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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103785

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103785

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103785
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantFAUVEAU IVANOVIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2021, M. A B, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et de lui verser rétroactivement les allocations pour demandeur d'asile à compter du 2 août 2019, dans le délai de huit jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à Me Fauveau Ivanovic au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision contestée :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ; il n'est pas établi qu'il aurait été informé de ses droits et ses obligations par écrit et en dari, la langue qu'il comprend ;

- a été prise en méconnaissance des articles L. 744-6, L.744-8 et D.744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des termes de l'article 20.5 de la Directive n°2013/33/UE en l'absence d'examen de sa situation particulière de vulnérabilité ;

- est entachée d'erreur de droit, dès lors que l'OFII n'a pas pu légalement suspendre les conditions matérielles d'accueil puisqu'à son retour en France, il bénéficiait plus de ces conditions, auxquelles son transfert aux autorités allemandes a mis fin ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le directeur général de l'OFII, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 avril 2021.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision attaquée présente un caractère superfétatoire dès lors que, en application de l'article L. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le transfert de M. B en Allemagne a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Timothée Gallaud, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan né le 1er janvier 1999 à Jalalabad (Afghanistan), demande au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes, d'une part, de l'article 18 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle peut être demandée avant ou pendant l'instance. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / () ".

3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 avril 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, qui est devenue sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans version applicable au litige : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui avait demandé l'asile en France le 13 octobre 2020 et a accepté le 14 octobre suivant les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII, a été transféré en Allemagne, Etat responsable de sa demande d'asile, le 7 janvier 2021, en exécution d'un arrêté du préfet de police du 25 novembre 2020. En application des dispositions précitées de l'article L. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce transfert a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait. Dans ces conditions, la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil du 23 février 2021 présente un caractère superfétatoire dès lors que le requérant ne bénéficiait plus desdites conditions avant même son intervention et qu'il n'avait pas encore sollicité à nouveau l'enregistrement de sa demande d'asile ni demandé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait antérieurement. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Fauveau Ivanovic et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

Le président-rapporteur,

T. GallaudL'assesseur la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

A. Perrin

La greffière,

O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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