vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402872 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SEYREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, et une pièce, enregistrée le 1er août 2024 à 14 heures 08, Mme D B A , représentée par Me Seyrek, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 26 mars 2024 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sous trente jours et fixation du pays de destination, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est remplie ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision portant refus de séjour, dès lors que :
* La compétence de son auteur n'est pas justifiée ;
* La décision est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* La décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
* La décision est entachée d'une erreur de fait ;
* La décision méconnaît les articles L. 423-7 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, dès lors que :
* La compétence de son auteur n'est pas justifiée ;
* La décision est insuffisamment motivée ;
* Elle a été prise sans un examen réel de sa demande ;
* elle-même n'a pas été en mesure de présenter des observations, en violation du principe général du droit de l'Union européenne ;
* elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête .
Il soutient que :
- L'urgence n'est pas caractérisée ;
- Aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Les parties ont été informées, en application de l'article R 611-7 du code de justice administrative, de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français, cette décision n'étant pas susceptible d'exécution avant que le Tribunal n'ait statué au fond (article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile).
Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 juin 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le n° 2402871 par laquelle Mme B A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 1er août 2024 à 14 heures 30 en présence de Mme Drouilhet, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Seyrek, pour Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Mme B A, ressortissante haïtienne, est entrée en France en 2016. Mariée avec un ressortissant français en 2017, elle a obtenu un titre de séjour en cette qualité le 5 octobre 2018. Le couple a eu une fille le 27 mai 2019 et leur divorce a été prononcé par jugement du 18 janvier 2021. Mme B A s'est ensuite vue délivrer des titres de séjour en qualité de mère d'un enfant français, le dernier étant valable pour la période du 7 octobre 2021 au 6 octobre 2023. Elle en a sollicité le renouvellement le 12 juillet 2023 et, par arrêté du 26 mars 2024, dont elle demande la suspension de l'exécution, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé son pays de destination.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi contenues dans l'arrêté du 26 mars 2024 :
3. En vertu de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. Mme B A a demandé, par la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le n° 2402871, au Tribunal administratif, l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024, de sorte que l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination, contenues dans cet arrêté ne sont pas susceptibles de recevoir exécution avant que le tribunal n'ait statué au fond. Dès lors, les conclusions de la demande en référé sont irrecevables en tant qu'elles sollicitent la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle fixant le pays de renvoi et ne peuvent donc être que rejetées.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision portant refus d'admission au séjour contenue dans l'arrêté du 26 mars 2024 :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. En premier lieu, le préfet a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme B A, de sorte qu'il doit, en principe, être présumé que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite. En l'espèce, le préfet n'apporte, en défense, aucun élément de nature à renverser cette présomption en invoquant les circonstances que Mme B A ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que lui-même n'avait pas connaissance de ce qu'elle disposait d'un contrat de travail.
6. En second lieu, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de refus d'admission au séjour contenue dans l'arrêté du 26 mars 2024 en litige.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. L'exécution de la présente ordonnance implique que le préfet de la Seine-Maritime réexamine la situation de Mme B A et lui délivre durant le temps de ce réexamen, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à l'adoption d'une nouvelle décision sur son droit au séjour. Il y a lieu de lui enjoindre de prendre ces deux mesures mais il n'est pas nécessaire de prononcer une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme B A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Seyrek, avocate de Mme B A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Arzu Seyrek de la somme de 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du préfet de la Seine-Maritime refusant d'admettre Mme B A au séjour contenue dans l'arrêté du 26 mars 2024 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la situation de Mme B A et de lui délivrer, pour la durée précisée au point 7, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Arzu Seyrek une somme de 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Seyrek renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B A, à Me Arzu Seyrek et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 2 août 2024.
La juge des référés,
A. C La greffière,
N. DROUILHET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026