jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août 2020 et 8 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Bertrand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2019 par lequel le directeur des ressources humaines de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 2 novembre 2015 ;
2°) d'enjoindre à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris de prendre en charge les frais, soins et arrêts de travail à compter du 2 novembre 2015, dans un délai de deux mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris la somme de 2 000 euros à verser à Me Bertrand, son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Bertrand de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ; d'une part, la responsable administrative, signataire de cet arrêté, ne disposait d'aucune délégation à cet effet ; d'autre part, l'autorité administrative s'est crue, à tort, liée par le rapport de l'expert dont elle a repris mot pour mot les conclusions ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de ce que, d'une part, la commission de réforme ne comprenait aucun médecin spécialiste et, d'autre part, le médecin du service de médecine statutaire, qui a rendu un avis sur son accident, avait déjà été amené à se prononcer sur son état de santé au cours de la séance de la commission de réforme du 21 février 2017 ; ce faisant, elle a été privée d'une garantie et la commission de réforme n'a pas manqué d'être influencée par l'avis de ce médecin ; il a été porté atteinte à ses droits en ce qu'elle n'a été ni convoquée, ni reçue, ni même invitée à transmettre des éléments à ce médecin ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ; d'une part, l'administration a ajouté une condition supplémentaire, qui n'est pas prévue par les textes et la jurisprudence, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime en retenant un " lien de causalité unique et exclusif " ; d'autre part, la visite au cours de laquelle la rechute est survenue s'inscrivait dans le cadre d'une visite médicale de reprise au terme d'un congé de longue durée ; son accident est survenu dans le prolongement de son service et présentait un lien direct avec celui-ci ;
- il est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il existe une contradiction entre l'avis de la commission de réforme du 21 février 2017 et celui du médecin expert du 23 septembre 2016, d'une part, et celui du médecin du service de médecine statutaire du 1er juin 2018, d'autre part ; le médecin de médecine statutaire a, à tort, estimé que l'accident du 2 novembre 2015 n'aurait pas existé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2021, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 novembre 2021 à 12 heures.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2020 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 1991-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bichy substituant Me Bertrand, représentant Mme B.
Une note en délibéré présentée par Me Bertrand pour Mme B a été enregistrée le 25 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, recrutée le 7 octobre 2010 par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en qualité d'infirmière diplômée d'Etat, et affectée à l'hôpital Charles Foix dans le service hospitalo-universitaire de gériatrie, a été titularisée dans ses fonctions le 10 janvier 2012. Le 12 juillet 2011, elle a été victime d'un accident, qui a entrainé une entorse de sa cheville droite après avoir glissé sans trébucher, reconnu imputable au service. A sa demande, elle s'est rendue, le 2 novembre 2015, à une consultation de la médecine du travail de l'hôpital Charles Foix en vue de sa réintégration à la suite d'un congé de longue durée en raison d'une autre pathologie. Au cours de cette consultation, alors que le médecin du travail lui a demandé de s'accroupir, elle a ressenti " un craquement et une douleur de la cheville droite ". Par une décision du 9 décembre 2015, le directeur des ressources humaines de
l'AP-HP a rejeté la demande de Mme B tendant à reconnaître ce fait accidentel au titre d'une rechute de l'accident de service du 12 juillet 2011. Mme B a formé le
1er février 2016 un recours gracieux contre cette décision et, par une décision du 14 mars 2017, l'AP-HP a confirmé son refus. La requête de Mme B enregistrée sous le n° 1705837 tendant à l'annulation de cette décision, a été rejetée par jugement du tribunal administratif de Melun du 27 août 2021. Mme B a, le 28 octobre 2017, présenté une nouvelle déclaration d'accident de travail concernant l'accident du 2 novembre 2015. La commission de réforme du 12 mars 2019 ayant émis un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service de cet accident motif pris de l'" absence de fait accidentel ", le directeur général de l'AP-HP a, par un arrêté du 9 mai 2019, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident et, en conséquence, de prendre en charge au titre de la législation sur les accidents de service, les soins du 2 novembre 2015 au 28 novembre 2016 inclus. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision par laquelle le directeur général de l'AP-HP a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 2 novembre 2015.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () ; / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / () ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce. Constitue un accident de service, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
4. Il ressort de l'arrêté attaqué que le directeur des ressources humaines de l'AP-HP a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont Mme B a été victime le 2 novembre 2015 au motif que " les lésions décrites sur le certificat médical ne sont pas en relation directe, unique et certaine avec les faits déclarés, expression d'un état antérieur symptomatique en consultation de médecine du travail, pas de lésions traumatiques imputables ". Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 et de ce qui a été dit au point 3. du présent jugement, que l'imputabilité au service d'un fait accidentel est établie en raison de son lien direct avec le service. Or, en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont a été victime la requérante au motif, outre le fait que le lien avec le service n'était pas direct, que ce lien n'était pas, notamment " unique ", soit, ainsi que le fait valoir la requérante, " exclusif ", le directeur des ressources humaines de l'AP-HP, qui s'est fondé sur un critère qui ne résulte pas de l'application de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 précité, telle qu'interprété par la jurisprudence, a entaché l'arrêté critiqué d'erreur de droit.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mai 2019 par lequel le directeur des ressources humaines de l'AP-HP a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime le 2 novembre 2015. Il y a donc lieu d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de Mme B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à l'AP-HP de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, Me Bertrand, son conseil, peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bertrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 500 euros à verser à Me Bertrand.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 mai 2019 par lequel le directeur des ressources humaines de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont Mme B a été victime le 2 novembre 2015 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris versera à Me Bertrand, avocat de Mme B, la somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026