mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 avril 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A B.
Par une requête enregistrée le 19 février 2020, M. A B, représenté par
Me Callon, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui payer la somme de 5 520 euros en réparation des conséquences dommageables de l'infection dont il a été atteint à la suite de la prise en charge médicale dont il a été l'objet à l'hôpital Henri Mondor le 5 décembre 2012, assortie des intérêts de droit au taux légal ;
2°) mettre à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris une somme de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée en raison de l'infection nosocomiale qu'il a contractée à la suite de l'intervention qu'il a subie le 5 décembre 2012 à l'hôpital Henri Mondor ;
- il est fondé à demander réparation du déficit fonctionnel temporaire qu'il a subi, à hauteur de 520 euros, des souffrances qu'il a endurées, à hauteur de 2 000 euros, et du déficit fonctionnel permanent dont il reste atteint, à hauteur de 3 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne, représentée par Me Dontot, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui rembourser la somme de 15 018,60 euros correspondant aux prestations en nature exposées à la suite de l'infection dont a été victime
M. B, avec intérêts au taux légal et capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP l'indemnité forfaitaire prévue par le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge l'AP-HP la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dominique Binet, premier conseiller
- et les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été hospitalisé du 11 septembre 2012 au 9 octobre 2012 à l'hôpital Henri Mondor, qui relève de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), pour traiter un purpura vasculaire avec atteinte cutanée sévère, articulaire et épididymite, dans un contexte de découverte fortuite d'un nodule suspect sur le rein droit. Un traitement lui a été dispensé et il a bénéficié d'une hospitalisation à domicile. Puis M. B a de nouveau été hospitalisé à l'Hôpital Henri Mondor du 4 au 9 décembre 2012 et a subi une néphrectomie partielle droite par voie coelioscopique le 5 décembre 2012. A la suite de cette intervention, une abcédation s'est développée au niveau de la plaie opératoire ombilicale et un prélèvement effectué a permis d'isoler un staphylococcus epidermidis résistant à la méticilline. Ayant saisi en vain la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des maladies nosocomiales (CCI) d'Ile-de-France qui, après avoir organisé une expertise, s'est déclarée incompétente, M. B demande au tribunal de condamner l'AP-HP à l'indemniser des conséquences dommageables de l'infection qu'il a ainsi contractée à la suite de l'intervention chirurgicale du 5 décembre 2012.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".
3. Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise diligentée par la CCI, que l'infection subie par M. B est, d'une part, provoquée soit par un staphylocoque à coagulase négative résistant à la méticilline, par un staphylococcus aureus sensible à la méticilline, soit par un staphylococcus aureus résistant à la méticilline et éventuellement par des corynébactéries, et d'autre part, directement associée à la néphrectomie partielle droite par voie coelioscopique réalisée le 5 décembre 2012.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à rechercher la responsabilité de l'AP-HP au titre de l'infection, qui doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial, dont il a été atteint à la suite de l'opération chirurgicale qu'il a subie le 5 décembre 2012 à l'hôpital Henri Mondor.
Sur les droits de M. B :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a subi, du fait de l'infection nosocomiale dont il a été atteint, un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du
9 décembre 2012 au 1er avril 2013. Il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature dans les conditions d'existence qui en ont résulté pour l'intéressé en l'évaluant 500 euros.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par
M. B, tant physiques que psychiques, en lien avec l'infection nosocomiale en litige doivent être évaluées à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à ce titre à M. B la somme de 1 300 euros.
8. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que, après consolidation de son état de santé, qui peut être fixée au 1er juin 2013, M. B reste atteint d'un déficit fonctionnel permanent imputable à l'infection nosocomiale dont le taux peut être fixé à 2 %. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à ce titre à M. B la somme de 2 000 euros.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser une somme totale de 3 800 euros.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris :
10. En premier lieu, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux et pharmaceutiques et de frais d'appareillage, exposés à la suite de l'infection nosocomiale dont a été victime M. B, pour un montant total de 15 018,60 euros. Il s'ensuit que la CPAM de Paris est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser cette somme.
11. En second lieu, aux termes du neuvième alinéa de de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ".
12. Il résulte de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, que le montant maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion est de 1 162 euros. Dès lors que le tiers du montant dont la CPAM de Paris obtient le remboursement est supérieur à ce montant, il y a lieu de mettre ladite somme à la charge de l'AP-HP.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
13. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
14. M. B, a droit aux intérêts au taux légal de la somme de 3 800 euros à compter du 16 décembre 2019, date de la réception de sa demande préalable par l'AP-HP.
15. La CPAM de Paris a droit aux intérêt au taux légal de la somme de 15 018,60 euros à compter du 22 septembre 2020, date de l'enregistrement de son mémoire devant le tribunal. La capitalisation des intérêts a été demandée le 22 septembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 22 septembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens ainsi que la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la CPAM de Paris et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'AP-HP est condamnée à verser à M. B la somme de 3 800 euros avec au taux légal à compter du 16 décembre 2019.
Article 2 : L'AP-HP versera à la CPAM de Paris la somme de 15 068,60 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 septembre 2020. Les intérêts échus à la date du 22 septembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 162 euros au profit de la CPAM de Paris au titre du neuvième alinéa de L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : L'AP-HP versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : L'AP-HP versera à la CPAM de Paris la somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Assistance Publique-hôpitaux de Paris et à la Caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Copie pour information en sera transmise à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
M. Cyril Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
D. BinetLe président,
T. GallaudLe président,
T. Gallaud
La greffière,
C. Kiffer
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026