jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CAYLA DESTREM |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête, enregistrée sous le n° 2007668 le 28 septembre 2020, la SCCV du Chenet, représentée par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 3 décembre 2019 pour un montant de 134 euros correspondant à une redevance d'archéologie préventive ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle a déjà réglé la redevance d'archéologie préventive au titre de l'ensemble commercial pour lequel elle a obtenu un permis de construire ;
- par courrier du 22 octobre 2019, la direction départementale des territoires de l'Essonne a confirmé que cette redevance n'était pas due.
La procédure a été transmise à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré une mise en demeure du 30 août 2023.
II) Par une requête, enregistrée sous le n° 2007674 le 28 septembre 2020, la SCCV du Chenet, représentée par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 3 décembre 2019 pour un montant de 28 614 euros correspondant à une taxe d'aménagement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle a déjà réglé la taxe d'aménagement au titre de l'ensemble commercial pour lequel elle a obtenu un permis de construire ;
- par courrier du 22 octobre 2019, la direction départementale des territoires de l'Essonne a confirmé que cette taxe n'était pas due.
La procédure a été transmise à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré une mise en demeure du 30 août 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 22 septembre 2016, le maire de Milly-la-Forêt a accordé à la SCCV du Chenet un permis de construire un ensemble commercial. Par des titres de perception du 6 octobre 2017, il lui a été réclamé 19 364 euros de redevance pour l'archéologie préventive et 140 390 euros pour la première échéance de la taxe d'aménagement. Un autre titre de perception a été émis à son encontre le 5 octobre 2018 pour un montant de 140 388 pour la deuxième échéance de la taxe d'aménagement. La société a déposé un projet modificatif de sa construction sans modification des surfaces le 3 juillet 2018, autorisé par arrêté du 24 octobre suivant. Le 17 mai 2019, elle a reçu du directeur départemental des territoires de l'Essonne une information sur les taxes d'urbanisme résultant de ce permis modificatif, à savoir 28 614 euros de taxe d'aménagement et 134 euros de redevance d'archéologie préventive. A la suite de la contestation du bien-fondé de ces taxes, le directeur départemental des territoires de l'Essonne a, par courrier du 14 novembre suivant, informé l'intéressée " qu'après étude de ce dossier, il s'avère que suite à un bug informatique, les taux du permis initial n'ont pas été repris correctement " et qu'il avait donc procédé à l'annulation des taxes du permis modificatif. La SCCV du Chenet a été rendue destinataire de titres de perception en date du 3 décembre 2019 lui réclamant 28 614 euros de taxe d'aménagement et 134 euros de redevance d'archéologie préventive. La réclamation présentée le 28 janvier 2020 tendant à l'annulation de ces titres de perception a fait l'objet de la part du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne d'une décision implicite de rejet. Par les requêtes susvisées, la société demande au tribunal d'annuler les titres de perception en litige.
2. Les requêtes nos 2007668 et 2007674 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à un telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
4. La SCCV du Chenet soutient, sans être contredite, d'une part, qu'elle a réglé les taxes d'urbanisme émises à son encontre par des titres de perception des 6 octobre 2017 et 5 octobre 2018 et, d'autre part, que son permis de construire modificatif n'a pas modifié le montant des taxes dues pour la construction de son ensemble commercial. Il résulte d'ailleurs expressément du courrier précité du directeur départemental des territoires de l'Essonne du 14 novembre 2019 qu'elle avait été informée à tort être redevable d'une nouvelle taxe d'aménagement et d'une nouvelle redevance d'archéologie préventive. La requérante est donc fondée à soutenir que c'est à tort que le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré les mises en demeure précitées, et qui est ainsi réputé avoir acquiescé aux faits exposés par elle, dont l'inexactitude ne ressort pas des pièces des dossiers, lui a réclamé par des titres de perception du 3 décembre 2019, malgré les termes de ce courrier, le règlement de 28 614 euros de taxe d'aménagement et de 134 euros de redevance d'archéologie préventive. Elle est donc fondée à en demander la décharge.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 500 euros à verser à la SCCV du Chenet en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La SCCV du Chenet est déchargée de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive mise à sa charge par des titres de perception du 3 décembre 2019.
Article 2 : L'Etat versera à la SCCV du Chenet une somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV du Chenet et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Freydefont, premier conseiller,
M. Meyrignac, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Nos 2007668
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026