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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2600722

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2600722

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2600722
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

**Sujet principal** : Recours contre des décisions implicites d'éloignement et une mesure de rétention administrative. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Rouen (ordonnance de référé). **Solution retenue** : La requête est rejetée. Le juge estime que le placement en rétention, intervenu moins de trois ans après l'arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF), ne révèle pas de nouvelle décision implicite d'éloignement. Les conclusions en annulation sont donc jugées manifestement irrecevables. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 722-1, L. 731-1, L. 741-1 et R. 922-17).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2026, Mme A... C... demande au tribunal :

1°) d’annuler les décisions implicites portant obligation de quitter le territoire français, lui refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination révélées par l’arrêté du 7 février 2026 par lequel le préfet du Nord l’a placée en rétention ;

2°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l’attente du réexamen de sa situation à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard ;


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (...) le [magistrat désigné] (...) peut, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. »

Aux termes de l’article L. 722-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l’étranger n’a pas satisfait à son obligation d’exécuter la décision d’éloignement dont il fait l’objet, l’autorité administrative peut prendre les décisions prévues aux titres III et IV, nécessaires à l’exécution d’office des décisions d’éloignement, sous réserve de ne procéder à l’éloignement effectif que dans les conditions prévues aux articles L. 722-7 à L. 722-10 ». Aux termes de l’article L. 731-1 du même code : « L’autorité administrative peut assigner à résidence l’étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l’éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L’étranger fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n’a pas été accordé (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 741-1 de ce code : « L’autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l’étranger qui se trouve dans l’un des cas prévus à l’article L. 731-1 lorsqu’il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l’exécution de la décision d’éloignement et qu’aucune autre mesure n’apparaît suffisante à garantir efficacement l’exécution effective de cette décision ».

Lorsqu’une décision portant obligation de quitter le territoire français n’a été suivie d’aucune mesure pour l’exécuter d’office pendant une durée anormalement longue au cours de laquelle est intervenu un changement de circonstances de fait ou de droit et que ce retard est exclusivement imputable à l’administration, l’exécution d’office de l’obligation faite à un étranger de quitter le territoire français doit être regardée comme fondée non pas sur cette décision initiale, même si celle-ci est devenue définitive, mais sur une nouvelle décision dont l’existence est révélée par la mise en œuvre de l’exécution d’office elle-même et qui s’est substituée à la décision initiale.

Toutefois, il résulte des dispositions précitées que l’autorité administrative peut assigner à résidence ou, le cas échéant, placer en rétention un étranger ayant fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français moins de trois ans auparavant. Ainsi, le placement en rétention d’un étranger en vue de l’exécution d’office d’une décision portant obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant ne saurait dès lors être regardé comme procédant d’une durée anormalement longue pour exécuter d’office la mesure d’éloignement initiale ni, par voie de conséquence, révéler l’existence d’une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire français ni même celle de décisions refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi.

Il résulte de ce qui a été dit que l’édiction de l’arrêté du 7 février 2026 par lequel le préfet du Nord a placé Mme C... en rétention en vue de l’exécution d’office de l’arrêté du 4 avril 2023 du préfet de l’Aisne portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, et, d’autre part, ne peut être regardée, alors même que l’intéressée fait valoir un changement de circonstances de fait intervenu dans l’intervalle, comme révélant une nouvelle décision d’éloignement ni même celle d’une décision de refus d’octroi d’un délai de départ volontaire ou d’une décision fixant le pays de renvoi. Par suite, les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme C..., dirigées contre des décisions inexistantes, sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... et au préfet du Nord.

Fait à Rouen, le 17 février 2026.


Le vice-président,

Signé


M. B...


La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
La greffière,

Signé

C. Dupont


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