jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2001307 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DELAINE DOMINIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 10 février 2020, M. C B, représenté par Me Delaine, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 décembre 2019 par laquelle le maire du Kremlin-Bicêtre a refusé sa demande de réaffectation en qualité de cantonnier dans une équipe mécanisée avec aménagement du temps de travail de 7 heures à 16 heures ;
2°) d'enjoindre à la commune du Kremlin-Bicêtre de le réaffecter au service de propreté urbaine, en qualité de cantonnier dans une équipe mécanisée avec des horaires de travail de 7 h à 16 h, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Kremlin-Bicêtre une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale, en ce qu'elle méconnaît les préconisations formulées par le comité médical départemental le 24 octobre 2019 ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors que, d'une part, elle emporte un changement d'affectation sans que la commune ne justifie, au préalable, de l'impossibilité d'aménager son poste initial de cantonnier et, d'autre part, eu égard à l'avis favorable du comité médical départemental sur son aptitude à la reprise de ses fonctions en tant qu'agent d'équipe mécanisée, d'autant qu'un poste correspondant était vacant à la fin de l'année 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2020, la commune du Kremlin-Bicêtre, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, en l'absence de toute décision de refus, émanant de la commune, de réintégrer M. B dans ses fonctions de cantonnier au service de la propreté urbaine ;
- à titre subsidiaire, les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 février 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, titulaire du grade d'adjoint technique de 2ème classe, a exercé les fonctions de cantonnier en équipe mécanisée auprès des services de la commune du Kremlin-Bicêtre. En raison de problèmes de santé, il a été placé en congé de longue maladie du 23 avril 2015 au 22 octobre 2016. Dans le cadre de sa reprise de fonctions à mi-temps thérapeutique au mois de février 2017, il a été affecté en qualité d'agent d'accueil au service des personnes âgées et retraitées, d'abord en remplacement puis de manière permanente. M. B soutient qu'au cours d'un entretien avec le directeur des ressources humaines de la commune le 19 décembre 2019, lui a été notifiée la décision de refus de le réintégrer sur son ancien emploi de cantonnier dans une équipe mécanisée avec des aménagements horaires conforme aux préconisations du médecin du service de médecine préventive, eu égard à son état de santé, décision verbale dont M. B demande l'annulation. Par ailleurs, M. B a été affecté, à compter du 6 janvier 2020, en qualité d'agent d'entretien des squares.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. B conteste son maintien sur des emplois de remplacement, pendant sa période de mi-temps thérapeutique, n'ouvrant droit ni aux journées de réduction du temps de travail, ni aux heures supplémentaires, ni à la prime de salissure, ni au treizième mois, ces considérations sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 4° bis. Après un congé de maladie, un congé de longue maladie ou un congé de longue durée, les fonctionnaires peuvent être autorisés à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique, accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d'un an pour une même affection. / () Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel pour raison thérapeutique perçoivent l'intégralité de leur traitement () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation. / Il est consulté obligatoirement pour : / () e) L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après congé de maladie ou disponibilité d'office () ". Aux termes de l'article 31 du même décret : " Le bénéficiaire d'un congé de longue maladie ou de longue durée ne peut reprendre ses fonctions à l'expiration ou au cours dudit congé que s'il est reconnu apte après examen par un spécialiste agréé et avis favorable du comité médical compétent () ". Aux termes de l'article 32 du même décret : " Si, au vu de l'avis du comité médical compétent et éventuellement de celui du comité médical supérieur, dans le cas où l'autorité territoriale ou l'intéressé jugent utile de le provoquer, le fonctionnaire est reconnu apte à exercer ses fonctions, il reprend celles-ci dans les conditions fixées à l'article 33 ci-dessous () ". Aux termes de l'article 33 du même décret, alors en vigueur, dans sa version applicable au litige : " Le comité médical, consulté sur l'aptitude d'un fonctionnaire territorial mis en congé de longue maladie ou de longue durée à reprendre l'exercice de ses fonctions, peut formuler des recommandations sur les conditions d'emploi de l'intéressé sans qu'il puisse porter atteinte à sa situation administrative. / Le dossier soumis au comité médical comporte un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive. / Si l'intéressé bénéficie d'un aménagement des conditions de son travail, le comité médical, après avis du service de médecine préventive, est appelé de nouveau, à l'expiration de périodes successives d'une durée comprise entre trois et six mois, à formuler des recommandations auprès de l'autorité territoriale sur l'opportunité du maintien ou de la modification de ces aménagements () ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et des articles 31, 32 et 33 du décret du 30 juillet 1987, précités, que, lorsque le comité médical compétent déclare qu'un fonctionnaire territorial bénéficiant d'un congé de longue maladie ou de longue durée est apte à reprendre ses fonctions à condition que son poste soit adapté à son état physique, il appartient à l'autorité territoriale de rechercher si un poste ainsi adapté peut être proposé au fonctionnaire. Si l'autorité territoriale ne peut pas lui proposer un tel poste, le congé se poursuit ou est renouvelé, jusqu'à ce que le fonctionnaire ait épuisé ses droits à congé pour raison de maladie ou ait été déclaré définitivement inapte à exercer ses fonctions.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue de son congé de longue maladie, M. B, qui exerçait jusqu'alors des fonctions de cantonnier, a été affecté, conformément aux préconisations du médecin du service de médecine préventive du 14 octobre 2016, dans les services communaux " Maintien à domicile " et " Retraités et personnes âgées ", dans le cadre d'une reprise à temps partiel thérapeutique. Ayant sollicité sa réintégration sur les fonctions de cantonnier au sein du service de la propreté urbaine, par courriels des 25 septembre et 21 novembre 2018, la commune du Kremlin-Bicêtre a saisi le comité médical départemental, sur la base notamment de l'avis favorable du 4 mai 2018 du médecin de prévention à son affectation sur un emploi impliquant la conduite d'une balayeuse en horaires de 7 heures à 16 heures. Par un avis du 24 octobre 2019, le comité médical départemental s'est prononcé favorablement à sa réintégration en tant qu'agent d'équipe mécanisée, selon les préconisations du médecin de prévention. M. B fait valoir que la commune aurait opposé un refus à son affectation, au cours d'un entretien le 19 décembre 2019, sur un emploi de cantonnier dans une équipe mécanisée, le cas échéant conformément aux horaires de 7 h à 16 h recommandés par le médecin de prévention. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des compte-rendu des entretiens réunissant le requérant et les services communaux les 29 novembre et 19 décembre 2019, dont M. B ne conteste pas la teneur, qu'en l'absence de poste de cantonnier vacant, exerçant ses fonctions selon les horaires souhaités, celui-ci s'est vu proposer d'être affecté en qualité de cantonnier dans l'équipe mécanisée du service de propreté urbaine sur une plage horaire de 11 heures 30 à 19 heures, correspondant à une amplitude horaire, au demeurant, inférieure à celle préconisée par le médecin de prévention. Face au refus exprimé par M. B à cette proposition lors des deux entretiens, au motif que les horaires n'étaient pas conformes à ceux préconisés par le médecin de prévention, le requérant s'est vu proposer un poste d'agent d'entretien des squares au services des espaces verts, correspondant à son grade et impliquant des horaires en journée conformes aux préconisations médicales, qu'il a accepté le 30 décembre 2019, et dont, au demeurant, il ne conteste pas être satisfait, au vu du compte-rendu d'entretien du 2 mars 2020, versé au débat. Si M. B se prévaut de la vacance du poste de cantonnier au service de la propreté urbaine, il ne produit à l'appui de ses allégations qu'une fiche de poste datée du 16 janvier 2018, laquelle est insuffisante pour établir que le poste en question était vacant à la date de la décision attaquée. Au surplus, cette pièce ne comporte aucune indication permettant d'apprécier que les horaires de l'exercice de ses fonctions étaient compatibles avec les recommandations du médecin de prévention, propres à la situation de M. B. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le maire du Kremlin-Bicêtre aurait, par la décision attaquée, porté une appréciation erronée sur sa situation au regard de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
6. En dernier lieu, si M. B fait valoir l'absence de saisine, par la commune du Kremlin-Bicêtre, du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, au motif pris de l'impossibilité d'aménager son poste de travail, il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, lequel ne peut, dès lors, qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune du Kremlin-Bicêtre, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune du Kremlin-Bicêtre.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 octobre 2022.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026