jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2004107 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 juin 2020 et 8 novembre 2022, la société anonyme (SA) Ficap, représentée par Me Tournoud, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la restitution des crédits d'impôt recherche déclarés au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été privée de la garantie prévue à l'article L. 59 D du livre des procédures fiscales dès lors que l'administration n'a saisi le comité consultatif du crédit d'impôt pour les dépenses de recherche pour une partie seulement des dépenses litigieuses, à hauteur de 2 847 euros en 2012 et 9 617 euros en 2013 ;
- la décision de rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée ;
- le déroulement de la procédure devant le comité consultatif du crédit d'impôt recherche n'est pas conforme aux règles prescrites par les articles L. 60, R. 60-1 et R. 60-3 du livre des procédures fiscales ;
- elle entend se prévaloir des énonciations des paragraphes n° 180, n° 260 et n°440 de l'instruction administrative référencée BOI-CFCMSS-60-20 du 6 juillet 2016.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 16 novembre 2020 et 13 décembre 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par la société Ficap ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Ficap, qui exerce notamment une activité de fabrication et de vente de convoyeurs industriels, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013. A l'issue des opérations de contrôle, l'administration fiscale a notamment remis en cause son éligibilité au crédit d'impôt recherche au titre des années 2012 à 2013, selon la procédure contradictoire, par une proposition de rectification du 12 juillet 2016. Les rehaussements correspondants ont été partiellement maintenus le 30 avril 2019, en réponse aux observations de la société. Le différend a ensuite été soumis au comité consultatif du crédit d'impôt pour dépenses de recherche, qui a confirmé, lors de sa séance du 24 septembre 2019, la position de l'administration. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2012 et 2013, assorties des intérêts de retard, ont été mises en recouvrement le 21 novembre 2019. La réclamation préalable de la société du 2 décembre 2019 a été rejetée par l'administration fiscale le 5 juin suivant. Par la requête susvisée, la société Ficap doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la restitution des crédits d'impôt recherche qu'elle a déclarés au titre des années 2012 et 2013.
2. En premier lieu, les moyens dirigés contre les vices propres entachant la décision de l'administration rejetant la réclamation d'un contribuable sont sans influence sur la régularité ou le bien-fondé de l'imposition contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de rejet du 5 juin 2020 serait insuffisamment motivée doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1653 F du code général des impôts : " I. - Il est institué un comité consultatif du crédit d'impôt pour dépenses de recherche ". Aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () du comité consultatif prévu à l'article 1653 F du même code ". Aux termes de l'article L. 59 D du même livre : " Le comité consultatif prévu à l'article 1653 F du code général des impôts intervient lorsque le désaccord porte sur la réalité de l'affectation à la recherche des dépenses prises en compte pour la détermination du crédit d'impôt défini à l'article 244 quater B du même code. Ce comité peut, sans trancher une question de droit, se prononcer sur les faits susceptibles d'être pris en compte pour l'examen de cette question de droit ".
4. La société Ficap soutient que la procédure d'imposition est irrégulière en l'absence de saisine, par l'administration, du comité consultatif pour l'ensemble de ses dépenses de recherche, lequel ne s'est prononcé, par suite, que sur la réalité de l'affectation à la recherche des dépenses à hauteur des montants de 2 847 euros et de 9 617 euros, au demeurant admis par le service. Cependant, il résulte de l'instruction et notamment des rapports adressés au comité, que ce dernier a été saisi pour rendre un avis sur l'intégralité des dépenses exposées dans le cadre des six projets de la société. En dépit de la mention des montants de 2 847 euros et de 9 617 euros portée en page 2 de l'avis du 12 novembre 2019, le comité s'est prononcé sur la réalité de l'affectation à la recherche de l'ensemble des dépenses exposées par la requérante, ainsi que cela ressort des termes mêmes de cet avis, à hauteur des montants de 118 235 euros en 2012 et 118 451 euros en 2013. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière faute pour elle d'avoir pu bénéficier de la garantie procédurale attachée à une telle saisine.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 60 du livre des procédures fiscales : " le rapport par lequel l'administration des impôts soumet le différend qui l'oppose au contribuable () au comité consultatif prévu à l'article 1653 F du même code, ainsi que tous les autres documents dont l'administration fait état pour appuyer sa thèse, doivent être tenus à la disposition du contribuable intéressé ". Aux termes de l'article R. 60-1 du même livre : " Lorsque le litige est soumis () au comité consultatif du crédit d'impôt pour dépenses de recherche, en application de l'article L. 59 D, le contribuable est convoqué trente jours au moins avant la date de la réunion. Cette convocation peut être envoyée par tout moyen, y compris par courrier électronique. Le rapport et les documents mentionnés à l'article L. 60 doivent être tenus à sa disposition, au secrétariat de la commission ou du comité consultatif, pendant le délai de trente jours qui précède la réunion de cette commission ou de ce comité. Ils peuvent également être communiqués au contribuable par courrier électronique. ". Aux termes de l'article R. 60-3 de ce livre : " L'avis () du comité consultatif du crédit d'impôt pour dépenses de recherche doit être motivé ". L'article L. 192 du même code dispose, dans sa version applicable à la procédure d'imposition en litige : " Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. () ".
6. La société Ficap soutient que le déroulement de la procédure devant le comité consultatif du crédit d'impôt recherche n'est pas conforme aux règles prescrites par les dispositions précitées. A cet égard, elle fait valoir qu'elle n'a pas été destinataire du rapport du 8 octobre 2018 par lequel l'administration des impôts a soumis le différend au comité consultatif, que l'avis rendu par ce comité, lors de sa séance du 24 septembre 2019, est insuffisamment motivé et que la convocation qui lui a été adressée ne mentionnait pas la possibilité pour elle de se faire entendre en séance. Toutefois, les éventuels vices dont seraient entachés l'avis du comité consultatif du crédit d'impôt et les éventuelles irrégularités de la procédure suivie devant lui n'affectent pas la régularité de la procédure d'imposition et ne sont, par suite, pas de nature à entraîner une décharge de l'imposition ou une restitution des crédits impôts recherche, ces irrégularités ayant pour seul effet de modifier la dévolution de la charge de la preuve, en application de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 60, R. 60-1 et R. 60-3 du même livre doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des énonciations des paragraphes n° 180, n° 260 et n°440 de l'instruction référencée BOI-CFCMSS-60-20 du 6 juillet 2016, qui ne comportent, en tout état de cause, aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il est fait application dans le présent jugement.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Ficap n'est pas fondée à demander la restitution des crédits d'impôt recherche dont elle s'estime être titulaire au titre des années 2012 et 2013. Doivent être également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Ficap est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Ficap et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Signé : M. VAN DAËLE
La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026