mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103141 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | LANGUIL |
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 6 août 2021 et le 20 octobre 2022, sous le n°2103141, M. B A, représenté par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 27 novembre 2020 par la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest mettant à sa charge la somme de 1 102,74 euros, ainsi que la décision implicite rejetant sa contestation contre ce titre de perception ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception attaqué ne comporte aucune signature ni aucune information permettant d'identifier son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'état récapitulatif des créances produit par l'administration en défense ne comporte pas de manière lisible le nom et la qualité de son signataire ;
- le titre de recettes n'indique ni le détail du calcul ni les bases de liquidation de la créance mise à sa charge, en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le montant mis à sa charge par ce titre de perception ne correspond à aucune somme due par lui.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II./ Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 6 août 2021 et 20 octobre 2022, sous le n°2103142, M. B A, représenté par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 27 novembre 2020 par la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest mettant à sa charge la somme de 2 974,20 euros, ainsi que la décision implicite rejetant sa contestation contre ce titre de perception ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception attaqué ne comporte aucune signature ni aucune information permettant d'identifier son auteur ;
- l'état récapitulatif des créances produit par l'administration en défense ne comporte pas de manière lisible le nom et la qualité de son signataire ;
- le titre de recettes n'indique ni le détail du calcul ni les bases de liquidation de la créance mise à sa charge, en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le montant mis à sa charge par ce titre de perception ne correspond à aucune somme due par lui.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les ordonnances du 7 octobre 2022 fixant la clôture de l'instruction au 24 octobre 2022 à 12h ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Languil, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par contrat à durée déterminée, en qualité d'adjoint de sécurité, à compter du 4 septembre 2017 et pour une durée de trois ans. L'intéressé ayant émis le souhait de ne pas voir renouvelé son engagement à l'issue de ce contrat, il a pris fin le 3 septembre 2020. M. A avait été victime d'un accident le 9 janvier 2019, dont l'imputabilité au service a été reconnue par une décision du 10 décembre 2019, et a été placé en arrêt de travail du 9 janvier 2019 au 4 février 2019, puis à nouveau, en raison de plusieurs rechutes également reconnues imputables au service, du 4 juillet 2019 au 3 septembre 2020. Estimant qu'il avait perçu indument sa rémunération au titre de la période du 6 août 2019 au 3 septembre 2020, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest a émis deux titres de perception, le 27 novembre 2020, pour des montants respectivement de 1 102,74 euros et 2 974,20 euros. M. A en a demandé l'annulation par réclamation du 18 janvier 2021. Ses demandes ont été rejetées implicitement. M. A demande au tribunal l'annulation de ces titres de perception, ainsi que des décisions implicites rejetant ses recours préalables. Les affaires enregistrées sous les nos 2103141 et 2103142 sont relatives à deux titres de perception émis par le même ordonnateur, à destination d'un même agent et pour le recouvrement d'indus de rémunération. Elles présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y lieu de joindre ces instances pour statuer par un seul jugement.
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. " Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que, pour l'application de ces dispositions, " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation. "
3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur.
4. D'une part, si M. A soutient que les titres de perception individuels qui lui ont été notifiés ne comportent aucune indication des nom, prénom et qualité de l'auteur de ces décisions, il ne conteste pas avoir été destinataire de documents comportant trois volets, tels qu'ils sont produits par l'administration à l'instance, dont un porte le nom, le prénom et la qualité de leur auteur. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, il n'appartenait pas à l'auteur de ces décisions de signer les titres de perception individuels mais il incombait seulement à l'administration de produire un état revêtu de la formule exécutoire pour le recouvrement de ces créances et portant cette signature.
5. Cependant, si l'administration produit un état récapitulatif des créances aux termes duquel figurent les créances en litige, celui-ci est signé " pour l'ordonnateur et par délégation ", par une personne que les mentions portées sur ce document ne permettent pas d'identifier. Si l'administration soutient que le signataire est l'adjudant-chef Didier Caro, aucun autre élément ne permet d'identifier ce dernier comme étant la personne qui a apposé sa signature sur l'état récapitulatif des créances produits. Par suite, dès lors que la décision rendant exécutoire les titres de perception dont a été destinataire M. A ne comporte pas la mention du prénom, du nom et de la qualité de son signataire en caractère lisibles, le requérant est fondé à soutenir que les titres de perceptions attaqués méconnaissent les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.
6. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. En l'espèce, les moyens mettant en cause le bien-fondé des titres en litige n'apparaissant pas fondés, l'annulation des titres ne peut se traduire par le prononcé d'une décharge de l'obligation de payer les créances en cause.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des titres de perception du 27 novembre 2020 par lesquels la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest a mis à sa charge les sommes respectivement de 1 102,74 euros et 2 974,20 euros.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat les sommes demandées par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de perception du 27 novembre 2020 par lesquels la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest a mis à la charge de M. A les sommes respectivement de 1 102,74 euros et de 2 974,20 euros sont annulés.
Article 2 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest et au directeur régional des finances publiques d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
P. MINNELe greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY, 2103142
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026