lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2021, M. B F et Mme A C, représentés par Me Gaentzhirt, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 avril 2020 par lequel le maire de Boissy-Saint-Léger a délivré à Mme D un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée section AK n° 83 située 25 avenue Louis Walle (Boissy-Saint-Léger) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boissy-Saint-Léger et de une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en particulier, elle n'est pas tardive et, en qualité de voisins immédiats, ils justifient d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté en litige méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dès lors que le plan de masse joint à la demande de permis de construire n'est pas côté en trois dimensions et ne précise pas la dimension des espaces verts ; la demande ne comprenait pas de plan de bornage permettant de délimiter les limites du terrain d'assiette du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le document d'insertion du projet est incomplet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet ne prend pas toutes les précautions pour assurer la stabilité de la construction ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 3.4 de ce règlement dès lors que l'implantation du projet ne tient pas compte de l'orientation, de la topographie des lieux et de l'implantation des constructions voisines ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 5.2 de ce règlement dès lors que la surface dédiée aux espaces verts ne représente pas 40 % de la surface totale du terrain ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 6 de ce règlement dès lors que le projet en litige ne prévoit pas d'emplacement de stationnement pour les vélos ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet présente des risques pour la sécurité compte tenu de de l'excavation dangereuse réalisée par la pétitionnaire et sans protection, mettant ainsi en péril la sécurité de ses voisins.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, la commune de Boissy-Saint-Léger, représentée par le cabinet Lonqueue - Sagalovistch - Eglie - Richters et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. F et Mme C le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour, d'une part, être tardive et, d'autre part, en l'absence de justification, par les requérants, de leur qualité de voisin du projet ;
- les moyens soulevés par M. F et Mme C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2022, Mme G D, représentée par la SCP Saïdji et Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. F et de Mme C le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour être tardive ;
- les moyens soulevés par M. F et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de Me Santangelo, représentant la commune de Boissy-Saint-Léger.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 avril 2020, le maire de Boissy-Saint-Léger a délivré à Mme G D un permis de construire une maison d'habitation sur une parcelle cadastrée section AK n° 83 située 25 avenue Louis Walle (Boissy-Saint-Léger). Par un courrier du 1er juin 2021, M. B F et Mme A C ont demandé au maire de retirer ce permis de construire. En l'absence de réponse, leur recours gracieux a été implicitement rejeté par une décision née le 1er août 2021. M. F et Mme C demandent au tribunal d'annuler le permis de construire délivré le 24 avril 2020.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage. ". L'article A 424-16 de ce code dispose que : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; ".
3. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur le permis et le lieu de consultation du dossier, les dispositions citées au point précédent ont pour objet de mettre les tiers à même, à la seule lecture du panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet et de consulter le dossier du permis, le délai de recours ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier.
4. Pour établir que le permis de construire, qui a été délivré le 24 avril 2020, a été affiché régulièrement et de manière continue pendant deux mois sur le terrain, les défendeurs produisent l'attestation renvoyée le 12 septembre 2020 par Mme D à la mairie de Boissy-Saint-Léger selon laquelle la pétitionnaire atteste avoir affiché, le jour même, mention du permis de construire sur le terrain situé 25 avenue Louis Wallé et que cet affichage sera assuré sans interruption pendant une durée d'au moins deux mois. Ils produisent également deux photographies du panneau d'affichage dont une tirée du site Internet Google Maps. Ces documents ne sont pas utilement contestés par les requérants. Il résulte de ces pièces que le permis de construire en litige a été affiché sur un panneau de taille réglementaire et qu'il comporte, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les mentions prévues aux articles R. 424-15 et A. 424-16 du code de l'urbanisme. Il suit de là que le délai de recours contentieux de deux mois a commencé à courir à l'égard des requérants le 12 septembre 2020 et était en conséquence expiré en juin 2021 lorsqu'ils ont exercé leur recours gracieux à l'encontre de la décision attaquée. Il s'ensuit que ce recours gracieux n'a pu proroger le délai de recours contentieux ouvert contre l'arrêté du 24 avril 2020. Dans ces conditions, la commune de Boissy-Saint-Léger et Mme D sont fondées à soutenir que la requête enregistrée au greffe du tribunal le 30 septembre 2021 est tardive et, par suite, irrecevable.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir des requérants, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F et Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Boissy-Saint-Léger et de Mme D, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que M. F et Mme C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. F et Mme C une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Boissy-Saint-Léger et une autre somme de 1 000 euros à verser à Mme D au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et de Mme C est rejetée.
Article 2 : M. F et Mme C verseront, ensemble, une somme de 1 000 euros à la commune de Boissy-Saint-Léger et une autre somme de 1 000 euros à Mme D sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, à Mme A C, à la commune de Boissy-Saint-Léger et à Mme G D.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. E, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. E
La greffière,
G. AUMOND
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026