LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2100977

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100977

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2100977
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre, JU
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er février 2021 et 12 mai 2021, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions ministérielles portant retrait de points consécutives aux infractions des 30 janvier 2017 à 21h18 (un point), 25 août 2017 à 05h11 (un point), 7 avril 2018 à 08h41 (un point), 18 mars 2018 à 07h01 (un point), 20 mars 2018 à 6h41 et 28 mars 2018 à 12h45;

2°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 18 décembre 2018 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;

3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours non daté, et réceptionné par l'administration le 6 novembre 2020, tendant à l'abrogation ou au retrait des décisions de retrait de points consécutives aux infractions susmentionnées ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Il a constaté l'existence d'une décision d'invalidation de son permis de conduire en date du 18 décembre 2018 en consultant son relevé d'information intégral en préfecture. A la suite, de cette consultation, M. B a formé un recours gracieux tendant à son abrogation ou à son retrait, ainsi que pour plusieurs décisions de retrait de points.

Il soutient que :

- les décisions de retraits de points sont entachées d'un défaut d'information en violation des articles L.223-3 et suivants du code de la route et de l'article R.223-3 du même code ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie en méconnaissance de l'article L.223-1 du code de la route.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2021, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- s'agissant de l'infraction commise le 25 août 2017, il ressort du relevé d'information intégral de M. B que pour cette infraction constatée par radar automatique, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale, dès lors il doit être regardé comme ayant reçu l'information préalable ;

- s'agissant des infractions commises les 7 avril 2018, 18 mars 2018 et 20 mars 2018,

M. B a été destinataire de l'information prévue aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route à l'occasion d'infractions de même nature commises antérieurement si bien qu'un éventuel défaut de délivrance de l'intégralité de l'information préalable n'a pas eu pour effet de le priver d'une garantie substantielle instituée par la loi ; en tout état de cause, en tant que titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule, le requérant a nécessairement reçu, s'agissant d'une infraction constatée par radar automatique, un avis de contravention puis, s'étant abstenu de s'acquitter de l'amende forfaitaire , un avis d'amende forfaitaire majorée ;

- s'agissant des infractions commises les 30 janvier 2017 et 28 mars 2018 constatées par radar automatique, un avis de contravention mentionnant l'ensemble des informations prévues aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route, en application de l'article A 37-9 du code de procédure pénale a été envoyé automatiquement par courrier au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation ;

- le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée établit la réalité des infractions commises au sens de l'article L.223-1 du code de la route.

Par une ordonnance du 16 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 septembre à 12 heures.

Par une lettre du greffier du 15 novembre 2022, M. B a été informé de ce que les pages paires de son mémoire en réplique était manquantes et a été invité à les faire parvenir au tribunal.

Par une ordonnance du 29 novembre 2022, l'instruction a été rouverte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, le rapport de M. C a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, titulaire d'un permis de conduire probatoire, a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 30 janvier 2017 à 21h18 (un point), 25 août 2017 à 05h11 (un point) et 7 avril 2018 à 08h41 (un point), 18 mars 2018 à 07h01 (un point), 20 mars 2018 à 6h41 (un point) et 28 mars 2018 à 12h45 (un point). Par une décision référencée " 48 SI " en date du 18 décembre 2018, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par une lettre non datée mais réceptionnée le 5 novembre 2020, M. B a présenté un recours gracieux tendant à l'abrogation ou au retrait des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées le 30 janvier 2017, 25 août 2017, 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018, et 28 mars 2018, ainsi qu'à l'abrogation ou au retrait de la décision référencée " 48 SI " du 18 décembre 2020. Le silence conservé par le ministre de l'intérieur pendant une durée de deux mois à compter de la réception de cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 18 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 30 janvier 2017, 25 août 2017, 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions portant retrait de points :

S'agissant des infractions constatées les 30 janvier 2017 constatées par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :

2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route: " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif. ".

3. Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L.225-1 à L. 225-9. III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. ".

4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

5. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 30 janvier 2017 a été relevée par la voie d'un radar automatique sans interception et a donné lieu, ainsi que cela ressort de la copie du relevé d'information intégral, à l'émission de titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée respectivement le 31 mai 2017. Le ministre de l'intérieur, qui s'est borné à soutenir que le requérant avait été destinataire d'un avis de contravention ou d'un avis de majoration de l'amende forfaitaire, n'apporte aucun élément de nature à établir que l'avis de contravention ou le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée ait été effectivement et régulièrement adressé à M. B, les mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de l'intéressé. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme ayant été informé dans les conditions prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et, par suite, il doit être regardé comme ayant été privé d'une garantie. Dès lors le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion de l'infraction du 30 janvier 2017 doit être accueilli.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen tiré de l'établissement de la réalité de l'infraction, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre le 30 janvier 2017.

S'agissant de l'infraction constatée le 25 août 2017 par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire :

7. En premier lieu, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du

22 avril 2021 concernant la situation de M. B que ce dernier s'est acquitté d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse constatée le 25 août 2017 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " (). / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. / () ".

9. Aux termes de l'article 529-1 du code de procédure pénale : " Le montant de l'amende forfaitaire peut être acquitté soit entre les mains de l'agent verbalisateur au moment de la constatation de l'infraction, soit auprès du service indiqué dans l'avis de contravention dans les quarante-cinq jours qui suivent la constatation de l'infraction ou, si cet avis est ultérieurement envoyé à l'intéressé, dans les quarante-cinq jours qui suivent cet envoi. ".

10. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police.

11. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. B, édité le 22 avril 2021, que l'infraction qui a été relevée le 25 août 2017 a donné lieu à une amende forfaitaire. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de l'infraction du 25 août 2017 est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de cette infraction doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre le 25 août 2017.

S'agissant des infractions constatées les 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018 constatées par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :

13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les infractions commises

les 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018 ont été relevées par la voie d'un radar automatique sans interception et qu'elles ont donné lieu, ainsi que cela ressort de la copie du relevé d'information intégral, à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées respectivement les 14 août 2018, 31 juillet 2018, 31 juillet 2018 (à nouveau) et 7 août 2018. Si le ministre de l'intérieur s'est borné à soutenir que le requérant avait été destinataire d'un avis de contravention ou d'un avis de majoration de l'amende forfaitaire, il ne verse aux débats aucun élément de nature à établir que l'avis de contravention ou le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée de ces quatre infractions auraient été effectivement et régulièrement adressé à M. B. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 7. du présent jugement, le requérant s'est acquitté d'une amende forfaitaire en raison d'une infraction pour un excès de vitesse qui a été constatée

le 25 août 2017 par un radar automatique qui a été enregistrée dans le fichier national du permis de conduire le 13 septembre 2017. Par suite, M. B, qui n'établit ni même n'allègue avoir changé de résidence ou s'être longuement absenté de sa résidence depuis que le paiement de l'amende forfaitaire précitée ne démontre pas qu'il n'a pas été rendu destinataire des avis de contravention ou du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée concernant les infractions relevées

les 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018. En outre, il est constant que ces infractions relèvent de la même catégorie d'excès de vitesse que celui commis le 25 août 2017. Ainsi, l'intéressé ne saurait sérieusement soutenir qu'il ignorait que ces infractions étaient susceptibles de générer une perte d'un point sur le solde afférent à son permis de conduire. Enfin, la seule circonstance que M. B n'ait pas été informé spécifiquement lors de la constatation de ces infractions de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité les décisions de retrait de points correspondantes. Dès lors, M. B ne peut être regardé comme ayant été privé lors de chacune de ces quatre infractions en litige de son droit à l'information qu'il tient des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et par suite, qu'il aurait été privé d'une garantie essentielle. Il suit de là que dans ces circonstances de l'espèce, le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion des infractions des 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018 doit être écarté.

14. En second lieu, en l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de

M. B, édité le 22 avril 2021, que les infractions contestées ont donné lieu, d'une part, à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée pour les infractions constatées les 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, qu'il aurait formé, dans le délai prévu à

l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction relevée à son encontre les 7 avril 2018, 18 mars 2018, 20 mars 2018 et 28 mars 2018.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire :

16. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressé avait commis six infractions les 30 janvier 2017 à 21h18 (un point), 25 août 2017 à 05h11 (un point) et 7 avril 2018 à 08h41 (un point), 18 mars 2018 à 07h01 (un point), 20 mars 2018 à 6h41 (un point) et 28 mars 2018 à 12h45 (un point). Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point 6. du présent jugement, le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision lui ayant retiré un point du solde afférent à son permis de conduire consécutivement à l'infraction relevée le 30 janvier 2017, et par voie de conséquence, il a droit à la restitution d'un point. Dès lors que M. B n'était titulaire que d'un permis provisoire doté d'un capital de six points à la date de la décision en litige, une telle restitution d'un point rend le solde de points de son permis de conduire positif, en l'état des énonciations au relevé d'information intégral édité le 22 avril 2021 versé aux débats par le ministre. Par suite, sur la base du calcul qui a été opéré, le ministre de l'intérieur ne pouvait régulièrement estimer que le permis de conduire de M. B avait perdu sa validité.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 18 décembre 2018 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet du recours gracieux :

18. Eu égard aux considérations énoncées aux points 6. et 17. du présent jugement, la décision implicite de rejet du ministre l'intérieur née le 6 janvier 2021 doit être annulée en tant qu'elle rejette le recours gracieux présenté contre la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction relevée le 30 janvier 2017 et en tant qu'elle rejette le recours gracieux présenté contre la décision référencée " 48 SI " du 18 décembre 2018 d'invalidation du permis de conduire.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

19. En premier lieu, le présent jugement qui annule la décision référencée " 48 " portant retrait d'un point consécutive à l'infraction relevée le 30 janvier 2017. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre toutes mesures utiles pour que le point retiré indûment soit restitué au solde afférent au permis de conduire de l'intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

20. En second lieu, le présent jugement qui annule la décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire provisoire de M. B implique que l'administration procède à une nouvelle évaluation du solde de points afférent au permis de conduire de l'intéressé. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite de M. B lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de point pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire provisoire, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution.

D E C I D E :

Article 1er : La décision, par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait d'un point du permis de conduire de M. B suite à l'infraction du 30 janvier 2017, est annulée.

Article 2 : la décision référencée " 48 SI " du 18 décembre 2018, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de point nul, est annulée.

Article 3 : La décision implicite, par laquelle le ministre l'intérieur a rejeté le recours gracieux présenté par M. B et réceptionné par l'administration le 6 novembre 2020, est annulé en tant qu'elle rejette le recours gracieux dirigé contre la décision de retrait de points annulée à l'article 1er et en tant qu'elle rejette le recours gracieux dirigé contre la décision d'invalidation du permis de conduire annulée à l'article 2.

Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le point illégalement retiré par la décision annulée à l'article 1er.

Article 5 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, son permis de conduire sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures prises à la suite de la commission d'autres infractions routières qui y feraient obstacles.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

S. C

La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2100977

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions