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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107591

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107591

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantWAK-HANNA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 août 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le 13 août 2021 au greffe du présent tribunal, M. A B, représenté par Me Wak-Hanna, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 9 août 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, d'examiner sa situation dans le cadre d'un rendez-vous en Préfecture dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet des Hauts-de-Seine) le versement d'une somme de 2.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision lui refusant un délai de départ volontaire n'est pas motivée et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la décision portant interdiction de retour doit tre annulée par voie de conséquence.

Le 16 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a communiqué des pièces mais n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- l'ordonnance de la vice-présente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 12 août 2021 transmettant au tribunal administratif de Melun la requête de M. B au motif de la résidence déclarée de l'intéressé à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne),

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 19 septembre 2022, en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et du préfet des Hauts-de-Seine ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 21 mai 1992 à Zarzis, entré en France le 19 avril 2011 selon ses dires, indique avoir bénéficié de titres de séjours pour soins du 28 août 2013 au 1er décembre 2019. Par un arrêté du 28 novembre 2019, le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son titre de séjour et la requête formée par l'intéressé contre cette décision a été rejetée par le tribunal administratif de Versailles par un jugement du 16 mars 2020. Interpellé sur la voie publique pour conduite avec un téléphone en mains et défaut de permis de conduire le 9 août 2021, il a fait l'objet, le même jour d'une obligation de quitter le territoire français sans délai par le préfet des Hauts-De-Seine. Par une requête enregistrée le 11 août 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. B a demandé l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () . ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;; () ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes enfin de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

3. En l'espèce, il est constant que M. B n'a pas respecté une précédente obligation de quitter le territoire français, y compris après le rejet de sa requête par le tribunal administratif de Versailles intervenu le 16 mars 2020. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en lui refusant un délai de départ volontaire, le préfet des Hauts-de-Seine aurait entaché sa décision d'une erreur de droit.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

5. Si l'intéressé soutient que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces stipulations, il est constant qu'il est célibataire et sans enfants, ne dispose pas d'un logement en propre, étant hébergé par un membre de sa famille. Le moyen sera donc écarté.

6. En troisième lieu, le requérant ne fait valoir aucune circonstance particulière lui permettant de soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire et prononçant à son encontre une interdiction de retour pour une durée de un an serait entachée d'une erreur d'appréciation, le renouvellement de son titre de séjour en qualité de malade ayant été refusé et l'intéressé n'ayant pas respecté, comme il l'a été dit plus haut, une précédente obligation de quitter le territoire français.

7. Par suite, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée dans l'ensemble de ses composantes.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet des Hauts-de-Seine et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

Le magistrat désigné, La greffière,

Signé : M. D : M. C

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine et à la préfète du Val-de-Marne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. C

N°2107591

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