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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2533056

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2533056

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2533056
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantJASLET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... contestant un arrêté du préfet de police du 14 octobre 2025 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d’un an. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, jugeant que l’arrêté était signé par une autorité compétente, suffisamment motivé et pris après un examen circonstancié de la situation. Il a estimé que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation au regard de l’article L. 612-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, compte tenu de la durée de présence limitée du requérant et de son non-respect d’une précédente mesure d’éloignement. La demande d’aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2025, M. A... D..., représenté par Me Jaslet, demande au tribunal :

1°) de l’admettre provisoirement à l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 14 octobre 2025 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une mesure d’interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de 1 an ;

3°) d’enjoindre au préfet de police de mettre fin à son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son conseil sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou directement à son profit en cas de rejet de sa demande d’aide.


Il soutient que :

l’arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
l’arrêté a été pris à l’issue d’une procédure irrégulière car le préfet n’a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;
le préfet a commis une erreur manifeste en prenant son arrêté car il est présent en France depuis prés de 5 ans et ne constitue pas une menace pour l’ordre public et par la justifie de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l’article L. 612-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
l’obligation de quitter le territoire qui lui sert de fondement étant entachée d’illégalité, cette illégalité a pour effet d’entraîner son annulation pour défaut de base légale ;


La requête a été communiquée au préfet de police le 17 novembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Béal, en application de l’article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béal.


L’instruction a été close à l’issue de l’audience.

Une note en délibéré est enregistrée le 5 décembre 2025, produite par le cabinet Tomasi pour le préfet de police.


Considérant ce qui suit :

Par arrêté du 14 octobre 2025, le préfet de police a prononcé à l’encontre de M. D... une mesure d’interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de 1 an. M. D... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :


Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ». Eu égard aux circonstances de l’espèce, il n'y a pas lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de M. D... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d’annulation :


En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. B... C..., attaché d’administration de l’État, qui disposait d’une délégation de signature en vertu d’un arrêté du préfet de police n° 2025-00382 du 26 juin 2025, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour. Le moyen tiré de l’incompétence du signataire doit donc être écarté.

En deuxième lieu, la décision contestée comporte l’énoncé des dispositions légales dont il a été fait application ainsi que des circonstances de fait au vu desquelles elle a été prise et notamment, de la situation personnelle et administrative du requérant. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de police n’était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont il entendait se prévaloir et notamment la durée de sa présence en France. Il résulte de cette motivation que le préfet s’est livré à un examen circonstancié de la situation de M. D....

En troisième lieu, M. D... soutient que le préfet a commis une erreur manifeste (sic) en prenant son arrêté car il est présent en France depuis près de 5 ans et ne constitue pas une menace pour l’ordre public et par la justifie de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l’article L. 612-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Toutefois, d’une part le conseil de M. D... ne justifie de sa présence en France que depuis septembre 2022. D’autre part, il n’est pas contesté que le requérant a fait l’objet le 26 février 2025 d’une mesure d’éloignement prise par le même préfet et à laquelle il n’a pas obtempéré. Par suite, il n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l’article L. 612-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou commis une erreur d’appréciation en prenant l’arrêté attaqué.

En dernier lieu, si par la voie de l’exception d’illégalité, le conseil de M. D... soutient que cette obligation de quitter le territoire français serait illégale, il n’apporte aucun élément concret et circonstancié de nature à établir une telle allégation qui sera, et en tout état de cause, écartée.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que M. D... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté susvisé du préfet de police du 14 octobre 2025. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction, d’astreinte et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.


DECIDE


Article 1er : M. D... n’est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... D... et au préfet de police.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025

Le magistrat désigné,

Signé


A. Béal

La greffière


Signé



D. Permalnaick

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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