LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2524140

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2524140

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2524140
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantBAKAYOKO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. C..., ressortissant sri-lankais, contestant l'arrêté du préfet de police du 24 juillet 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La formation de jugement a écarté les moyens d'incompétence de la signataire, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, en se fondant sur la délégation de signature régulière et la motivation en droit et en fait de la décision. S'agissant de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, le tribunal a jugé que la mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, entré récemment en France. En conséquence, la décision d'éloignement et celle fixant le pays de destination ont été validées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 août 2025, M. D... C..., représenté par Me Bakayoko, demande au tribunal :

d’annuler l’arrêté du 24 juillet 2025 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination ;

d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans l’attente de cet examen ;

de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Le requérant soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- faute pour le défendeur de justifier d’une délégation de signature régulière au bénéfice de la signataire de la décision attaquée, la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée du vice d’incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d’une erreur de droit pour les mêmes raisons qu’exposés aux moyens précédents ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Le préfet de police fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Jaffré, première conseillère.


Considérant ce qui suit :

M. C..., ressortissant Sri-Lankais, est entré en France le 29 septembre 2023 selon ses déclarations. Ses demandes d’asile ont été rejetées par l’OFPRA le 11 juillet 2024 et par la CNDA le 3 juin 2025. Par un arrêté du 24 juillet 2025, le préfet de police l’a obligé à quitter le territoire français dans délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. M. C... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.


Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, la décision contestée portant obligation de quitter le territoire français a été signée par Mme B... A..., adjointe au chef du bureau de l’accueil de la demande d’asile. Cette dernière disposait d’une délégation de signature consentie à cet effet par l’article 18 de l’arrêté du préfet de police n°2025-00832 du 26 juin 2025 et prévoyant son entrée en vigueur le 1er juillet 2025, régulièrement publié le 26 juin 2025 au recueil des actes administratifs spécial. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.

En deuxième lieu, la décision attaquée vise le 4° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que les demandes d’asiles de l’intéressé ont été rejetées. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En troisième lieu, la décision attaquée ne fait pas mention des attaches familiales que le requérant allègue avoir en France. Toutefois, le requérant ne produit aucun acte d’état civil et les pièces produites sont incohérentes avec ses écritures. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas appartenir à la même famille que les personnes dont il produit des pièces. Ainsi, l’absence de mention de ces personnes dans la décision litigieuse ne révèle pas un défaut d’examen de sa situation personnelle par le préfet.

En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

M. C... est entré en France en septembre 2023 selon ses déclarations. Il est constant qu’il est célibataire et sans charge de famille. Par ailleurs, il ne démontre pas avoir des attaches familiales ou privées stables et intenses en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur sa situation personnelle du requérant doit également être écarté.

En dernier lieu, si M. C... soutient que l’arrêté attaqué méconnaît l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d’une erreur de droit du fait de son intégration au sein de la société française et de l’absence d’examen de sa situation personnelle, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés aux points 4 et 6.


Sur les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination :

En premier lieu, il résulte de ce qui vient d’être dit que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En second lieu, aux termes des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

M. C... soutient qu’il serait exposé à des risques de persécution et d’« atteintes graves ». Il ne produit toutefois aucun élément de nature à établir ou faire présumer la réalité de ses allégations, énoncées en termes vagues et généraux. Par suite, M. C... n’est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. C... doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

La requête de M. C... est rejetée.

Le présent jugement sera notifié à M. D... C... et au préfet de police.

Délibéré après l’audience du 18 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,
Mme Jaffré, première conseillère,
M. Blusseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2026.

La rapporteure,

M. Jaffré
Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

A. Gomez Barranco


La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions