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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2109809

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2109809

lundi 12 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2109809
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantCABINET FRECHE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 octobre 2021 et 9 juin 2022, la SCCV Bois-Galon, représentée par le cabinet Frêche et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a constaté la caducité du permis de construire délivré le 24 janvier 2017 en vue de la construction d'un bâtiment à usage mixte d'habitation et de commerce-artisanat sur un terrain situé 61 rue du Bois Galon ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté en litige est entaché d'un vice de procédure dès lors que la date de notification du permis de construire et de la décision constatant la caducité du permis de construire n'est pas établie ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la décision par laquelle l'administration a retiré la décision de retrait du permis de construire du 24 janvier a eu pour effet d'interrompre le délai de caducité du permis, délai qui a été à nouveau interrompu par l'arrêté du 6 avril 2020 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a interdit la tenue ou la reprise des chantiers jusqu'à la levée de l'état d'urgence sanitaire ou l'abrogation de cet arrêté.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par le cabinet DS avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCCV Bois-Galon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la SCCV Bois-Galon ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cabal,

- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,

- et les observations de Me Marrot, représentant la SCCV Bois-Galon, et de Me Savereux-Joly, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois.

Considérant ce qui suit :

1. La SCCV Bois-Galon demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Fontenay-sous-Bois du 21 mai 2021 constatant, après une visite sur place effectuée le 23 février 2021 qui a relevé l'absence de travaux, la caducité du permis de construire qu'il avait délivré le 24 janvier 2017 à la SAS Deal pour la construction d'un bâtiment à usage mixte de logement et de commerce-artisanat et qu'il lui avait transféré par un arrêté du 16 avril 2018 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 23 septembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année () ". Le délai de validité d'un permis de construire est interrompu lorsqu'un fait imputable à l'administration est de nature à empêcher la réalisation ou la poursuite des travaux. Le délai de validité court à nouveau dans son intégralité à compter de la date à laquelle le fait de l'administration cesse de produire ses effets.

3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 20 avril 2017, le maire de Fontenay-sous-Bois a retiré le permis de construire délivré le 24 janvier 2017 à la SAS Deal pour la construction d'un bâtiment à usage mixte de logement et de commerce-artisanat. Le 6 juillet 2017, il a ensuite procédé au retrait de cet arrêté. Dans ces conditions, la durée de validité du permis de construire, qui a été interrompue à compter du 20 avril 2017, a commencé à courir pour trois nouvelles années à compter du 6 juillet 2017, soit jusqu'au 6 juillet 2020. Par ailleurs, par un arrêté du 6 avril 2020, publié le 10 avril 2020, le maire de Fontenay-sous-Bois a interdit la tenue ou la reprise des chantiers de travaux publics ou privés sur l'ensemble du territoire communal. Si l'exécution de ce dernier arrêté a d'abord été suspendue par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun du 30 avril 2020, puis si cet arrêté a été annulé par un jugement n° 2003128 devenu définitif du même tribunal du 7 février 2022, il est intervenu pendant la durée de validité du permis de construire et doit, par suite, être regardé comme un fait imputable à l'administration ayant été de nature à empêcher la réalisation des travaux jusqu'à ce que le juge des référés du tribunal administratif ait rendu son ordonnance. Enfin, et contrairement à ce qu'affirme la commune de Fontenay-sous-Bois, la nature règlementaire de cet acte illégal est sans incidence sur la circonstance qu'il constitue un fait de l'administration dès lors qu'il était opposable à la société requérante. Dans ces conditions, au 23 février 2021, date à laquelle la visite sur place a été réalisée, la société requérante n'ayant pu bénéficier d'une période de trois ans consécutifs pour commencer les travaux dont l'expiration eût été de nature à entraîner la péremption du permis, la SCCV Bois-Galon est fondée à soutenir que l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme.

4. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 21 mai 2021 ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux doivent être annulés.

5. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de ces décisions.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Fontenay-sous-Bois au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la SCCV Bois-Galon qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCCV Bois-Galon et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a constaté la caducité du permis de construire délivré le 24 janvier 2017 dont la SCCV Bois-Galon est titulaire ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux née le 23 septembre 2021 sont annulés.

Article 2 : La commune de Fontenay-sous-Bois versera à la SCCV Bois-Galon la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Fontenay-sous-Bois tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Bois-Galon et à la commune de Fontenay-sous-Bois.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. B, président,

Mme Morisset, première conseillère,

M. Cabal, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.

Le rapporteur,

P.Y. CABAL

Le président,

M. B

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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