mercredi 5 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2504812 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KADOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, Mme B A, représentée par Me Kadoch, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- d'une part, cette condition se présume s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, d'autre part, elle ne peut plus travailler et accumule des dettes, elle est privée des aides de la caisse d'allocations familiales et ne dispose plus de ressources pour subvenir à ses besoins ainsi qu'à ceux de sa fille ;
Sur le doute sérieux :
- la décision est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît le principe du respect de la dignité humaine, le droit au travail et le droit au respect de la vie privée et familiale reconnu par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 3 mars 2025, Mme A, représentée par Me Kadoch, doit être regardée comme se désistant purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction tout en maintenant ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'il n'y a pas d'urgence dès lors que la requérante a été mise en possession, via son compte ANEF, d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 3 mars 2025 au 2 juin 2025, maintenant l'ensemble des droits ouverts en raison de son précédent titre de séjour, dont elle a pris connaissance le 3 mars 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 février 2025 sous le numéro 2504814 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Truilhé, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, M. Truilhé a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 4 juin 1991, a sollicité, le 10 octobre 2024, le renouvellement du titre de séjour qu'elle détenait en qualité d'étrangère malade. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence, d'accorder à Mme A le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu à statuer.
4. Par un acte, enregistré le 3 mars 2025, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.
Sur les frais du litige :
5. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Kadoch, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Kadoch de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme A en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire est accordé à Mme A.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : Sous réserve que Me Kadoch, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Kadoch une somme de 1 000 euros aux titres des frais d'instance. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 1 000 euros sera versée au titre des frais d'instance à Mme A.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée Mme B A, à Me Kadoch et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 5 mars 2025.
Le juge des référés,
SIGNÉ
J. C. TRUILHÉ
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur , en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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