vendredi 11 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2507333 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Göeau-Brissonnière, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision en date du 17 mars 2025 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée remplie en l'espèce, dès lors qu'elle est maintenue en situation irrégulière, et qu'elle risque d'être éloignée du territoire français ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'administration ne lui a délivré aucun document lui permettant d'établir la régularité de sa situation de demandeur d'un titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2025, le préfet de police conclut principalement au rejet de la requête pour défaut d'urgence, en se fondant sur la circonstance que
Mme A a été convoquée à la préfecture de police le 10 avril 2025 à 11 heures pour se voir délivrer un récépissé, et subsidairement au non-lieu à statuer et rejet des conclusions relatives aux frais de procédure.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 8 avril 2025, Mme A, représentée par Me Göeau-Brissonnière, entend se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction d'exécution mais maintient ses conclusions au titre des articles 37 de la loi du
10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 mars 2025 sous le n° 2507332 par laquelle
Mme A demande l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 8 avril 2025 à 14h en présence de Mme Labbaci, greffière d'audience, M. Gros a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante philippine , née le 17 février 1994, s'est présentée au service étranger de la préfecture de police le 17 mars 2025 et a déposé un dossier de première demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les services préfectoraux ont alors refusé de lui transmettre un récépissé, ou à minima, une attestation de dépôt, au motif que le rendez-vous lui avait été donné en exécution d'un jugement du tribunal administratif et que dans ces conditions, il n'existait aucune obligation de lui remettre un tel document. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 17 mars 2025 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête :
4. Par un mémoire, enregistré le 8 avril 2025, Mme A a fait valoir qu'elle a reçu, par un courriel daté du 25 mars 2025 des services de la préfecture de police, une convocation l'invitant à se présenter le 10 avril 2025 en vue de la délivrance d'un récépissé, comme cela ressort également du mémoire en défense du préfet de police. Par ce mémoire, Mme A, qui déclare se satisfaire de cette convocation, doit être regardée comme se désistant des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de sa requête. Ce désistement étant sur ces points pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. Mme A étant admise à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocat peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Göeau-Brissonnière, avocat de Mme A, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de
Mme A aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Göeau-Brissonnière, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Göeau-Brissonnière et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 11 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
L. GROS
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2507333