vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902848 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RARIVOSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mars 2019 et 18 juillet 2022, M. et Mme C B, représentés par Me Rarivoson, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014 ;
2°) de prononcer la réduction, à concurrence d'une somme de 5 655 euros, des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les conditions nécessaires pour bénéficier du dispositif " Scellier " au titre des deux biens considérés sont remplies, dès lors que le critère d'appréciation de la limitation prévue au IV de l'article 199 septvicies du code général des impôts est celui du fait générateur de l'impôt correspondant à la date d'achèvement du bien concerné, et non la date d'acquisition ;
- cette appréciation est confirmée par le BOFiP-Impôts du 15 mai 2019 ;
- il résulte du BOI-IR-RICI-230-30-10 que le fait générateur correspondant à l'acquisition d'un logement en état futur d'achèvement est l'année d'achèvement du logement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
2 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont bénéficié au titre des années 2012, 2013 et 2014, d'une réduction d'impôt sur le revenu dans le cadre du dispositif " Scellier ", pour deux logements acquis en état futur d'achèvement, situés respectivement 6 avenue Georges Pompidou à Melun, acquis en 2011 et achevé la même année, et 66-68 avenue du général Patton à Melun, acquis en 2011 et achevé en 2012. L'administration a remis en cause la réduction d'impôt au titre du logement achevé 2012 au motif qu'un seul logement acquis en 2011 pouvait ouvrir droit au bénéfice de l'avantage fiscal. Par ailleurs, les requérants ont été assujettis à l'impôt sur le revenu au titre des années 2015 et 2016, sans prise en considération de la réduction d'impôt " Scellier " pour le logement achevé en 2012. Par une réclamation du 12 décembre 2018, M. et Mme B ont contesté ces impositions, en demandant la prise en compte de la réduction d'impôt dite " Scellier " pour les années 2015 et 2016. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet, le 25 janvier 2019.
2. Aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts, dans sa version applicable les années d'imposition en litige : " I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () Au titre d'une même année d'imposition, le contribuable ne peut bénéficier de la réduction d'impôt qu'à raison de l'acquisition, de la construction ou de la transformation d'un seul logement. La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année puis sur l'impôt dû au titre de chacune des huit années suivantes à raison d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la limitation du nombre de logements pouvant bénéficier de la réduction d'impôt au titre d'une même année d'imposition s'apprécie, en cas de construction, en fonction de la date d'achèvement du logement et non pas de la date de son acquisition lorsque celle-ci est antérieure.
4. Par suite et en l'espèce, dès lors que les logements que M. et Mme B ont acquis les 22 mars et 27 décembre 2011 en l'état futur d'achèvement, ont été achevés respectivement en 2011 et 2012, soit au titre de deux années différentes, l'administration fiscale ne pouvait refuser au titre des années 2011 à 2016, le bénéfice de la réduction " Scellier " aux requérants au motif que ceux-ci n'avaient pas respecté la limite d'un logement par année d'imposition prévue par les dispositions précitées. Dès lors, et alors que le service n'avance aucun autre motif permettant de ne pas admettre la réduction d'impôt " Scellier " sollicitée à raison du second logement acquis par M. et Mme B, les requérants sont fondés à soutenir que leur contestation doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B sont fondés à demander, à raison de leur second investissement au titre du dispositif " Scellier ", la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes. Ils sont également fondés à demander la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les bases d'imposition des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales de M. et Mme B au titre des années 2012, 2013 et 2014 sont réduites de la somme annuelle correspondant à l'investissement Scellier pour leur second logement acquis en 2011.
Article 2 : Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. et Mme B ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014 ainsi que les pénalités correspondantes, sont réduites à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 1er.
Article 3 : Les bases d'imposition des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales de M. et Mme B au titre des années 2015 et 2016 sont réduites de la somme annuelle correspondant à l'investissement Scellier pour leur second logement acquis en 2011.
Article 4 : Les cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. et Mme B ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 sont réduites à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 3.
Article 5 : L'Etat versera à M. et Mme B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 23 décembre 2022.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026