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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2109112

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2109112

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2109112
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantLATOURNERIE WOLFROM AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Meliodon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 2 septembre 2021 par laquelle le maire de Bry-sur-Marne a mis fin à son contrat ;

2°) d'enjoindre à la commune de Bry-sur-Marne de procéder à sa réintégration avec reconstitution de sa carrière dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de Bry-sur-Marne à lui payer la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice subi dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Bry-sur-Marne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'a pas refusé le renouvellement de son contrat ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la rupture de son contrat aurait dû donner lieu à la consultation de la commission consultative paritaire en application des dispositions de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la rupture de son contrait aurait dû donner lieu à un entretien préalable en application des dispositions de l'article 42 du décret du 15 février 1988 ;

- elle méconnait les dispositions de l'article 40 du décret du 15 février 1988 relatives au préavis à respecter en cas de licenciement ;

- elle aurait dû percevoir une indemnité de licenciement et une indemnité compensatrice de congés annuel non pris en application des dispositions des articles 43, 45 et 46 du décret du 15 février 1988 ;

- les manquements fautifs de la commune lui ont occasionné un préjudice indemnisable à hauteur de 15 000 euros.

Par un mémoire en défense, présenté par Me Cabot et enregistré le 23 décembre 2022, la commune de Bry-sur-Marne, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le courrier du 2 septembre 2020 dont la requérante demande l'annulation n'est pas décisoire ;

- la requête est tardive dès lors que le courrier du 2 septembre 2020 a été notifié à la requérante le 2 octobre 2020 et que la requête a été enregistrée plus d'un an après cette date, alors que le recours gracieux produit par la requérante n'est pas daté ;

- aucun des moyens soulevés par la requête n'est fondé.

Par ordonnance du 3 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 août 2023 à 12h00.

Un courrier a été enregistré pour Mme B le 3 juillet 2024, postérieurement à la clôture, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n°84-16 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Issard,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- les observations de Me Langlade, représentant la commune de Bry-sur-Marne,

- la requérante n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée en qualité d'adjointe technique contractuelle par la commune de Bry-sur-Marne à compter du 21 novembre 2005 par plusieurs actes d'engagement successifs et en dernier lieu par un acte d'engagement d'un an prenant effet le 1er septembre 2019. Par un courrier en date du 30 juin 2020, le maire de Bry-sur-Marne lui a fait parvenir une proposition d'avenant renouvelant son contrat du 1er septembre 2020 au 31 août 2020. Par un courrier en date du 5 août 2020, l'adjoint au maire lui a fait parvenir une deuxième proposition d'avenant renouvelant son contrat du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020 à laquelle la requérante n'a pas répondu. Par un courrier en date du 2 septembre 2020, la commune a informé l'intéressée de ce que son contrat de travail avait pris fin le 31 août 2020 en raison de son refus de le renouveler. Mme B demande l'annulation de ce courrier ainsi que l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison des agissements fautifs de la commune.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il résulte, par ailleurs, du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an.

4. Il ressort des pièces du dossier que le courrier du 2 septembre 2020, dont la requérante demande l'annulation, lui a été notifié le 2 octobre 2020. Si l'intéressée soutient avoir présenté un recours gracieux à l'encontre de ce courrier, le document qu'elle produit à ce titre n'est ni daté, ni assorti d'une preuve de dépôt ou d'un accusé de réception, et n'a donc pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours raisonnable mentionné au point précédent. La requête ayant été enregistrée le 7 octobre 2021, soit postérieurement à l'expiration d'un délai d'un an, et alors que Mme B ne se prévaut d'aucune circonstance particulière, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir tirée de sa tardiveté présentée par la commune.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans son ensemble.

Sur les frais liés au litige

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bry-sur-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme que demande la collectivité au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bry-sur-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Bry-sur-Marne.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Leconte, première conseillère,

Mme Issard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

La rapporteure,

C. ISSARD

La présidente,

I. BILLANDON La greffière,

C. TRÉMOUREUX

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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