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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2101542

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2101542

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2101542
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantINTER-BARREAUX EMO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 avril 2021, et un mémoire, enregistré le 1er décembre 2021, non communiqué, M. B A, représenté par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 février 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier (CH) du Bois Petit a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner le CH du Bois Petit à lui verser la somme de 50 000 euros au titre de la part résultats de la prime de fonctions et de résultat (PFR) qu'il n'a pas perçue au titre des années 2015 à 2019 ;

3°) de mettre à la charge du CH du Bois Petit la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- sa créance n'est pas prescrite ;

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- il a droit, sauf à commettre une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation, au versement de la part résultats de la PFR dès lors que ses arrêts de travail sont imputables au service et qu'il est réputé avoir été en position d'activité, et pour assurer l'égalité de traitement au regard des fonctionnaires de l'État.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2021, le CH du Bois Petit, représenté par la SCP Emo Avocats, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le CH du Bois Petit soutient que :

- les conclusions dirigées contre la décision liant le contentieux sont irrecevables ;

- la créance concernant les années 2015 et 2016 est prescrite ;

- M. A n'a aucun droit au maintien, pendant son arrêt de maladie, des primes liées à l'exercice effectif des fonctions y ouvrant droit.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- le décret n° 2012-749 du 9 mai 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,

- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,

- les observations de Me Vérilhac, pour M. A,

- et les observations de Me Carluis, pour le CH du Bois Petit.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, directeur d'établissements sanitaires, sociaux et médicaux-sociaux hors classe, a exercé les fonctions de directeur adjoint du CH du Bois Petit de juillet 2004 à sa mise à la retraite en janvier 2020. Il doit être regardé comme demandant la condamnation du centre hospitalier à lui verser la somme de 50 000 euros au titre de la part résultats de la PFR qu'il n'a pas perçue au titre des années 2015 à 2019.

2. La décision par laquelle le CH du Bois Petit a rejeté la demande préalable d'indemnisation du requérant a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de ce dernier qui, en formulant les conclusions indemnitaires susmentionnées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la réponse de l'administration à la demande préalable indemnitaire, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent dont être écartés.

3. En premier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des réponses figurant sur le site internet du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, dans une instruction du 19 mai 2016 ou dans le guide de la direction générale de l'offre de soins du ministère en charge de la santé, qui ne contiennent aucune règle impérative relative au versement de la part résultats de la PFR aux agents placés en congés de maladie reconnue imputable au service.

4. En second lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 9 mai 2012 relatif à la prime de fonctions et de résultats des corps ou emplois fonctionnels des personnels de direction et des directeurs des soins de la fonction publique hospitalière : " La prime de fonctions et de résultats comprend deux parts : ' une part tenant compte des responsabilités, du niveau d'expertise et des sujétions spéciales liées aux fonctions exercées ; ' une part tenant compte des résultats de la procédure d'évaluation individuelle prévue par la réglementation en vigueur et de la manière de servir. " Aux termes de l'article 5 de ce décret : " Les montants individuels de la part fonctionnelle et de la part liée aux résultats de l'évaluation et à la manière de servir sont respectivement déterminés comme suit : () 2° Pour la part tenant compte des résultats, le montant de référence est modulable par application d'un coefficient compris dans une fourchette de 0 à 6. / Le montant individuel attribué au titre de cette part fait l'objet d'un réexamen annuel au vu des résultats de la procédure d'évaluation individuelle mentionnée à l'article 2 et définie par le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière. () "

5. Il résulte de ces dispositions réglementaires que la part tenant compte des résultats de la procédure d'évaluation individuelle et de la manière de servir de la PFR perçue par les fonctionnaires, qui tient compte des résultats de l'action individuelle de l'agent et de sa manière de servir, est liée à l'exercice effectif des fonctions correspondantes pendant la période au titre de laquelle peut être attribuée cette prime. Par suite, M. A, qui n'a pas exercé de manière effective ses fonctions lui ouvrant droit à la PFR entre le 15 janvier 2015 et le 15 janvier 2020, et alors même que son placement en congé doit être regardée comme une position d'activité, n'a pas droit au versement de la part résultats de cette prime au titre des années 2015 à 2019. Au surplus, l'absence de versement de la prime relève des pertes de revenus résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle et est forfaitairement réparée par la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de prescription quadriennale opposée en défense, que M. A n'est, en tout état de cause, pas fondé à rechercher le CH du Bois Petit en paiement.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'un somme d'argent soit mise à la charge du CH du Bois Petit, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par le CH du Bois Petit et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée

Article 2 : M. A versera la somme de 1 000 euros au CH du Bois-Petit en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier du Bois Petit.

Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

Mme Jeanmougin, première conseillère,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.

La rapporteure,

H. JEANMOUGIN

Le président,

P. MINNE Le greffier,

N. BOULAY

N°210154

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