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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2521156

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2521156

lundi 11 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2521156
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTRUGNAN BATTIKH

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B. Ce dernier demandait l’annulation d’un arrêté préfectoral de refus de titre de séjour, d’obligation de quitter le territoire français et de fixation du pays de renvoi. Le juge a rappelé qu’il n’appartient pas au juge des référés, saisi sur ce fondement subsidiaire, d’annuler une décision administrative ni d’ordonner des mesures faisant obstacle à son exécution, sauf en cas de péril grave non démontré en l’espèce. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet 2025 et le 29 juillet 2025, M. A B, représenté par Me Trugnan Battikh, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 14 mars 2025 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé son pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté en date du 14 mars 2025 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé son pays de renvoi est entaché d'illégalité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il n'entre pas dans l'office du juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de prononcer l'annulation d'une décision administrative. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2025 ne peuvent qu'être rejetées. Par ailleurs, alors que l'intéressé ne justifie pas d'un péril grave qu'il serait nécessaire de prévenir, l'existence de cette décision de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français fait obstacle à ce que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, prononce les mesures d'injonction sollicitées. Il s'ensuit qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 11 août 2025.

La juge des référés,

Signé

K. WEIDENFELD

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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