura lieu en présence de :
- SNCF Gares et Connexions
- la société Effia,
- la Ville de Paris,
- la société nationale SNCF (SNCF immobilier),
- SNCF Voyageurs,
- la société AREP,
- la SCI Etoile du Nord,
- la société BNP Paribas Cardif,
- la société SNCF Réseau,
- la société Dalkia electrotechnics,
- la société Enedis,
- la société GRDF,
- la société Orange,
- la société SFR,
- la compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU),
- Eau de Paris,
- la RATP,
- la société Fraicheur de Paris,
- la société Bouygues telecom,
- la société Axione,
- la société Cielis,
- la société JCDecaux France,
- la société AREP.
Article 3 : La société BNP Paribas Cardif est mise hors de cause. Il est pris l'intervention volontaire de la SCI Etoile du Nord.
Article 4 : L'experte accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera communiquer tous documents relatifs à la conception et à la réalisation des travaux. Il restera saisi tout au long des travaux. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 5 : Préalablement à toute opération, l'experte prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 6 : Dès l'issue de la phase de constat, l'experte déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. L'experte notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Saisie par une partie en cas de survenue d'un dommage pendant l'exécution des travaux, le demandeur adressera à l'experte une demande de reprise de ses opérations d'expertise et en informera simultanément le tribunal.
Article 8 : L'experte saisie afin de reprendre dans les conditions de l'article 7 adressera un calendrier prévisionnel des opérations d'expertise au greffe du tribunal. Elle déposera par la suite un ou des rapports dans les mêmes conditions que celles fixées à l'article 6.
Article 9 : A l'achèvement des travaux, le demandeur en informera le tribunal dans le délai de deux mois.
Article 10 : A la demande du tribunal ou à son initiative, l'experte pourra, avec l'accord des parties, conduire une médiation dans les conditions prévues à l'article R. 621-1 du code de justice administrative.
Article 11 : En application de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, SNCF Gares et Connexions procédera à la notification de la présente ordonnance à :
- la société Effia,
- la Ville de Paris,
- la société nationale SNCF (SNCF immobilier),
- SNCF Voyageurs,
- la société AREP,
- la SCI Etoile du Nord,
- la société SNCF Réseau,
- la société Dalkia electrotechnics,
- la société Enedis,
- la société GRDF,
- la société Orange,
- la société SFR,
- la compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU),
- Eau de Paris,
- la RATP,
- la société Fraicheur de Paris,
- la société Bouygues telecom,
- la société Axione,
- la société Cielis,
- la société JCDecaux France,
- la société AREP.
Article 12 : La présente ordonnance sera notifiée à SNCF Gares et Connexions et à Mme B A, experte.
Fait à Paris, le 2 mai 2025.
La juge des référés,
M. Dhiver
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/11-5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026