lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | WILHELM & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 août 2021, 13 septembre 2021 et 20 juillet 2022, le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B, la société Val Fontenay, la société Les Vallées, la société STAP, la société Nexialis, la société Soremi Fontenay, la société Intalio et la société Val Fontenay représentés par le cabinet Wilhelm et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à la SCI Vendôme bureaux un permis de démolir une construction sur un terrain situé 5-7 avenue du Val de Fontenay (Fontenay-sous-Bois) ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en particulier, elle n'est pas tardive et ils ont intérêt à agir, en qualité de voisin immédiat, pour contester le permis de démolir en litige ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme dès lors que le plan de situation ne permet pas de situer le terrain à l'intérieur de la commune, que le plan de masse joint à la demande ne permet pas d'apprécier avec précision l'étendue des démolitions et que les photographies ne présentent qu'une vue partielle de l'immeuble ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dès lors que le bâtiment qui doit être démoli est d'une importance et d'une esthétique particulière et qu'il s'implante à proximité immédiate d'un immeuble identifié comme bâtiment remarquable, ce qui est de nature à compromettre la cohérence du quartier Val de Fontenay ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-3 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas assorti de prescriptions de nature à assurer la protection des câbles à haute tension sur l'avenue Val de Fontenay et à minimiser la gêne causée à l'exploitation des lignes de bus les plus proches, malgré les observations formulées par RATP infrastructure.
Par des mémoires enregistrés les 27 octobre 2021 et 28 octobre 2022, la SCI Vendôme bureaux, représentée par le cabinet Adden avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 18 mai 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par le cabinet DS avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de Me Lopez-Longueville, représentant le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres, de Me Savereux-Joly, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois, et de Me Cessac, représentant la SCI Vendôme bureaux.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 février 2021, le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à la SCI Vendôme bureaux un permis de démolir une construction sur un terrain situé 5-7 avenue du Val de Fontenay. Par un courrier du 23 avril 2021 dont il a été accusé réception le 26 avril suivant, le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B, la société Val Fontenay, la société Les Vallées, la société STAP, la société Nexialis, la société Soremi Fontenay, la société Intalio et la société Val Fontenay ont demandé au maire de retirer cet arrêté. Du silence gardé par le maire de Fontenay-sous-Bois sur ce recours, une décision implicite de rejet est née le 26 juin 2021. Le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 délivrant le permis de démolir ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande comprend : () / b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; / c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants. ".
3. Il ressort du dossier de demande de permis de démolir qu'il comprend un plan de situation PD 1 permettant de situer le terrain et un plan de masse PD 2 faisant apparaître les démolitions envisagées, lequel n'avait pas à faire état, contrairement à ce que soutiennent les requérants, d'une cloison périmétrique située en sous-sol. Ce même dossier comprend, par ailleurs, une pièce PD 3 composée de quatre photographies prises sous différents angles et représentant le bâtiment destiné à être démoli dans son environnement. Par suite, alors que les requérants se bornent à soutenir que le dossier de demande de permis de démolir ne permet pas de " situer le terrain dans son environnement lointain et d'apprécier l'impact visuel du projet de démolition " le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dans toutes ses branches.
4. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " () Le permis de démolir peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti ou non bâti, du patrimoine archéologique, des quartiers, des monuments et des sites. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la construction dont la démolition est prévue, qui ne fait l'objet d'aucune protection, s'inscrit dans un quartier hétérogène ne présentant pas de caractéristiques architecturales particulières, à l'exception d'un immeuble situé à proximité immédiate et identifié comme " bâtiment remarquable " par le plan local d'urbanisme de Fontenay-sous-Bois. Les requérants n'établissent pas que la démolition projetée serait par elle-même de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur de cet immeuble alors que, au demeurant, ces deux bâtiments, dont les dates de construction sont distantes de vingt ans, ne partagent pas de caractéristiques architecturales communes. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. ". L'article R. 111-2 du même code dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Enfin, l'article R. 111-3 de ce code dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est susceptible, en raison de sa localisation, d'être exposé à des nuisances graves, dues notamment au bruit. ".
7. D'une part, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2, à le supposer opérant, n'est pas, en tout état de cause, assorti de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
8. D'autre part, la commune de Fontenay-sous-Bois étant couverte par un plan local d'urbanisme, les requérants ne peuvent, ainsi qu'il résulte de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme précité, utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-3 de ce code. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dernières dispositions, qui est inopérant, ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres une somme de 1 200 euros à verser à la commune de Fontenay-sous-Bois et une autre somme de 1 200 euros à verser à la SCI Vendôme bureaux au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B et autres versera une somme de 1 200 euros à la commune de Fontenay-sous-Bois et une autre somme de 1 200 euros à la SCI Vendôme bureaux sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires SDC Fontenay 2 B, à la société Val Fontenay, à la société Les Vallées, à la société STAP, à la société Nexialis, à la société Soremi Fontenay, à la société Intalio, à la société Val Fontenay, à la commune de Fontenay-sous-Bois et à la SCI Vendôme bureaux.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. B, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026