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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2101028

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2101028

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2101028
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre, JU
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2021, M. A C, représenté par

Me Iosca, demande au tribunal:

1°) d'annuler les décisions de retraits de points intervenues à la suite des infractions relevées les 15 mai 2015 à 05h14 (un point), 4 juin 2015 à 10h39 (un point), 22 juin 2015 à 20h25 (un point), 26 juin 2015 à 05h34 (un point), 8 juillet 2015 à 21h33 (un point) et 12 juillet 2015 à 06h35 (un point) ;

2°) d'annuler la décision référencée " 48SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur née le 12 janvier 2021 du silence gardé par le ministre de l'intérieur pendant deux mois, après réception

le 12 novembre 2020 de son recours gracieux contre la décision référencée " 48 SI "

du 10 mars 2016 et contre les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées les 15 mai 2015, 4 juin 2015, 22 juin 2015, 26 juin 2015, 8 juillet 2015 et

12 juillet 2015 ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Il soutient que :

- les décisions portant retrait de points sont intervenues à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité dès lors qu'il conteste avoir reçu préalablement l'information prévue aux articles L.223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2021, le ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de M. C.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors que :

- la décision du 10 mars 2016 mentionnait les voies et délais de recours,

- la notification de la décision précitée a fait courir le délai de recours rendant de

M. C forclos à la contester au-delà du délai de deux mois prévu par

l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir, à titre subsidiaire, que :

- le requérant a bénéficié de toute l'information préalable utile ; s'agissant de l'infraction commise le 4 juin 2015 et constatée par radar automatique : la preuve de délivrance de l'information préalable est établie par le paiement de l'amende forfaitaire prévue à

l'article 549 du code de procédure pénale ;

- s'agissant des infractions commises les 22 juin 2015, 26 juin 2015, 15 mai 2015 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015 et constatées par radar automatique : la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par les attestations de paiement émises par le trésorier du Centre national de traitement-Contrôle et sanction Automatisés (CNT-CSA) démontrant le paiement de l'amende forfaitaire majorée par M. C ; ce dernier n'établit ni n'allègue avoir reçu un avis incomplet ou avoir formé une réclamation recevable sur le fondement de l'article 530 du code de procédure pénale ;

- la réalité des infractions est établie par les mentions " AF " et " AM " figurant sur le relevé d'information intégral de M. C.

Par ordonnance du 11 mars 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2021 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sébastien Delmas, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, a été entendu le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, a commis une succession d'infractions au code de la route l'ayant exposé à un retrait de points, notamment les 15 mai 2015 à 05h14 (un point), 4 juin 2015 à 10h39 (un point), 22 juin 2015 à 20h25 (un point), 26 juin 2015 à 05h34 (un point), 8 juillet 2015 à 21h33 (un point) et 12 juillet 2015 à 06h35 (un point). Par une décision référencée " 48 SI " du 10 mars 2016, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par une lettre du 9 novembre 2020, réceptionnée par l'administration le 12 novembre 2020,

M. C a formé un recours gracieux tendant à ce que soient retirées la décision référencée " 48 SI " du 10 mars 2016 portant invalidation de son permis de conduire ainsi que les décisions référencées " 48 " portant retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées les 15 mai 2015, 4 juin 2015, 22 juin 2015, 26 juin 2015, 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015. Le silence conservé par le ministre de l'intérieur pendant une durée de deux mois à compter de la réception de la demande de M. C a fait naître une décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 10 mars 2016 portant invalidation de son permis de conduire, des décisions référencées " 48 " portant retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées

les 15 mai 2015, 4 juin 2015, 22 juin 2015, 26 juin 2015, 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 12 novembre 2020.

Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions référencées " 48 " :

En ce qui concerne les moyens tirés du défaut d'information du requérant préalablement aux décisions de retrait de points en litige :

2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

3. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".

4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

S'agissant de l'infraction constatée le 4 juin 2015 par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire :

5. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 11 juin 2021 concernant la situation de M. C que ce dernier s'est acquitté le 18 août 2015 d'une amende forfaitaire correspondant à l'infraction d'excès de vitesse commise le 4 juin 2015 et constatée par un radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. En outre, M. C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.

S'agissant des infractions constatées les 15 mai 2015, 22 juin 2015, 8 juillet 2015, 12 juillet 2015 et 26 juin 2015 constatées par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :

6. Le ministre de l'intérieur fait valoir que M. C s'est acquitté de l'amende forfaitaire majorée correspondant aux infractions relevées les 15 mai 2015, 22 juin 2015,

26 juin 2015, 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015. Il produit cinq attestations de paiement établies le 29 mars 2021 par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé selon lesquelles les cinq titres exécutoires établis à la suite de ces infractions les 26 août 2015, 21 octobre 2015,

18 novembre 2015, 18 novembre 2015 (à nouveau) et 25 novembre 2015 ont fait l'objet d'un paiement. Or, le paiement des amendes forfaitaires majorées établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée qui comporte les informations requises par les articles

L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dès lors, en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute la réalité du paiement ainsi attesté, ce document, dont les mentions sont suffisamment précises, permettent d'établir que l'intéressé s'est acquitté de l'amende forfaitaire correspondant aux infractions relevées les 15 mai 2015, 22 juin 2015,

26 juin 2015, 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information prescrite à l'article L. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion de l'infraction des 15 mai 2015, 22 juin 2015, 26 juin 2015, 8 juillet 2015 et

12 juillet 2015 doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens tirés du défaut d'établissement de la réalité des infractions ayant donné lieu aux décisions de retrait de points en litige :

7. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " (). / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. / () ".

8. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police.

9. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".

10. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

S'agissant de l'infraction constatée le 4 juin 2015 par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire :

11. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. C, édité le 11 juin 2021 par le ministre de l'intérieur, que l'infraction relevée le 4 juin 2015 a fait l'objet d'un paiement différé le 18 août 2015. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de cette infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité de l'infraction relevée le 4 juin 2015 doit être écarté.

S'agissant des infractions constatées les 15 mai 2015, 22 juin 2015, 8 juillet 2015, 12 juillet 2015 et 26 juin 2015 constatées par radar automatique et ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée :

12. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. C, édité le 11 juin 2021 par le ministre de l'intérieur, que les infractions contestées ont donné lieu, à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée en ce qui concerne les infractions relevées les 15 mai 2015, 22 juin 2015, 26 juin 2015, 8 juillet 2015 et 12 juillet 2015. Il ressort des cinq attestations de paiement établies le 29 mars 2021 par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé que M. C s'est acquitté les 27 juin et 20 juillet 2016 de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction relevée le 15 mai 2015, qu'il s'est acquitté

le 12 décembre 2016 de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction relevée

le 22 juin 2015, qu'il s'est acquitté le 19 février 2019 de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction relevée le 26 juin 2015, qu'il s'est acquitté les 29 janvier et 19 février 2019 de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction relevée 8 juillet 2015, et enfin qu'il s'est acquitté

le 29 janvier 2019 de l'amende forfaitaire majorée résultant de l'infraction relevée

le 12 juillet 2015. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, que ce dernier aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retraits de points consécutives aux infractions relevées les 15 mai 2015 à 05h14 (un point), 4 juin 2015 à 10h39 (un point), 22 juin 2015 à 20h25 (un point), 26 juin 2015 à 05h34 (un point), 8 juillet 2015 à 21h33 (un point) et 12 juillet 2015 à 06h35 (un point).

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée " 48 SI " et de la décision implicite de rejet du recours gracieux :

En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée

" 48 SI " :

14. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul, il résulte du relevé d'information intégral versé aux débats par le ministre de l'intérieur que cette autorité s'est fondée sur ce que M. C avait commis six infractions les 15 mai 2015 à 05h14 (un point), 22 juin 2015 à 20h25 (un point), 4 juin 2015 à 10h39 (un point), 8 juillet 2015 à 21h33 (un point), 12 juillet 2015 à 06h35 (un point) et 26 juin 2015 à 05h34 (un point). Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point 13. du présent jugement, aucune décision référencée " 48 " n'a été annulée, et aucun point n'a été restitué au requérant. Par suite, le solde de points du requérant était bien nul. Dès lors le ministre de l'intérieur ne pouvait légalement que constater la perte de validité du titre de conduite de M. C.

15. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision 10 mars 2016 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.

En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux :

16. Eu égard aux énonciations des points 13 et 15 du présent jugement, qui rejettent les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions référencées " 48 " portant retrait de points et contre la décision référencée " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite portant rejet de son recours gracieux reçu par le ministre de l'intérieur le 12 novembre 2020.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

17. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à le ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

S. B

La greffière,

S. SCHILDER La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2101028

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