jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111001 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre DALO |
| Avocat requérant | FROGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 30 novembre 2021, le 27 septembre 2022 et le 25 novembre 2022, M. D C, représenté par Me Froger demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers frais et dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros, sous réserve que ce conseil renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- par une décision du 9 mars 2020, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; il n'a pas refusé le diagnostic social qui était préconisé, il a seulement précisé à l'association qu'il était suivi par le centre médico-psychologique de Villiers sur Marne ; compte tenu de sa situation de handicap, il valait mieux que l'association s'adresse directement avec l'assistante sociale le suivant ; son logement était sur-occupé, car si officiellement 5 colocataires étaient hébergés, en pratique, le logement était occupé par 7 à 8 personnes compte tenu de la présence des compagnes des colocataires ; la saturation de la cuisine l'obligeait à se nourrir à l'extérieur à un coût excédant ses moyens financiers ; son revenu réel n'est que de 785 euros, soit un revenu de 903 euros auquel s'ajoute l'allocation d'aide au logement pour 208 euros, moins la retenue pratiquée par le " 115 " et une dette liée à un séjour hospitalier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut à la limitation de l'indemnisation accordée en ne retenant comme point de départ de la période de responsabilité que le 9 septembre 2020.
Il fait valoir que :
- l'intéressé a été reconnu comme prioritaire au titre du droit au logement opposable en tant que " dépourvu de logement et hébergé ", et non en raison d'une situation de sur-occupation de son hébergement ; il a intégré un logement le 13 mars 2021 avec une chambre de 10,21 m² dans un appartement collectif de 97 m² qui n'était pas sur-occupé ; puis, il a été relogé le 14 mars 2022 dans un logement de catégorie T2 de 46 m2 au 2, boulevard du docteur A à Melun dans le cadre d'un contrat de bail ;
- l'intéressé a refusé de se plier au diagnostic social que la commission de médiation avait préconisé ; l'association ARILE a estimé qu'il n'était pas prêt au logement, ce qui empêche la présentation de sa candidature aux commissions d'attribution de logements ; ce diagnostic a été préconisé par la commission de médiation sur la base d'un rapport avec l'assistante sociale du centre médico-psychologique de Villiers-sur-Marne qui observe que les problèmes de santé et d'hébergement de l'intéressé justifient un accompagnement pour l'aider dans ses démarches.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. B, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T2, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 9 mars 2020 de la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-et-Marne. En l'absence de relogement, M. C a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 29 juillet 2021, par le préfet de Seine-et-Marne qui l'a rejetée implicitement. Par sa requête, M. C demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court en Seine et Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 9 mars 2020 M. C s'était vu reconnaître le droit au logement opposable à un logement de type T1/T2 par la commission de médiation, pour le motif suivant : " dépourvu de logement / Hébergé chez un particulier ". Ainsi, l'obligation pesant sur l'Etat née à l'expiration d'un délai de six mois après la décision de la commission de médiation est née le 9 septembre 2020. Toutefois, par cette même décision, la commission de médiation du Val-de-Marne a préconisé un diagnostic social de l'intéressé afin de favoriser son relogement. Dans le cadre de son exécution, M. C s'est vu attribuer une chambre individuelle de 10,21 m2 le 13 mars 2021 au sein d'un appartement collectif de 97 m2 régi par les dispositions de l'article L. 632-1 du code de la construction et de l'habitation. Si le requérant fait valoir que le logement de transition où il était logé était sur-occupé dès lors que ses colocataires hébergeaient leurs compagnes, ce qui générait une situation de promiscuité notamment autour des équipements communs, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations. En outre, il ressort de l'extrait de l'application " SYPLO ", versé aux débats par le préfet, que M. C a signé le 14 mars 2022 pour lui seul d'un logement de type T2 de 46 m². Dans ces conditions, s'il est constant que la mise en place d'un accompagnement social à l'accès au logement de M. C a été difficile à mettre en œuvre, compte tenu de ce que M. C n'a pas restitué à l'Arile son diagnostic social signé établissant son engagement personnel dans le processus de relogement, le requérant doit être regardé comme ayant bénéficié d'une intégration progressive dans le logement à compter du 13 mars 2021 conforme aux prescriptions et aux préconisations de la commission de médiation libérant l'Etat de son obligation de résultat à son égard. Dans ces conditions, si M. C est fondé à soutenir que la responsabilité de l'Etat est engagée à son égard au titre de la carence fautive à le loger, la période d'engagement de cette responsabilité doit être regardée comme s'achevant le 13 mars 2021.
4. En second lieu, compte tenu des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat à attribuer un logement au demandeur, de la durée de cette carence, soit six mois après l'obligation pesant sur l'Etat née à l'expiration d'un délai de six mois suivant la décision de la commission de médiation, et du nombre de personnes vivant au foyer pendant la période en cause, soit au total une personnes, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence en condamnant l'Etat à verser au requérant une somme de 200 (deux cents) euros.
Sur les frais d'instance :
5. En premier lieu, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. L'Etat étant la partie perdante, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Froger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 100 (mille cent) euros.
6. En second lieu, l'absence de justification de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. C une somme de 200 euros au titre des dommages-et-intérêts.
Article 2 : L'Etat versera à Me Froger une somme de 1 100 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Froger, au préfet de Seine-et-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le magistrat désigné,
S. B
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2111001
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026