jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902030 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | VAILLANT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires complémentaires, enregistrés les 4 mars 2019, 17 mars, 27 septembre et 6 décembre 2021, la société Cartel, représentée par Me Vaillant, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Vitry-sur-Seine à lui verser une somme de 66 010 euros, assortie des intérêts moratoires échus à compter de la date d'introduction de sa requête, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'abstention de la commune à procéder à la mise en demeure prévue à l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vitry-sur-Seine une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la recevabilité de sa requête :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle ne saurait être regardée comme tardive en ce que le délai de recours raisonnable d'un an à compter de la date de réception de la décision du 12 octobre 2017 portant rejet de sa demande préalable n'était pas opposable à l'introduction de sa demande présentée sur le fondement de la mise en cause de la responsabilité quasi-délictuelle de la commune de Vitry-sur-Seine, une telle demande n'étant soumise qu'au respect de la prescription quadriennale.
En ce qui concerne la mise en cause de la responsabilité quasi-délictuelle de la commune de Vitry-sur-Seine :
- la responsabilité quasi-délictuelle de la commune de Vitry-sur-Seine est engagée dès lors que celle-ci a commis une faute à l'origine de son préjudice en ce qu'elle s'est abstenue de se soumettre à l'obligation de mise en demeure prévue à l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ;
- la commune de Vitry-sur-Seine avait connaissance de son intervention sur le chantier en qualité de sous-traitante de second rang depuis le mois de décembre 2016, eu égard notamment aux documents transmis le 16 décembre 2016 par la société Sesar à la société Urbaine de Travaux, à la déclaration de sous-traitance entre la société Sesar et la société Cartel datée du 20 décembre 2016 ainsi qu'au compte-rendu d'inspection du coordinateur SPS du 12 janvier 2017, l'ensemble de ces documents établissant la connaissance de la commune de Vitry-sur-Seine à ces dates ;
- à tout le moins, la commune de Vitry-sur-Seine a eu connaissance de son intervention sur le chantier le 3 juillet 2017, date où elle l'a directement informée par un courriel, auquel la commune a répondu le 25 juillet 2017, de ses difficultés à obtenir le paiement des prestations qu'elle avait réalisées ;
- la commune de Vitry-sur-Seine a commis une faute en n'invitant pas ou, à tout le moins, en invitant trop tardivement la société Sesar, sous-traitante de premier rang, à faire accepter sa sous-traitance de second rang et agréer ses conditions de paiement, en méconnaissance de l'obligation prévue à l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 ;
- ce défaut de régularisation de sa situation de sous-traitance ne saurait lui être imputé, dès lors qu'il appartenait à la commune de s'assurer qu'elle bénéficiait bien des garanties légales de paiement et qu'elle était soumise à de tels acceptation et agrément, alors en outre qu'il était demandé à la société d'intervenir en urgence sur le chantier ;
- à tout le moins, la commune de Vitry-sur-Seine a commis une faute en acceptant sa sous-traitance en s'abstenant de vérifier que la société Sesar bénéficiait d'une caution bancaire ;
- ce manquement lui a causé un préjudice d'un montant de 66 010 euros qui résulte du défaut de paiement des prestations, lequel est notamment établi par un jugement du 20 mai 2019 par lequel le tribunal de commerce d'Evry a admis la créance de sa société à hauteur de 66 000 euros sur la société Sesar ;
- il n'est pas établi que la commune de Vitry-sur-Seine aurait réglé les factures en cause à la société Sesar.
Par cinq mémoires en défense, enregistrés les 19 juin 2019, 18 février, 14 avril, 4 novembre et 15 décembre 2021, la commune de Vitry-sur-Seine, représentée par Me Polderman, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Cartel une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
- la requête de la société Cartel est tardive dès lors qu'elle n'a été enregistrée que le 4 mars 2019, soit après l'expiration du délai de recours raisonnable d'un an ayant commencé à courir à la date de la réception de la décision du 12 octobre 2017 par laquelle la demande préalable de la société a été rejetée.
En ce qui concerne l'absence de mise en cause de sa responsabilité :
- il n'est pas établi qu'elle ait eu connaissance de l'intervention de la société Cartel sur le chantier avant le 3 juillet 2017, dès lors que les documents des 16 et 20 décembre 2016 et du 12 janvier 2017 dont se prévaut la requérante ne lui ont pas été adressés ;
- elle n'a pas commis de faute engageant sa responsabilité sur le fondement de l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance dès lors qu'elle a mis en demeure la société Sesar de se conformer aux obligations prévus par cette même loi par un courrier du 10 juillet 2017 ;
- il ne saurait lui être imputé l'absence d'agrément et d'acceptation des conditions de paiement de la société Cartel dès lors qu'en dépit de sa mise en demeure, aucune présentation de demande de sous-traitance ne lui a été faite et qu'elle n'aurait pu légalement régulariser cette situation de sa propre initiative ;
- la société Cartel est elle-même responsable de l'irrégularité de sa situation dès lors qu'il ressort du compte-rendu d'inspection du 12 janvier 2017 que cette irrégularité avait été relevée par le coordinateur SPS qui en avait informé la société requérante, sans que celle-ci n'entame les démarches nécessaires ;
- la société Cartel ne saurait prétendre au paiement direct de ses prestations alors qu'elle n'a pas été acceptée et que ses conditions de paiement n'ont pas été agréées avant la fin de l'exécution de ses prestations ;
- la commune de Vitry-sur-Seine ne saurait être regardée comme débitrice des sommes réclamées par la société Cartel dès lors que le tribunal de commerce d'Evry a reconnu la créance de cette société sur la société Sesar ;
- la société Cartel n'est pas fondée à réclamer le paiement des prestations qu'elle a effectuées dès lors que la société Sesar lui a déjà versé les sommes demandées ;
- la commune de Vitry-sur-Seine ne saurait être condamnée à verser à la société Cartel les sommes réclamées puisqu'elle a déjà réglé à la société Sesar l'intégralité des sommes dues, de sorte qu'elle ne saurait être condamnée à verser deux fois les mêmes sommes.
Par une ordonnance du 6 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 décembre 2021 à 12 heures.
Par un courrier du 12 octobre 2023, pris en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative et tenant lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 du même code, le tribunal a notamment invité la société Cartel à régulariser sa requête et à produire dans un délai de quinze jours la demande préalable par laquelle elle a demandé à la commune de Vitry-sur-Seine de l'indemniser, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'abstention de la commune à se soumettre à l'obligation de mise en demeure prévue à l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975.
La société Cartel a produit un nouveau mémoire, enregistré le 25 octobre 2023, qui n'a pas été communiqué.
La requête a été communiquée aux société Urbaine de Travaux et Sesar qui n'ont pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 novembre 2023 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Bousnane, rapporteure,
- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique ;
- les observations de Me Kouakou, représentant la société Cartel.
La commune de Vitry-sur-sur-Seine, la société Sesar et la société Urbaine de Travaux n'étant pas représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Vitry-sur-Seine a attribué à la société Urbaine de Travaux un marché public de travaux n° 2015-77 ayant pour objet la reconstruction de l'école maternelle Eva Salmon, située au 52 rue Charles Fourrier sur le territoire de la commune. La société Urbaine de Travaux a sous-traité une partie de ce marché à la société Sesar, laquelle a été acceptée et agréée par la commune de Vitry-sur-Seine le 10 mai 2016 dans les conditions prévues à l'article 3 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance. La société Sesar, sous-traitante de premier rang, a elle-même sous-traité les travaux de calorifugeage sur les réseaux aérauliques à la société Cartel, sous-traitante de second rang, celle-ci ayant fait l'objet d'une déclaration de sous-traitance signée le 20 décembre 2016 et d'un contrat de sous-traitance du 7 février 2017, sans toutefois que ne soit adressée à la commune une demande d'acceptation et d'agrément de ses conditions de paiement en application des mêmes dispositions de l'article 3 de la loi précitée. La société Sesar, d'ailleurs placée en procédure de redressement judiciaire par un jugement du tribunal de commerce d'Evry du 4 juillet 2017, n'ayant pas procédé au paiement des prestations qu'elle avait effectuées, la société Cartel a informé la commune de Vitry-sur-Seine le 3 juillet 217 de sa situation de
sous-traitante de second rang n'ayant pas été rétribuée de ses prestations. Par un courrier du 14 septembre 2017, la société Cartel s'est de nouveau adressée à la commune de Vitry-sur-Seine en vue d'obtenir une solution et de procéder au paiement de ses factures. Par un courrier du 12 octobre 2017, la commune de Vitry-sur-Seine l'a informée que, dès lors que sa situation de sous-traitance n'avait pas été déclarée dans les conditions prévues par la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, elle ne pouvait donner suite à sa demande de paiement. Par la présente requête, la société Cartel demande au tribunal de condamner la commune de Vitry-sur-Seine à lui verser une somme de 66 010 euros, assortie des intérêts moratoires à compter de la date d'enregistrement de sa demande, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait des manquements de la commune à ses obligations au titre de l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance.
Sur les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune de Vitry-sur-Seine :
En ce qui concerne le cadre juridique de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance :
2. D'une part, aux termes de l'article 3 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " L'entrepreneur qui entend exécuter un contrat ou un marché en recourant à un ou plusieurs sous-traitants doit, au moment de la conclusion et pendant toute la durée du contrat ou du marché, faire accepter chaque sous-traitant et agréer les conditions de paiement de chaque contrat de sous-traitance par le maître de l'ouvrage ; l'entrepreneur principal est tenu de communiquer le ou les contrats de sous-traitance au maître de l'ouvrage lorsque celui-ci en fait la demande. / Lorsque le sous-traitant n'aura pas été accepté ni les conditions de paiement agréées par le maître de l'ouvrage dans les conditions prévues à l'alinéa précédent, l'entrepreneur principal sera néanmoins tenu envers le sous-traitant mais ne pourra invoquer le contrat de sous-traitance à l'encontre du sous-traitant ". L'article 6 de cette même loi dispose : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par le maître de l'ouvrage, est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution. / () / () / Le sous-traitant qui confie à un autre sous-traitant l'exécution d'une partie du marché dont il est chargé est tenu de lui délivrer une caution ou une délégation de paiement dans les conditions définies à l'article 14 ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 14-1 de la loi précitée : " Pour les contrats de travaux de bâtiment et de travaux publics : / le maître de l'ouvrage doit, s'il a connaissance de la présence sur le chantier d'un sous-traitant n'ayant pas fait l'objet des obligations définies à l'article 3 ou à l'article 6, () mettre l'entrepreneur principal ou le sous-traitant en demeure de s'acquitter de ces obligations. Ces dispositions s'appliquent aux marchés publics et
privés ; / () ".
4. Les dispositions des deux premiers alinéas de l'article 14-1 de la loi du
31 décembre 1975, qui s'appliquent à l'ensemble des marchés de sous-traitance, quelles que soient leurs modalités de paiement, imposent au maitre d'ouvrage qui a connaissance de la présence sur le chantier d'un sous-traitant n'ayant pas fait l'objet des obligations définies aux articles 3 et 6 de mettre en demeure l'entrepreneur principal de s'acquitter de ses obligations. En laissant l'entrepreneur principal confier à une société non déclarée ni donc acceptée l'exécution d'une partie des travaux compris dans le marché, sans procéder à une mise en demeure introduite dans les meilleurs délais, le maitre d'ouvrage commet, par son abstention, une faute de nature à engager sa responsabilité quasi-délictuelle. Cette responsabilité est toutefois atténuée par les fautes commises tant par l'entrepreneur principal en ne soumettant pas à l'acceptation du maitre d'ouvrage la société sous-traitante, que par cette-dernière en négligeant de s'assurer qu'elle avait été acceptée.
En ce qui concerne la mise en cause de la responsabilité de la commune de
Vitry-sur-Seine :
5. En premier lieu, la société Cartel soutient que la commune de Vitry-sur-Seine a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ce qu'elle n'a pas, contrairement à l'obligation prévue à l'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975, mis en demeure la société Sesar de présenter une déclaration de sa sous-traitance en vue d'en obtenir son acceptation ainsi que l'agrément de ses conditions de paiement ou, à tout le moins, qu'elle a effectué cette mise en demeure trop tardivement. Elle précise que cette faute est à l'origine du dommage qu'elle estime avoir subi du fait de l'absence de paiement des prestations qu'elle a effectuées dans le cadre des travaux de calorifugeage sur les réseaux aérauliques de l'école maternelle Eva Salmon.
S'agissant du prétendu défaut de mise en demeure :
6. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 10 juillet 2017, la commune de Vitry-sur-Seine a adressé à la société Sesar une lettre recommandée avec accusé de réception intitulée " demande d'agrément de sous-traitants non déclarés " dans laquelle, d'une part, elle informait la société de ce qu'il avait été porté à sa connaissance que trois sociétés, parmi lesquelles la société Cartel, réclamaient le paiement de travaux effectués dans le cadre du marché de reconstruction de l'école maternelle Eva Salmon et, d'autre part, elle lui demandait, eu égard à l'absence de déclaration de ces sous-traitances, " de se conformer sans délai à l'article 3 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance qui [] impose notamment de faire accepter chaque-sous-traitant et agréer les conditions de paiement de chaque contrat de sous-traitance par le maitre de l'ouvrage ". Ce courrier, qui vise nommément les trois sociétés dont la sous-traitance n'avait fait l'objet d'aucune déclaration donnant lieu à une acceptation et à un agrément par la commune, et notamment la société Cartel, doit être regardé comme une injonction personnelle faite à la société Sesar et constitue, dès lors, une mise en demeure au sens de l'article 14-1 de la loi précitée. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune de Vitry-sur-Seine aurait commis une faute en ce qu'elle se serait abstenue de mettre en demeure la société Sesar de lui présenter une déclaration de sous-traitance régulière.
S'agissant du prétendu caractère tardif de la mise en demeure :
7. Si, pour soutenir que la mise en demeure introduite par la commune de Vitry-sur-Seine revêtirait un caractère tardif, la société Cartel se prévaut, d'une part, d'échanges de courriel du 16 décembre 2016 entre la société Sesar et la société Urbaine de Travaux relatifs aux documents de la société Cartel et, d'autre part, de la déclaration de sous-traitance signée uniquement par les sociétés Sesar et Cartel le 20 décembre 2016, il ne résulte pas de l'instruction que la commune aurait été destinataire desdits échanges et de cette déclaration. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le compte-rendu d'inspection commune établi le 12 janvier 2017 par le coordinateur chargé de la sécurité et de la protection de la santé (SPS) lui aurait été communiqué. Au surplus, la société Cartel ne saurait utilement soutenir que la présence d'un tel coordinateur SPS établirait que la commune aurait eu connaissance des faits intervenus sur le chantier, alors que, si ledit coordinateur est désigné par le maître d'ouvrage et intervient sous sa responsabilité, son intervention n'a pas pour objet de représenter le maitre d'ouvrage sur le chantier mais uniquement, d'une part, de prévenir les risques résultant de l'intervention simultanée ou successive de plusieurs travailleurs indépendants ou entreprises dans le cadre notamment de chantiers de bâtiment et, d'autre part, de prévoir le cas échéant l'utilisation des moyens communs. Par conséquent, l'intervention d'un tel coordinateur ne saurait, par elle-même, démontrer la connaissance par la commune de Vitry-sur-Seine de la présence d'un sous-traitant non déclaré sur le chantier. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les services de la commune aient collaboré de façon effective, à l'occasion de chantier, avec la société Cartel, ni qu'ils aient entretenu avec elles des relations directes et caractérisées. Ainsi la commune de Vitry-sur-Seine ne peut être regardée comme ayant été suffisamment informée, avant le courrier du 10 juillet 2017, de l'intervention de la société Cartel et de ses liens avec la société Sesar pour être tenue de mettre en demeure cette dernière de s'acquitter de ses obligations à l'égard de son sous-traitant. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que la commune n'aurait satisfait que tardivement à son obligation de régulariser sa situation et que ce retard serait constitutif d'une faute de nature à engager sa responsabilité extracontractuelle.
8. En second lieu, à supposer même que la société Cartel doive être regardée comme soutenant que la commune de Vitry-sur-Seine aurait commis une faute en ce qu'elle aurait accepté sa déclaration de sous-traitance sans solliciter de la société Sesar de fournir la caution bancaire prévue par les dispositions rappelées aux points 2 et 3, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la déclaration de sous-traitance signée le 20 décembre 2016 par la société Sesar et la société Cartel n'a pas été adressée à la commune défenderesse de sorte qu'il ne résulte pas de l'instruction que cette dernière aurait effectivement accepté la sous-traitance litigieuse.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que la société Cartel n'est en tout état de cause pas fondée à demander la condamnation de la commune de Vitry-sur-Seine sur le fondement de l'article 14-1 de la loi du
31 décembre 1975.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Vitry-sur-Seine, qui n'est pas la partie perdante en l'espèce, la somme demandée sur ce fondement par la société Cartel. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune de Vitry-sur-Seine sur le même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Cartel est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vitry-sur-Seine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Cartel, à la commune de Vitry-sur-Seine, à la société Sesar et à la société Urbaine de Travaux.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
La rapporteure
L. Bousnane Le président
X. Pottier
La greffière,
C. Mahieu
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026