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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2105029

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2105029

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2105029
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSAUDEMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 mai et 7 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Saudemont, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 par lequel la Préfecture du Val-de-Marne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;

2°) d'enjoindre à la Préfecture du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, assortie d'une autorisation de travail, dès la notification du jugement à intervenir, à renouveler jusqu'au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11- 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ajoutant des conditions non codifiées au renouvellement du titre et commet une erreur de fait s'agissant de la durée de la vie commune ;

- méconnaît les dispositions de l'article 10 paragraphe g de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en vertu duquel il aurait dû se voir délivrer de plein droit une carte de résident de 10 ans ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale compte tenu de sa durée de présence en France et des attaches familiales et des relations nouées sur le territoire national ;

- méconnaît les dispositions de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de l'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, compte tenu de sa durée de séjour et de travail en France et de l'absence de lien avec son pays d'origine ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence de considérations humanitaires et des motifs exceptionnels justifiant le renouvellement de son titre de séjour ;

- elle méconnaît les énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour le requérant.

La décision fixant le pays de destination :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- est entachée d'illégalité en ce que le préfet a omis, d'une part, d'examiner sa situation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, d'autre part, de prendre en considération l'absence de lien avec son pays d'origine.

La requête a été communiquée à la préfecture du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, substituant la base légale de la décision portant refus de titre de séjour, qui aurait dû être fondée sur le pouvoir dont dispose le préfet de régulariser de manière discrétionnaire une demande de titre de séjour " salarié " d'un ressortissant tunisien, et non sur les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, inapplicables aux ressortissants tunisiens sollicitant un tel titre de séjour.

Par ordonnance du 21 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 21 novembre 2021.

Des pièces présentées pour M. B ont été enregistrées le 7 septembre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourdin, conseillère rapporteure,

- et les observations de Me Saudemont, représentant M. B, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 29 septembre 1987 à Elguettar (Tunisie), a sollicité le 16 février 2021 le renouvellement d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-11 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 26 février 2021, le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai 30 jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L.313-11-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit: () 4o A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; ".

3. Il résulte de ces dispositions que la poursuite de la vie commune constitue l'une des conditions pour la délivrance du titre de séjour en application des dispositions susvisées. Il ne ressort pas, en outre, des termes de la décision, que le préfet se soit fondé sur des dispositions non codifiées pour apprécier la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11-4° ne peut qu'être écarté.

4. De même, M. B n'apporte aucun élément permettant de soutenir que la date effective de cessation de la vie commune, serait plus récente que celle indiquée dans l'arrêté préfectoral, la décision querellée faisant expressément référence aux dates de conclusions et de dénonciation du pacte civil de solidarité que le requérant avait conclu avec une ressortissante française. En tout état de cause, le seul motif tiré de la dissolution du pacte civil de solidarité suffit à fonder la décision, de sorte que l'erreur de fait alléguée est sans influence. Ce moyen doit également être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes du g de l'article 10 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () g) Au ressortissant tunisien titulaire d'un titre de séjour d'un an délivré en application des articles 5, 7 ter, ou 7 quater, qui justifie de cinq années de résidence régulière ininterrompue en France, sans préjudice de l'application de l'article 3 du présent Accord. ".

6. En l'espèce, il n'est pas contesté que le pacte civil de solidarité conclu avec une ressortissante française le 3 avril 2017 a été dissout le 31 octobre 2019. En outre, M. B ne produit aucun élément de nature à établir une présence régulière en France, antérieurement à la date de conclusion de ce pacte civil de solidarité, de sorte que la condition tenant à une présence régulière ininterrompue en France de cinq années n'était pas remplie à la date de la décision attaquée. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 10 g) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B est célibataire depuis la fin de l'année 2019, que son union avec une ressortissante française a duré deux années et demie et qu'il est sans charge de famille en France. Il n'apporte, aucun élément de nature à établir la présence en France et en situation régulière de son père, de sa sœur ainsi que de deux frères. De même, il ne justifie ni d'un hébergement, ni d'un emploi stable, ni de l'existence de liens personnels avérés en France, produisant uniquement à la date de la décision attaquée une domiciliation auprès d'un centre communal d'action sociale et un contrat d'insertion à durée déterminée au sein d'une association d'insertion pour une durée d'un an à compter du 20 novembre 2019, puis d'une promesse d'embauche par la même association pour une durée de quatre mois à compter du 12 décembre 2020. S'il invoque avoir quitté la Tunisie depuis l'âge de onze ans, l'absence de centre d'intérêt dans son pays d'origine est sans influence s'agissant de l'appréciation de son ancrage familial et personnel en France. Il ne démontre pas, en outre, être dépourvu d'attaches familiales à l'étranger, l'intéressé ne contestant pas que sa mère ainsi que huit des membres de sa fratrie y résident. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que l'erreur manifeste d'appréciation évoquée n'est pas établie.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er // reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention "salarié" // ". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 // ".

11. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 313-14 précité n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-14 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord.

12. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ces stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

13. Il résulte de ce qui précède que la préfète du Val-de-Marne ne pouvait légalement examiner et rejeter la demande de M. B en se fondant sur la circonstance que ce dernier ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 313-14 susmentionnées au titre d'une activité salariée. Toutefois, il est possible de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir, dont dispose le préfet, de régulariser ou non la situation d'un étranger, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'elle examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié présentée sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En l'espèce, M. B justifie d'un contrat à durée déterminée d'insertion d'une durée respectivement de douze mois, entre le mois de novembre 2019 et le mois de novembre 2020 ainsi que d'une promesse d'embauche par la même société pour le même type d'emploi pour une durée de quatre mois et d'avoir occupé le même type d'emploi dans le même cadre pour une durée de trois mois, entre les mois de mars et de mai 2021, en tant que peintre en bâtiment, profession pour laquelle il ne justifie, au demeurant, d'aucune formation. Or, cette circonstance ainsi qu'il a été dit précédemment n'est pas de nature à établir que la préfète aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant la régularisation de sa situation.

15. En dehors des cas où il satisfait aux conditions fixées par la loi, ou par un engagement international, pour la délivrance d'un titre de séjour, un étranger ne saurait se prévaloir d'un droit à l'obtention d'un tel titre. S'il peut, à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir formé contre une décision préfectorale refusant de régulariser sa situation par la délivrance d'un titre de séjour, soutenir que la décision du préfet, compte tenu de l'ensemble des éléments de sa situation personnelle, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation. Les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne constituent donc pas des lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge. M. B ne peut utilement invoquer les orientations de la circulaire du 28 novembre 2012 précitée.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant le refus de titre de séjour que M. B n'est pas fondé à exciper, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que comporte l'obligation de quitter le territoire français en litige sur sa situation personnelle et familiale.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant le refus de titre de séjour que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination.

19. En deuxième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné:/ 1°) A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile;/ Ou, en application d'un accord ou arrangement de réadmission communautaire ou bilatéral, à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité;/ 3°) Ou, avec son accord, à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible./ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.. ". Ces dernières stipulations énoncent que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant le pays à destination duquel le requérant pourra être éloigné d'office, la préfète du Val-de-Marne aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation alors que la décision vise les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle mentionne que M. B est de nationalité tunisienne et qu'il sera reconduit dans le pays dont il a la nationalité ou dans tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible. Il résulte, en outre, des termes de l'article L.513-2 précité que l'intéressé ne peut se prévaloir utilement du fait de ne pas avoir vécu en Tunisie depuis l'âge de ses onze ans dès lors qu'il n'a pas fait valoir être légalement admissible dans un autre pays.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 février 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre des frais irrépétibles ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : la requête de M B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfecture du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Lacote conseiller.

Lu en audience publique le 23 septembre 2022.

Le rapporteur,

S. BOURDIN

Le président,

S. DEWAILLY

La greffière,

C. SISTAC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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