vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOUGASSAS OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 août et 6 novembre 2020, M. Yahia et Mme D E, représentant leur fils A E, représentés par Me Bougassas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil a refusé l'affectation de Kémy E en CAP Maintenance des Véhicules option A au sein du lycée Fernand Léger situé à Ivry-sur-Seine ;
2°) d'enjoindre au rectorat de l'académie de Créteil de réexaminer le dossier de M. A E dans un délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreurs de droit ; d'une part, elle ne peut avoir pour fondement légal l'article D. 211-11 du code de l'éducation nationale dès lors que les demandes des enfants handicapés ne peuvent être assimilées à une demande de dérogation ; la décision attaquée relève du régime prévu par les dispositions de l'article L. 112-1 du code de l'éducation ; d'autre part, elle se borne à renvoyer, pour les critères de dérogation, à un " vadémécum " ;
- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'une demande d'affectation adaptée à son handicap a été formulée et non pas une demande s'inscrivant dans le cadre de la " dérogation prioritaire " ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'état de santé de Kémy E.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2020, le rectorat de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté ;
- c'est à bon droit que la décision attaquée est fondée sur l'article D. 211-11 du code de l'éducation dès lors qu'elle a pour objet de refuser une demande d'affectation dérogatoire ; cette dérogation repose sur la situation de handicap de Kémy, critère de priorité figurant, conformément aux dispositions arrêtées par la direction des services départementaux de l'éducation nationale du Val-de-Marne, dans le vadémécum des procédures d'Orientation Affectation 2019/2020 ;
- les moyens tirés de l'erreur de faits et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée doivent être écartés dès lors que la commission Ulis-Handicap a, compte tenu de la nature du handicap et du choix d'orientation, estimé qu'il n'était pas pertinent d'octroyer à Kémy une bonification au titre de son handicap, critère de priorité n°1 selon le vadémécum des procédures d'orientation affectation 2019/2020 ; sans cette bonification, Kémy cumulait 740,188 points alors que le dernier élève affecté dans le CAP sollicité cumulait 2 169,180 points.
Par une lettre du 3 septembre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 6 décembre 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 7 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc,
- et les conclusions de M. Toutias, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E ont émis le souhait que leur fils, atteint d'un handicap, soit inscrit en 2nde professionnelle au sein du lycée Fernand Léger d'Ivry-sur-Seine afin de préparer un CAP Maintenance des véhicules option A voitures particulières au titre de l'année scolaire 2020/2021. Par une décision du 1er juillet 2020, dont il est demandé l'annulation, le recteur de l'académie de Créteil a refusé leur demande d'affectation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article D. 211-10 du code de l'éducation : " Le territoire de chaque académie est divisé en secteurs et en districts () Les districts de recrutement correspondent aux zones de desserte des lycées. Les élèves des secteurs scolaires qu'ils regroupent doivent y trouver une variété d'enseignements suffisante pour permettre un bon fonctionnement de l'orientation / () ". Aux termes de l'article D. 211-11 du même code : " Les collèges et les lycées accueillent les élèves résidant dans leur zone de desserte. / Le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, détermine pour chaque rentrée scolaire l'effectif maximum d'élèves pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont il dispose. / Dans la limite des places restant disponibles après l'inscription des élèves résidant dans la zone normale de desserte d'un établissement, des élèves ne résidant pas dans cette zone peuvent y être inscrits sur l'autorisation du directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, dont relève cet établissement. / Lorsque les demandes de dérogation excèdent les possibilités d'accueil, l'ordre de priorité de celles-ci est arrêté par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, conformément aux procédures d'affectation en vigueur. / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () ". En application de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le refus opposé à la demande de dérogation tendant à accorder la possibilité d'être affecté dans un autre lycée doit être regardé, au sens des dispositions du 7° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration cité au point 3, comme un refus d'autorisation soumis à l'exigence de motivation.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle se borne à informer les requérants du refus d'affectation de leur fils, sans préciser les raisons pour lesquelles il n'a pas été fait droit aux vœux d'affectation formulés. Ainsi, la décision contestée ne comporte ni les considérations de droit ni les considérations de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est, par suite, insuffisamment motivée et le moyen soulevé en ce sens est fondé.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 1er juillet 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil a refusé d'affecter le fils des requérants au lycée Fernand Léger doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. En raison du motif qui la fonde, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande d'affectation présentée par les requérants soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au recteur de l'académie de Créteil de procéder à ce réexamen et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juillet 2020 du recteur de l'académie de Créteil est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Créteil de procéder au réexamen de la demande d'affectation présentée par M. et Mme E et de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. et Mme E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. Yahia E, à M. A E et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
M. Allègre, premier conseiller,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
La rapporteure,
T. BlancLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026