jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108460 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne l'a suspendu de ses fonctions à compter du 15 septembre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret du 7 août 2021 et a suspendu sa rémunération durant la période de suspension ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de rétablir son traitement ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous astreinte de cent euros par jour de retard, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir.
Il soutient que :
- la décision attaquée, qui est constitutive d'une sanction disciplinaire grave et lourde, ne pouvait être prononcée à son encontre sans respecter les garanties de la procédure disciplinaire (communication du dossier, respect du principe du contradictoire, convocation du conseil de discipline) ;
- une sanction disciplinaire ne peut être prise sans respecter le principe du contradictoire garanti par l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et constitutif d'un principe général du droit rappelé par la décision du Conseil constitutionnel n° 2019-781 QPC ;
- la loi du 5 août 2021, qui méconnaît le principe d'égalité, est inconstitutionnelle ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en raison de l'inconstitutionnalité et de l'inconventionnalité d'une mesure de suspension sans traitement en méconnaissance du principe du contradictoire, la mesure de suspension ne peut intervenir qu'en application de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983, c'est-à-dire avec maintien du traitement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, le centre hospitalier du
Sud Seine-et-Marne, représenté par Me Eyrignoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B.
Il soutient que :
- la requête est manifestement irrecevable ;
- la suspension prononcée à l'encontre de M. B ne constitue pas une sanction disciplinaire visant à réprimer une faute qu'il aurait commise ; en conséquence, la procédure disciplinaire ne s'imposait pas avant l'adoption de cette mesure ; les moyens tirés de la méconnaissance de la Constitution et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent donc qu'être écartés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 modifié ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, aide-soignant, affecté au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a, par une décision du 13 septembre 2021 du directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, été suspendu de ses fonctions à compter du 15 septembre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret du 7 août 2021 et privé de sa rémunération durant la période de suspension.
2. Par la présente requête, et contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier du
Sud Seine-et-Marne, qui se prévaut d'une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité manifeste de la requête présentée par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'intéressé, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, a, indiqué en objet " recours pour excès de pouvoir contre une suspension d'un fonctionnaire avec interruption de traitement ". Pour aussi regrettable que soit la mention de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2021.
3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " (), les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
4. Aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique (). / II. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, détermine les conditions de vaccination contre la covid-19 des personnes mentionnées au I du présent article. Il précise les différents schémas vaccinaux et, pour chacun d'entre eux, le nombre de doses requises. / Ce décret fixe les éléments permettant d'établir un certificat de statut vaccinal pour les personnes mentionnées au même I et les modalités de présentation de ce certificat sous une forme ne permettant d'identifier que la nature de celui-ci et la satisfaction aux critères requis. Il détermine également les éléments permettant d'établir le résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 et le certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 ". Aux termes de l'article 13 de cette loi : " I - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : / 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1°. / (). / II. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 justifient avoir satisfait à l'obligation prévue au même I ou ne pas y être soumises auprès de leur employeur lorsqu'elles sont salariées ou agents publics. / () ". Et aux termes de l'article 14 de la même loi : " I. - (). / B. - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / (). / III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit. / () ".
5. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que la suspension de fonctions, assortie d'une suspension de traitement, dont a fait l'objet M. B, a été prise sur le fondement des dispositions de la loi du 5 août 2021 précitées au point 3. du présent jugement. Or, la mesure par laquelle un agent public est suspendu de ses fonctions, assortie de la suspension de son traitement, expressément prévue par les dispositions du III de l'article 14 de la loi du
5 août 2021, que l'employeur met en œuvre lorsqu'il constate que cet agent public ne peut plus exercer ses fonctions en application du I de cet article 14, s'analyse comme une mesure prise dans l'intérêt de la santé publique, destinée à lutter contre la propagation de l'épidémie de covid-19 dans un objectif de maîtrise de la situation sanitaire, et n'a pas vocation à sanctionner un éventuel manquement ou agissement fautifs commis par cet agent public, qui demeure soumis aux dispositions relatives aux droits et obligations conférés aux agents publics, particulièrement à celles de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement soutenir que la décision en litige serait constitutive d'une sanction disciplinaire qui aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière sans respecter les garanties attachées à la procédure disciplinaire. Il suit de là que les moyens soulevés par M. B tirés de ce que la décision attaquée du 13 septembre 2021 a été prise en méconnaissance des garanties reconnues en matière disciplinaires, tenant à la communication du dossier, au respect du principe du contradictoire et à la convocation d'une commission de discipline, et en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
6. En deuxième lieu, si M. B se prévaut de l'inconstitutionnalité de la loi du 5 août 2021, ce moyen n'a pas été présenté par mémoire distinct dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionnalité et n'est donc pas recevable.
7. En troisième et dernier lieu, les dispositions précitées de l'article 14 de la loi du
5 août 2021 prévoient expressément que la suspension des fonctions " s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération ". Il suit de là que M. B ne peut utilement soutenir, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, que la mesure de suspension ne pouvait être prise que sur le fondement des dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 en vertu duquel le fonctionnaire suspendu conserve ses droits à traitement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, qui ne comporte que des moyens irrecevables et inopérants, ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne demande sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 5 décembre 2024.
La présidente de la 9ème chambre,
S. BONNEAU-MATHELOT
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026