mercredi 30 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2509961 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2025, M. A B, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéficie de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision de refus implicite de délivrance de sa carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa demande de carte de résident, dans un délai de quinze jours et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat et en cas de non admission définitive à l'aide juridictionnelle à son bénéfice directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision le place dans une situation irrégulière alors qu'il a obtenu le statut de réfugié, que son employeur lui a interdit de revenir travailler, qu'il est bloqué dans ses démarches de logement et qu'il risque à tout moment de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce que :
. la décision contestée est entachée d'une incompétence de son auteur ;
. elle méconnaît l'article L. 424-1 et L. 424-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
. elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le requérant doit bénéficier de la délivrance de cette carte de séjour de plein droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'il est désormais titulaire d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 18 avril 2025 au 17 octobre 2025 et qu'il ne démontre pas l'interdiction de venir travailler de son employeur, ni n'établit qu'il serait bloqué dans ses démarches de logement social ;
-sa demande de carte de résident ne peut pas être instruite dans l'attente de la copie du bulletin numéro 2 de son casier judiciaire.
Par un mémoire, enregistré le 28 avril 2025, M. B se désiste des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de sa requête et maintient sa demande au titre des frais de justice.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2509959 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Perrin a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 29 avril 2025, en présence de Mme Malhomme, greffière d'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant mauricien, né le 30 juin 1995, a obtenu le statut de réfugié le 20 novembre 2023. Le 6 février 2024, il a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le site de l'ANEF. Il a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 27 février 2025. Par la présente requête, il demande la suspension de la décision implicite par laquelle sa demande de titre de carte de résident a été rejetée.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête :
3. Par un mémoire, enregistré le 28 avril 2025, M. B s'est désisté des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais d'instance :
4. M. B étant admis à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros à Me Hug, avocate de M. B, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête de M. B.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 800 euros à Me Hug, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Hug.
Copie sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 30 avril 2025.
La juge des référés
A. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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