vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009872 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2020, M. B A, représenté par la S.E.L.A.F.A. Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 9 novembre 2020 par laquelle le maire de Provins a implicitement rejeté sa demande tendant au versement du supplément familial de traitement à compter du 20 octobre 2011 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Provins de régulariser sa situation et à procéder au versement du supplément familial de traitement à compter du 20 octobre 2011, dès la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Provins la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'étant père de deux enfants à charge, il a droit au versement du supplément familial de traitement en application des dispositions de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et de l'article 10 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985.
Par un mémoire en défense, présenté par la S.E.L.A.R.L. Landot et associés et enregistré le 15 juin 2021, la commune de Provins, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les agents contractuels rémunérés au taux horaire dont fait partie le requérant ne sont pas éligibles au bénéfice du supplément familial de traitement ;
- le versement mentionné sur la fiche de paie de l'intéressé du mois d'août 2020 d'une somme correspondant au supplément familial de traitement résulte d'une erreur.
Par ordonnance du 20 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2021 à 12 h 00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2009969 du 30 mars 2023 par laquelle la commune de Provins a été condamnée à verser à M. A une provision de 3 042 euros.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Issard,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- les observations de Me Boissonnet, représentant la commune de Provins,
- M. A n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, recruté par la commune de Provins sous couvert d'un contrat à durée indéterminée à compter du 15 septembre 2009 a, en dernier lieu, exercé les fonctions d'agent d'exploitation des équipements sportifs et ludiques pour 60 % de son temps de service pour la commune et pour 40 %, mis à disposition de la communauté de communes du Provinois. Par un courrier en date du 8 septembre 2020, réceptionné le 9 septembre 2020, il a sollicité du maire de Provins la régularisation de sa situation administrative au regard du versement du supplément familial de traitement à compter de la naissance de son premier enfant le 20 octobre 2011.
Le silence gardé sur cette décision a donné naissance le 9 novembre 2020 à une décision implicite de rejet dont le requérant demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige, désormais codifié à l'article L. 332-3 du code général de la fonction publique, détermine les cas dans lesquels les collectivités territoriales peuvent recruter des agents non titulaires pour occuper des emplois permanents, par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires selon lequel les emplois permanents des collectivités territoriales sont occupés par des fonctionnaires. Aux termes de l'article 136 de cette même loi : " () les agents contractuels employés en application des articles 3, 3-1, 3-2, 3-3, 25 et 47 de la présente loi () sont régis notamment par les mêmes dispositions que celles auxquelles sont soumis les fonctionnaires en application des articles 6, 7, 8, 10, 11, 17, 18, 20, premier à troisième alinéas, 21, avant-dernier et dernier alinéas, 23, 25, 26, 27, 28, 29 du titre Ier du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 précitée, codifié aux articles L. 712-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant () le supplément familial de traitement (). " Aux termes de l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert () aux agents () de la fonction publique territoriale () dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. () ".
4. En application des dispositions combinées de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983, les agents non titulaires des collectivités territoriales occupant un emploi permanent ont droit à un traitement fixé en fonction de cet emploi, à une indemnité de résidence, le cas échéant au supplément familial de traitement ainsi qu'aux indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire.
5. Il n'est pas contesté que M. A, agent non titulaire a occupé un emploi de gardien de stade qui, répondant à un besoin permanent de la collectivité, était un emploi permanent au sens des dispositions précitées de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984. En application des dispositions combinées de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983, il avait donc, sans que puisse lui être opposée la nature horaire de sa rémunération telle que mentionnée dans son acte d'engagement, droit au supplément familial de traitement sous réserve de remplir les conditions réglementaires en vigueur.
6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A est père de deux enfants nés respectivement le 20 octobre 2011 et le 21 mars 2015. Il n'est pas contesté que l'autre parent de ces enfants n'a pas perçu le supplément familial de traitement et que les enfants sont à la charge effective du requérant. M. A était donc en droit, en application des dispositions du décret du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation, de se voir verser le supplément familial de traitement à compter de la date de naissance de son premier enfant. Par suite, il est fondé à demander l'annulation de la décision du 9 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Provins a rejeté implicitement sa demande de régularisation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () ".
8. Eu égard au motif d'annulation, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Provins de procéder au réexamen de la demande de régularisation présentée par M. A en tenant compte de la provision de 3 042 euros qui lui a été versée en exécution de l'ordonnance n° 2009969 du 30 mars 2023 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Provins une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, M. A n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Provins sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Provins du 9 novembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Provins de procéder à la régularisation de la situation de M. A en tenant compte de la provision de 3 042 euros qui lui a été versée en exécution de l'ordonnance n° 2009969 du 30 mars 2023 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Provins versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Provins sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Provins.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Issard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.
La rapporteure,
C. ISSARD
La présidente,
I. BILLANDON La greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026