jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303695 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | FRECHE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête quatre mémoires, enregistrés le 19 septembre 2023, le 17 novembre 2023, le 21 novembre 2023, le 4 décembre 2023 et le 30 janvier 2024, la société Engie Energie Services, représentée par Me Cavoizy, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les dysfonctionnements affectant le compteur situé à la sortie de la Station Thermique Principal (STP) de l'Unité de Valorisation Energétique des déchets (UVE VESTA) qui aurait conduit à un écart de tarification sur la période du 1er juillet 2018 à février 2021 ;
2°) de rejeter les conclusions présentées par la société Normande de Valorisation Energétique (SNVE) et par le syndicat mixte des déchets ménagers de l'arrondissement de Rouen (SMEDAR) tendant au rejet de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, la métropole Rouen Normandie formule protestations et réserves quant à sa responsabilité.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 24 octobre 2023 et le 8 janvier 2024, la SNVE, représentée par Me Lampe :
1°) à titre principal conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société Engie Energies Services une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, formule protestations et réserves et demande que la mission confiée à l'expert soit complétée suivant les termes de son mémoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, le SMEDAR, représenté par Me Gillet :
1°) à titre principal, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société Engie Energies Services une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, formule protestations et réserves et demande que la mission confiée à l'expert soit complétée suivant les termes de son mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de cette disposition doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
2. La société Engie Energie, en vertu d'une délégation de service public, est en charge de la gestion du réseau de chaleur urbain Vésuve de la métropole Rouen Normandie. Ce réseau est alimenté par une unité de traitement comprenant des équipements d'incinération et de valorisation des déchets, Uve Vesta, propriété du SMEDAR, qui est exploitée par la société Normande de Valorisation Energétique (SNVE). En vertu d'une convention signée le 1er juillet 2018, le SMEDAR et la société requérante ont fixé les conditions de vente de la chaleur produite par Uve Vesta qui prévoit, notamment, que le produit de la vente de chaleur de l'Uve Vesta est facturé à la société Engie Energie Services par le SMEDAR, mensuellement, à partir des données mesurées par un compteur de la marque Itron situé à la sortie de la Station Thermique Principal (STP) de l'Uve Vesta.
3. Dans le cadre de l'exploitation du réseau Vésuve, la société Engie Energie Services a constaté que les rendements des années 2018, 2019 et 2020 du réseau Vésuve étaient inférieurs à ceux théoriquement attendus ainsi qu'à ceux enregistrés effectivement entre 2015 et 2017. Cette anomalie de comptage, sur la période considérée, aurait eu pour origine un dysfonctionnement du compteur Itron. Du fait de cette anomalie, le SMEDAR, la métropole Rouen Normandie et la société requérante ont fait application de l'article 10 des conditions particulières de vente de chaleur en instaurant une tarification de secours, permettant ainsi de corriger, à partir du mois de mars 2021, l'écart qui avait été constaté par la société Engie Energie Services entre la livraison de chaleur mesurée par le compteur Itron et les compteurs installés chez les usagers. Toutefois, la société requérante soutient que ce dysfonctionnement est à l'origine d'un préjudice financier dès lors que le SMEDAR a perçu, sur la période allant du 1er juillet 2018 au mois de février 2021, la somme de 327 313, 99 euros HT au titre de la tarification classique alors que la tarification de secours, d'un montant de 100 398, 26 euros HT calculé sur la période considérée, aurait dû être appliquée. Par la présente requête, la société Engie Energie Services sollicite une mesure d'expertise portant sur la comptabilisation des transferts de chaleur, sur la période comprise entre 2018 et 2020, au moyen du compteur de la marque Itron.
4. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société Engie Energie Services ne fait état, dans ses écritures, d'aucun dysfonctionnement actuel du compteur. En outre, le bureau de contrôle Veritas Exploitation, organisme indépendant, a rendu à la suite du contrôle réalisé le 23 décembre 2020 sur le compteur thermique, un rapport sur sa non-conformité en ce qu'il ne respecte pas pleinement les recommandations du constructeur. Dans ces conditions, l'utilité de la mesure sollicitée s'agissant d'un éventuel dysfonctionnement du compteur sur la période de février 2018 à septembre 2021 n'est pas avérée. Pour ces motifs, les conclusions présentées par la société requérante ne remplissent par la condition d'utilité exigée par l'article R. 532-1 précitée du code de justice administrative et doivent donc être rejetées.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SNVE et le SMEDAR au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Engie Energie Services est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SNVE et le SMEDAR au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Engie Energie Services, à la métropole Rouen Normandie, au syndicat mixte d'élimination des déchets de l'agglomération de Rouen et à la société Normande de Valorisation Energétique.
Fait à Rouen, le 4 juillet 2024.
La juge des référés,
C. VAN MUYLDER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026