vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2201110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LE SQUER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 janvier 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Melun la requête présentée par M. C B.
Par cette requête et un mémoire enregistrés le 7 janvier 2022 et le 30 mai 2022,
M. C B, représenté par Me Le Squer, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français:
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 3, alinéa 1er, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination:
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Navarro, substituant Me Le Squer, représentant
M. B, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant camerounais, né le 30 octobre 1989 à Douala (Cameroun), a déposé des demandes d'asile pour lui et pour sa fille mineure qui ont été rejetées par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le
4 novembre 2020, puis par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 26 février 2021. Par un arrêté du 8 décembre 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français:
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
3. L'arrêté du 8 décembre 2021, qui vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que la convention de Genève de 1951 sur le droit des réfugiés, mentionne, d'une part, que les demandes d'asile qu'il a formées pour lui-même et pour sa fille mineure ont été rejetées par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 4 novembre 2020, puis par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 26 février 2021 et, d'autre part, qu'il est célibataire et n'établit pas disposer de liens personnels et familiaux en France, ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, ni enfin qu'il serait exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans celui-ci. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. B soutient qu'il est entré en France le 20 juin 2017, en compagnie de sa fille D, née le 30 janvier 2014 à Douala, laquelle est scolarisée en école primaire à Nemours (Seine-et-Marne), que lui-même poursuit des études de chimie et s'est engagé dans des associations caritatives, que sa compagne, compatriote titulaire d'un titre de séjour pluriannuel, réside également en France et qu'ils avaient l'intention d'emménager ensemble durant l'été 2022. Toutefois, l'intéressé, domicilié à Nemours (Seine-et-Marne) ne justifie d'aucune vie commune avec sa compagne, domiciliée à Schiltigheim (Haut-Rhin) à la date de la décision attaquée, ni même n'indique la date à laquelle son couple s'est formé. En outre, l'intéressé n'établit pas qu'il ne pourrait pas reconstituer sa cellule familiale au Cameroun, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans et où il n'indique pas être dépourvu d'attaches familiales et personnelles. Enfin, la seule durée de son séjour en France ne peut suffire à établir que le centre de ses intérêts se situe dans ce pays. Ainsi, eu égard à ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier, d'une part, qu'il existerait un obstacle à ce que la fille mineure de M. B poursuive sa scolarité au Cameroun ni, d'autre part, qu'il justifierait contribuer à l'éducation de la fille de sa nouvelle compagne. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. En cinquième lieu, il ne résulte pas de ce qui précède qu'en obligeant
M. B à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne aurait entaché sa décision d'un erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination:
10. En premier lieu, la décision, qui vise notamment l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité du requérant et indique qu'il n'établit pas être soumis à des tortures ou à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. La décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
11. En deuxième lieu, il ne résulte pas de ce qui précède que le préfet de l'Essonne ne se serait pas livré à un examen de la situation de M. B.
12. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, la décision fixant le pays de destination ne l'est pas davantage.
13. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, est illégal. Par suite, les conclusions à fin d'annulation, ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2201110
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026