jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PIEROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, M. E A, représenté par Me Pierot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil lui a refusé le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil dans le délai de trois jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil, Me Pierot, de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 75-I de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que l'OFII l'a privé de la procédure contradictoire préalable à toute décision de suspension des conditions matérielles d'accueil ;
- porte atteinte au droit d'asile et à son corollaire qu'est le droit aux conditions matérielles d'accueil, alors pourtant que la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation de vulnérabilité au regard des règles posées par l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'OFII ne démontre pas que le requérant a manqué à son obligation de se présenter aux autorités.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 17 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33 UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant afghan né le 21 mars 1995 à Logar (Afghanistan) a présenté une demande d'asile enregistrée en guichet unique, le 2 octobre 2018 avant d'être placé en procédure dite " Dublin " et d'accepter les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 24 mai 2019, M. A a fait l'objet d'une décision de suspension de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté son obligation de se présenter aux autorités. L'intéressé a présenté une nouvelle demande d'asile le 15 octobre 2020, il a sollicité, par l'intermédiaire de son conseil, le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 2 novembre 2020, le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil suite à leur suspension. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur le cadre juridique du litige :
2. La directive du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale vise à harmoniser les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile en leur garantissant un niveau de vie digne et des conditions de vie comparables dans l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Aux termes, toutefois, de l'article 20 de cette directive : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. () 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs () ".
3. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'État responsable (). / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". Aux termes de l'article L. 742-1 du même code : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre État qu'elle entend requérir, l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'État responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet État. L'attestation délivrée en application de l'article L. 741-1 mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'État responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet État ". L'article L. 744-1 de ce code dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive du 26 juin 2013, " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile (). Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre () ". Selon l'article L. 744-9 du même code : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre État responsable de l'examen de sa demande d'asile () ".
4. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
5. Il résulte des dispositions précédemment citées que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. En premier lieu, par une décision du 24 février 2020 régulièrement publiée, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a délégué sa signature à M. B D, directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Créteil, à l'effet de signer tous actes, décisions et correspondances se rapportant aux missions dévolues à la direction de Créteil telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII " et, en son article 12, que " les directions territoriales de l'office et les délégations qui leurs sont rattachées sont : () 9° la direction de Créteil, compétente pour les activités de l'OFII dans les départements de l'Essonne et du Val-de-Marne. Elle dispose d'une délégation à Evry ". Par suite, M. D était compétent pour édicter la décision attaquée.
7. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le point 1 de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, les articles L. 744-1 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le point 18 de la décision du Conseil d'Etat n° 428530 du 31 juillet 2019. Elle mentionne également que M. le requérant n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lorsqu'il a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII, qu'il ne présente pas de motifs légitime justifiant de l'inexécution de ses obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge et que l'évaluation de sa situation ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit donc être écarté comme manquant en fait.
8. En troisième lieu, si, en soutenant que la décision de suspension de ses conditions matérielles d'accueil n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable, M. A entend soulever, par voie d'exception, un moyen tiré de son illégalité, un tel moyen est inopérant dès lors que la décision en litige portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil n'a pas été prise pour l'application de la décision de suspension, laquelle ne constitue pas davantage sa base légale.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente () ".
10. Dès lors, ainsi qu'il a été dit au point 1 ci-dessus, que M. A a bénéficié d'une offre de prise en charge lors de son passage en guichet unique, le 2 octobre 2018, le moyen tiré de l'atteinte au droit d'asile, qui impose que les conditions matérielles d'accueil soient proposées aux primo-demandeurs d'asile, n'a en l'espèce pas été méconnu. De telles dispositions n'imposent en revanche pas que cette prise en charge soit réitérée lorsque le demandeur d'asile présente une seconde demande d'asile en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-1 précitées ainsi d'ailleurs que de l'atteinte au droit d'asile et de son corollaire, le droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, doit être écarté.
11. En cinquième lieu, les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du
29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
12. En l'espèce, la circonstance que la demande d'asile de M. A a de nouveau été enregistrée en " procédure normale " le 15 octobre 2020 n'imposait pas à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été convoqué par la direction territoriale de Créteil de l'OFFI pour un entretien de vulnérabilité le 2 novembre 2020. En outre, si M. A se prévaut devant le tribunal de problème de santé, il se borne à joindre à ses écritures un certificat médical émanant du Dr. Tortelli, psychiatre au groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences indiquant que le requérant souffre de troupes psychiatriques sévères et postérieur à la décision attaquée daté du 31 décembre 2020, soit postérieurement à la décision attaquée alors que l'intéressé n'a jamais demandé un avis médical à l'OFII au cours de la procédure. Enfin, s'il soutient qu'il vit dans une grande précarité et qu'il ne peut survenir à ses besoins, il n'apporte aucun élément de preuve au soutien de cette affirmation. Dans ces conditions, et alors qu'il a attendu le mois d'octobre 2020 pour en solliciter le rétablissement, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de son état de vulnérabilité dont serait entachée la décision attaquée, doit être écarté.
13. En dernier lieu, pour rejeter la demande de M. A tendant au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil, le directeur territorial de l'OFII à Créteil s'est fondé sur le double motif qu'il n'avait pas donné de motifs légitime justifiant de l'inexécution de ses obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge et que sa situation ne faisait pas apparaître de facteur particulier en matière d'accueil ni de besoin particulier en matière d'accueil. En l'espèce, si l'OFII rappelle, dans son mémoire en défense, que l'intéressé n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités alors que l'acceptation de l'offre de prise en charge des conditions matérielles d'accueil implique qu'il respecte les exigences des autorités chargées de l'asile et notamment du refus d'embarquer vers l'Allemagne du requérant le
14 mai 2019, d'une part, le requérant, qui a reconnu avoir délibérément refusé d'embarquer au cours de l'entretien effectué par l'OFII, n'apporte aucun élément de nature à justifier des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les exigences et les obligations qu'il avait acceptées lors de la décision d'attribution des conditions matérielles d'accueil, d'autre part, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, pour refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, le directeur territorial de l'OFII a également retenu à juste titre, ainsi qu'il ressort du point précédent, l'absence de facteurs particuliers de vulnérabilité ou de besoins particuliers en matière d'accueil. Ainsi, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation, que le directeur territorial de l'OFII à Créteil a rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du
2 novembre 2020 par laquelle le directeur territorial de l'OFII à Créteil a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
M. Potin
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026