LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2534122

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2534122

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2534122
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantFRÖLICH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, rejette la requête de la société Fortis Alliance. Celle-ci contestait la procédure de passation d'un marché de sécurité incendie lancé par l'Observatoire de Paris, notamment pour ne pas avoir été invitée à négocier. Le juge estime que le pouvoir adjudicateur n'a commis aucun manquement à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, les moyens soulevés (caractère anormalement bas de l'offre concurrente, irrégularité du critère prix, absence de données RSE) n'étant pas fondés. La demande d'annulation de la procédure et d'injonction est donc rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 novembre, 7 décembre, 8 décembre et 9 décembre 2025, la société Fortis Alliance, représentée par son président, demande au juge des référés statuant en application de l’article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d’annuler la procédure de passation engagée par l’Observatoire de Paris pour l’attribution d’un marché relatif à des prestations de surveillance, de gardiennage et de sécurité incendie sur les sites de Paris et Meudon ;

2°) d’enjoindre à l’Observatoire de Paris de reprendre l’analyse des offres ou, à défaut, d’engager une nouvelle procédure de passation ;

3°) de mettre à la charge de l’Observatoire de Paris la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- c’est à tort que l’Observatoire de Paris, qui indique avoir mené des négociations avec les trois meilleurs candidats, ne l’a pas invité à négocier ;
- le pouvoir adjudicateur aurait dû écarter l’offre de la société Frégate Sécurité compte tenu de son caractère anormalement bas ;
- s’agissant du critère « prix », le recours à un devis quantitatif estimatif a faussé la procédure ;
- s’agissant du critère « démarche RSE », il n’était pas possible de répondre aux attentes du pouvoir adjudicateur en l’absence de données personnelles concernant le personnel susceptible d’être repris ;
- s’agissant du critère « valeur technique de l’offre », l’attribution de la note maximale à la société Frégate Sécurité est suspecte ;
- les irrégularités constatées sont constitutives d’une atteinte aux principes de la commande publique.
Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2025, l’Observatoire de Paris, représenté par sa présidente, conclut au rejet de la requête et à ce que les entiers dépens soit mis à la charge de la société Fortis Alliance.

Elle soutient qu’aucun des moyens soulevés par la société Fortis Alliance n’est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 8 décembre 2025, la société Frégate Sécurité, représentée par Me Frölich, conclut au rejet de la requête et ce qu’une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Fortis Alliance sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu’aucun des moyens soulevés par la société Fortis Alliance n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Frieyro en application de l’article L. 551-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Thomas, greffière d’audience, M. Frieyro a lu son rapport et entendu :

- les observations de M. A..., représentant la société Fortis Alliance qui, d’une part, précise ses moyens en indiquant que le recours à un détail quantitatif estimatif pour comparer les offres a porté atteinte au principe d’égalité entre les candidats et que la société Fortis Alliance aurait dû, compte tenu de sa notation sur le critère prix, être conviée à négocier et, d’autre part, déclare renoncer à ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- les observations de Mme C... et Mme B..., représentant l’Observatoire de Paris, qui indiquent qu’aucune offre n’a finalement été écartée au motif qu’elle était anormalement basse, que le prix de l’offre présentée par la société Fortis Alliance était finalement supérieur à celui de deux autres candidats, qu’aucun des candidats n’a été informé du recours à un détail quantitatif estimatif, que cela n’a eu aucune incidence sur le critère en tant que tel et sur sa pondération et, enfin, que la société Fortis Alliance n’a pas été conviée à négocier car elle n’était pas classée parmi les trois meilleurs candidats ;

- les observations de Me Camara, représentant la société Frégate Sécurité, qui indique d’abord qu’il ne peut être déduit de la seule circonstance que la société Fortis Alliance a reçu un courrier pour suspicion d’offre anormalement basse, que les offres classées en première et deuxième position sur ce même critère seraient anormalement basses, qui fait ensuite valoir que, contrairement à ce que soutient la société requérante, le pouvoir adjudicateur n’attendait pas des candidats qu’ils fournissent des éléments relatifs à des données personnels des salariés pour apprécier le critère « démarche RSE », et, enfin, qu’elle est fondée à solliciter des frais d’instance sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Par un avis de marché publié au Bulletin officiel des annonces de marchés publics le 9 mai 2025, l’Observatoire de Paris a lancé une procédure adaptée ouverte en vue de l’attribution d’un marché de prestations de surveillance, de gardiennage et de sécurité incendie sur les sites de Paris et Meudon. Par un courrier du 20 novembre 2025, l’Observatoire de Paris a informé la société Fortis Alliance du rejet de son offre et de ce que le marché avait été attribué à la société Frégate Sécurité.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 551-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 551-1 du code de justice administrative : « Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu’il délègue, peut-être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l’exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d’exploitation, la délégation d’un service public ou la sélection d’un actionnaire opérateur économique d’une société d’économie mixte à opération unique. (…) Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. »

Il appartient au juge administratif, saisi en application de l’article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l’administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d’être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l’opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l’avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.

En premier lieu, l’article 8.3. du règlement de la consultation prévoit que « Après examen des offres, le pouvoir adjudicateur se réserve la possibilité [de négocier] avec les meilleurs candidats sélectionnés. Toutefois, le pouvoir adjudicateur se réserve la possibilité d'attribuer le marché sur la base des offres initiales, sans négociation ». Il résulte de ces dispositions que la société Fortis Alliance ne peut utilement soutenir qu’elle aurait été irrégulièrement écartée de la phase de négociation au seul motif qu’elle a été classée troisième sur le critère prix dès lors que, compte tenu de sa note globale de 84,11/100 sur l’ensemble des critères et au regard de laquelle elle a été classée en quinzième position par rapport à l’ensemble des offre, elle n’était pas au nombre des meilleurs candidats au sens des dispositions précitées du règlement de consultation.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 2152-5 du code de la commande publique : « Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. ». Aux termes de l’article L. 2152-6 du même code : « L'acheteur met en œuvre tous moyens lui permettant de détecter les offres anormalement basses. / Lorsque une offre semble anormalement basse, l'acheteur exige que l'opérateur économique fournisse des précisions et justifications sur le montant de son offre.
Si, après vérification des justifications fournies par l'opérateur économique, l'acheteur établit que l'offre est anormalement basse, il la rejette dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ».

En l’espèce, et contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne saurait être déduit de la seule circonstance qu’elle ait été destinataire, en application de l’article L. 2152-6 du code de la commande publique, que l’offre de la société Frégate Sécurité, qui a obtenu une meilleure notation qu’elle sur le critère prix, serait nécessairement anormalement basse au sens des dispositions précédemment citées et aurait, par conséquent, dû être écartée.

En troisième lieu, si, pour assurer le respect des principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, le pouvoir adjudicateur a l’obligation d’indiquer dans les documents de la consultation les critères d’attribution du marché et leurs conditions de mise en œuvre, il n’est en revanche pas tenu d’informer les candidats de la méthode de notation des offres.

Il résulte de l’instruction que pour apprécier les offres au regard du sous-critère « prix des prestations unitaires » du critère prix, le pouvoir adjudicateur a eu recours à un devis quantitatif estimatif caché consistant à multiplier les prix unitaires proposés par les candidats par le nombre d’interventions envisagées par lui afin d’obtenir un prix global pouvant être additionné aux prix forfaitaires des prestations. Or, le recours à une telle simulation ne constitue qu’une méthode de notation des offres et non un sous-critère distinct dont les candidats auraient dû être informés. Par ailleurs, il est constant que ce devis, qui n’était connu d’aucun des candidats, a été utilisé pour apprécier l’ensemble des offres et n’a, par conséquent, pas eu d’incidence sur le classement des candidatures. Il en résulte que la société Fortis Alliance n’est pas fondée à soutenir que le pouvoir adjudicateur aurait méconnu le principe d’égalité de traitement des candidats en recourant à un devis quantitatif estimatif, pour évaluer les offres.

En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne résulte pas de l’instruction, et notamment pas du règlement de consultation, que le pouvoir adjudicateur aurait, dans le cadre du critère « démarche RSE », attendu la production d’éléments nécessitant des informations nominatives sur le personnel ou qu’il aurait apprécier les offres au regard de tels éléments. A cet égard, la société Fortis Alliance ne saurait sérieusement soutenir qu’elle ne pouvait répondre au sous-critère « environnemental » qui prévoyait notamment la production d’éléments sur l’optimisation des déplacements sans connaître les adresses personnelles des salariés. De même, elle ne saurait sérieusement soutenir qu’elle ne pouvait répondre de manière satisfaisante au sous-critère « sociale » alors qu’elle a obtenu la totalité des points correspondant à celui-ci. Dans ces conditions, son moyen doit être écarté.

En cinquième lieu, en se bornant à soutenir que l’attribution à la société Frégate Sécurité de la note maximale s’agissant du critère « valeur technique de l’offre » est « suspecte » sans remettre en cause cette note, elle n’assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé.

En sixième et dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, la société Fortis Alliance n’est pas fondée à soutenir que la procédure aurait, eu égard aux irrégularités alléguées, porté atteinte aux principes de la commande publique

Sur les frais d’instance :

D’une part, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Observatoire de Paris, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Fortis Alliance demande dans ses écritures au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Fortis Alliance une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Frégate Sécurité et non compris dans les dépens.

D’autre part, la présente instance n’ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par l’Observatoire de Paris ne peuvent qu’être rejetées.



ORDONNE :

Article 1er : La requête de la société Fortis Alliance est rejetée.

Article 2 : La société Fortis Alliance versera à la société Frégate Sécurité une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par l’Observatoire de Paris au titre des dépens sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Fortis Alliance, à l’Observatoire de Paris et à la société Frégate Sécurité.


Fait à Paris, le 15 décembre 2025.


Le juge des référés,



Signé
M. FRIEYRO

La République mande et ordonne au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.









Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions