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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2505608

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2505608

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2505608
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant égyptien, qui contestait l'arrêté du préfet de police du 16 décembre 2024 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le refus ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de son entrée récente en France, de son absence de charge de famille et de son intégration professionnelle limitée. La décision s'appuie notamment sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 février et le 10 juin 2025, M. B... A..., représenté par Me B..., demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 16 décembre 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d’enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement d’une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté est insuffisamment motivé ;
- les documents produits justifient de sa présence en France ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et sont entachées d’erreur manifeste d'appréciation ;


Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2025, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens soulevé n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Benhamou a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant égyptien né le 27 juin 1985, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 31 mai 2024. Par un jugement n° 2306127 du 24 avril 2024, le Tribunal administratif de Paris a annulé la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande et enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation. Par un arrêté du 16 décembre 2024, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. » Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; (…) »

3. En premier lieu, si M. A... a entendu soutenir que l’arrêté litigieux serait insuffisamment motivé, il est toutefois constant qu’il comporte les motifs de droit et les éléments de faits sur lequel il se fonde.

4. En second lieu, M. A... soutient être entré en France en le 27 septembre 2016 et produit des bulletins de salaire en qualité de peintre dans le bâtiment du mois de novembre 2018 au mois de janvier 2020. Il est, par ailleurs, célibataire et sans charge de famille en France, réside dans un centre social et n’établit pas une forte intégration par le travail sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard aux conditions du séjour de l’intéressé en France, le préfet de police n’a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant la demande de titre de séjour et en prononçant à son encore une obligation de quitter le territoire français, ni entaché ses décisions d’une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté attaqué. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.



D É C I D E :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de police.

Délibéré après l’audience du 12 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Séval, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme Benhamou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2026.

La rapporteure,
signé
C. BENHAMOU
Le président,
signé
J.-P. SEVAL


La greffière,


signé


S. LARDINOIS


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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