jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MARMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021, M. C B, représenté par Me Marmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2021 par lequel le préfet de la Côte d'Or lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte d'Or, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en ne prenant pas en compte l'évolution favorable de ses résultats académiques depuis 2018.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le préfet de la Côte d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2022 à 12 h 00.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 6 août 1995, est entré en France le 29 août 2014 muni d'un visa étudiant. Un certificat de résidence algérien lui a été délivré le 7 janvier 2015, régulièrement renouvelé jusqu'au 30 décembre 2018. Le 13 novembre 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 17 février 2021, dont il demande l'annulation, le préfet de la Côte d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que sont mentionnées l'ensemble des considérations de fait tenant aux conditions de séjour et à la situation personnelle et familiale de M. B, de sorte que le moyen tiré du défaut de motivation en fait dont serait entachée la décision contestée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention "étudiant" ou "stagiaire" ". Ces stipulations n'obligent pas l'administration à délivrer un certificat de résidence à tout étudiant algérien qui produit un certificat d'inscription dans un établissement d'enseignement, mais lui permettent d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser le droit au séjour de M. B, le préfet de la Côte d'Or s'est fondé, notamment, sur le manque de sérieux et d'implication du requérant dans les études entreprises depuis son entrée sur le territoire français en 2014. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été inscrit, pour l'année 2014-2015, en première année de licence de mathématiques informatiques à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, validée avec une moyenne générale de 10,331/20, puis qu'il a été ajourné trois fois, au titre des années 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018, la première fois en raison de ses absences injustifiées aux épreuves obligatoires, puis les deux fois suivantes en raison de ses résultats insuffisants, à raison de 8,794/20 et 9,534/20 de moyenne générale. S'il fait état de sa réorientation vers l'Ecole des technologies numériques appliquées dès 2018, puis de sa progression ensuite, au regard de son inscription à l'Institut national supérieur des technologies avancées à compter de 2019 et de ses bons résultats obtenus, M. B ne justifie pas suffisamment de sa progression par rapport aux nombreux échecs précédents et, dans les circonstances de l'espèce, de la réalité et du sérieux des études engagées depuis 2014. Par conséquent, M. B, qui a, en tout état de cause, sollicité une admission exceptionnelle au séjour et non la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Côte d'Or aurait porté une appréciation erronée sur sa situation au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
6. En troisième lieu, en l'absence de tout motif exceptionnel ou considération humanitaire à l'appui de sa demande, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Côte d'Or aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation à son égard.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour sont rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, en l'absence d'illégalité entachant la décision portant refus de séjour, M. B n'est pas fondé à en exciper de l'illégalité, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
9. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B est présent en France depuis sept ans à la date d'édiction de la décision contestée. S'il fait valoir la présence en France de sa mère et de sa soeur, la circonstance qu'il y a construit sa vie et y dispose de nombreux amis, il n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France, alors qu'il a vécu jusqu'à ses 19 ans en Algérie où résident également son père, son frère ainsi qu'une sœur. Dans ces conditions, en prenant la mesure contestée, le préfet de la Côte d'Or n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale et, par suite, n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions présentées par M. B, dirigées contre l'arrêté du préfet de la Côte d'Or du 17 février 2021 sont rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme réclamée par le préfet de la Côte d'Or au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Etat (préfet de la Côte d'Or) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Marmin.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 mai 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or et à la préfète du Val-de-Marne en ce qui les concernent et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026