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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2203985

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2203985

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2203985
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantFERRACCI VANINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, Mme C B, M. I B et Mme E D, représentés par Me Savignat, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2022 par lequel le maire de Saint-Maur-des-Fossés a délivré à Mme F G un permis de construire portant sur la rénovation et la surélévation d'un bâtiment existant et la construction d'une maison individuelle, sur la parcelle cadastrée 68 L 13 située 9, rue Félix Mathieu ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'erreurs et d'incomplétude : il contient des indications erronées quant à la destination des surfaces en rez-de-chaussée ; il aurait dû comprendre, en application de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, un plan de division ainsi qu'un projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs ; la représentation des limites de propriété est entachée d'incohérences ; il ne comprend pas les documents prévus par le f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire attaqué ne permet pas de régulariser des travaux et un changement de destination antérieurs non autorisés ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article U. 3-4-3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Maur-des-Fossés, faute pour la pétitionnaire de justifier du dimensionnement suffisant des installations de rétention qu'elle envisage d'installer en amont du raccordement, par la production de plans et notes de calcul appropriées, et de l'autorisation de raccordement au réseau public ;

- il méconnaît l'article U. 3-7-11 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnaît l'article U. 3-9-1 du règlement du PLU et 1.3.1 du règlement de la zone orange du plan de prévention des risques inondations de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne respectivement relatifs à l'emprise au sol et à l'emprise réelle au sol inondable ;

- il méconnaît enfin l'article U. 3-11-1 du règlement du PLU prévoyant que pour les bâtiments situés en zone inondable, les parties des constructions situées en-dessous de la côte des plus hautes eaux connues doivent permettre l'expansion et le retrait des eaux.

La requête a été communiquée à la commune de Saint-Maur-des-Fossés qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 juillet 2022 et 23 février 2024, Mme G, représentée par Me Ferracci, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 29 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2024 à midi.

Une pièce complémentaire, présentée par la commune de Saint-Maur-des-Fossés en réponse à une demande de pièces, a été enregistrée le 6 août 2024 et a été communiquée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

Une pièce complémentaire, présentée par les requérants en réponse à une demande de pièces, a été enregistrée le 10 octobre 2024 et a été communiquée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Prissette,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- les observations de Me Savignat, représentant les requérants,

- et les observations de Me Ferracci, représentant Mme G.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 8 mars 2022, le maire de Saint-Maur-des-Fossés a délivré à Mme G un permis de construire portant sur la rénovation et la surélévation d'un bâtiment existant et la construction d'une maison individuelle, sur la parcelle cadastrée 68 L 13 située 9 rue Félix Mathieu. Les requérants ont demandé l'annulation de cet arrêté. En cours d'instance un permis de construire modificatif a été délivré à Mme G pour le même projet le 18 décembre 2023, à l'encontre duquel les requérants n'ont pas formulé de conclusions ni de moyens.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. / () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 de ce dernier code dans sa rédaction alors applicable : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. / Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. () / La preuve de la réception des actes par le représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement peut être apportée par tout moyen. L'accusé de réception, qui est immédiatement délivré, peut être utilisé à cet effet mais n'est pas une condition du caractère exécutoire des actes. () ". Selon l'article R. 2122-7 de ce code : " La publication des arrêtés du maire peut être constatée par une déclaration certifiée du maire. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 10 juillet 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune du 3ème trimestre, M. J H, adjoint au maire de Saint-Maur-des-Fossés et auteur de la décision attaquée, a reçu du maire de Saint-Maur-des-Fossés délégation de fonction et de signature pour recevoir, préparer, instruire et exécuter les actes de toutes natures, prendre des décisions et procéder à toutes les actions relevant de la compétence du maire et relatifs, notamment, à l'urbanisme. Il résulte du cachet apposé sur cet arrêté qu'il a été, en outre, affiché du 10 juillet 2020 au 11 septembre 2020 et transmis au contrôle de légalité le 10 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de demande :

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En premier lieu, M. et Mme B et Mme D soutiennent que la destination d'habitation déclarée dans le formulaire Cerfa du dossier de demande d'autorisation serait erronée, le rez-de-chaussée de la construction existante disposant à l'origine d'une destination commerciale et cet espace étant désigné dans l'acte de propriété des requérants comme étant à usage commercial. Toutefois, s'il ressort en effet des pièces du dossier que la pétitionnaire a déclaré en dernier lieu une surface de 180 m2 existante à destination d'habitation, ainsi qu'une surface créée de 256 m2 également à destination d'habitation, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que l'absence de mention du changement de destination projeté du rez-de-chaussée aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'inexactitude du dossier de demande d'autorisation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : "Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".

7. En l'espèce, le projet de Mme G consiste à surélever et rénover un bâtiment et à construire une maison individuelle. Il ne ressort pas des pièces du dossier de demande d'autorisation qu'il prévoirait une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement des travaux. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier aurait dû comporter les pièces exigées par l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, et notamment un plan de division ainsi qu'un projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs. Il suit de là que le moyen ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, M. et Mme B et Mme D soutiennent que les limites de propriétés telles que représentées sur les plans de façade empièteraient respectivement de 2,19 mètres au Nord et de 1, 35 mètres au Sud sur leurs parcelles. Toutefois, les autres pièces du dossier de demande d'autorisation et notamment le " plan de bornage et de reconnaissance des limites " permettaient de donner au service instructeur les informations nécessaires pour l'appréciation de la conformité du projet à la réglementation applicable, les autorisations étant au demeurant délivrées sous réserve des droits des tiers. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () / ".

10. Les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis ne comprend pas d'attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de l'étude prévue par le f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme constatant que le projet prend en compte les conditions qu'il énonce au stade de la conception. Le dossier de demande d'autorisation contient l'attestation de l'architecte du projet du 3 janvier 2022 certifiant de la prise en compte du plan de prévention du risque inondation de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne. S'il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le terrain d'assiette du projet est également soumis au plan de prévention des risques de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols dans le département du Val-de-Marne ce plan recommande seulement la réalisation d'une telle étude pour les projets portant sur la construction de maisons individuelles ainsi que leurs extensions et annexes accolées. Dès lors qu'en l'espèce, le projet porte sur la rénovation et l'extension d'une construction existante et la construction d'une maison individuelle, le plan de prévention des risques de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols dans le département du Val-de-Marne n'imposait donc pas la réalisation d'une telle étude. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que le permis de construire est illégal, faute de porter sur de précédents travaux illégalement réalisés et un changement de destination non autorisé :

11. Lorsqu'une construction a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de déposer une déclaration ou de présenter une demande de permis portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.

12. En premier lieu, les requérants soutiennent que le pavillon dont la pétitionnaire est propriétaire a été agrandi et sa destination modifiée en vue de l'installation de cabinets médicaux, sans qu'elle ait préalablement obtenu les autorisations d'urbanisme requises.

13. Toutefois d'une part, le permis de construire attaqué autorise la réalisation de travaux conformes à la destination d'habitation déclarée dans le dossier de demande d'autorisation. D'autre part, en se bornant à produire un courriel des services du pôle urbanisme de la commune de Saint-Maur-des-Fossés indiquant " après vérification par nos services nous vous informons que nous n'avons pas de permis de construire entre 1980 et le 31 mai 2020 ", sans apporter aucun élément sur la nature de l'agrandissement en cause ou sur la réglementation applicable à la date desdits travaux, les requérants ne peuvent être regardés comme établissant que les travaux d'agrandissement en question étaient soumis à l'obtention d'un permis de construire, alors au demeurant que le titre de propriété produit en défense mentionne que " le pavillon a été agrandi à la fin des années 1980 après l'obtention des autorisations administratives nécessaires ".

14. En second lieu, les requérants soutiennent que les ouvertures des façades du pavillon sur rue ont été modifiées sans autorisation. Si Mme G reconnaît que des travaux non autorisés, portant notamment sur la modification des ouvertures de la façade sur rue, ont été réalisés sans autorisation et ont fait l'objet d'un arrêté interruptif de travaux, ces derniers ont été déclarés à l'appui de la demande de permis de construire. En effet, les plans font apparaître, outre l'état initial du projet et l'état projeté, son état existant. En outre, la notice architecturale du projet précise que " les portes ont changé de position, tandis que de nouvelles fenêtres ont été posées ". Dès lors, la demande de Mme G porte bien sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier les ouvertures des façades du pavillon tel qu'il avait été initialement approuvé.

15. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire est illégal, faute de régulariser des travaux et un changement de destination antérieurs non autorisés, doit être écarté dans ses deux branches.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U. 3-4-3 du règlement du plan local d'urbanisme :

16. D'une part, aux termes de l'article U. 2-4-3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, alors applicable : " Les rejets de descentes d'eaux pluviales sur le domaine public ne sont pas autorisés sur le trottoir ou sur le caniveau de la chaussée / () lorsque la rétention de toutes les eaux de pluie sur la parcelle n'est pas possible, le propriétaire peut solliciter l'autorisation de raccorder ses eaux de ruissellement au réseau à la condition que ses installations soient conformes aux prescriptions techniques définies par le règlement d'assainissement en vigueur / () le propriétaire ou l'aménageur doit justifier le dimensionnement suffisant des installations de rétention qu'il envisage d'installer en amont du raccordement, par la production de plans et notes de calcul appropriées ".

17. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; (). Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente ne peut exiger du pétitionnaire la production de pièces autres que celles prévues par le code de l'urbanisme.

18. S'il revient au pétitionnaire de justifier du dimensionnement suffisant des installations de rétention qu'il envisage d'installer en amont du raccordement, les requérants ne peuvent néanmoins utilement soutenir que le dossier de demande aurait dû comprendre les notes de calcul relatives au dimensionnement des installations de rétention des eaux pluviales et l'autorisation de raccordement au réseau public, ces pièces n'étant pas requises par les dispositions réglementaires du code de l'urbanisme.

19. En l'espèce, la notice architecturale jointe à la demande d'autorisation indique " un récupérateur d'eau de pluie sera disposé sous le bâtiment B notamment pour l'arrosage des espaces verts. Le terrain sera raccordé au réseau d'eau de pluie pour le trop plein ". En outre, les différents plans joints au dossier de demande du permis contesté font apparaître le raccordement au réseau d'eau de pluie, les emplacements des gouttières, chéneaux et descentes d'eaux pluviales et l'emplacement de la cuve de récupération des eaux. Si le volume de stockage n'est pas indiqué, les requérants n'établissent pas que ces installations seraient insuffisantes, alors que les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme n'imposent pas que soit précisé le débit de fuite rejeté dans le réseau collecteur. Au surplus, l'arrêté attaqué contient une prescription selon laquelle " l'attention du pétitionnaire est attirée sur les dispositions réglementaires à mettre en œuvre afin de gérer les eaux pluviales en limitant l'imperméabilisation du terrain, en favorisant l'évaporation et l'évapotranspiration ainsi que l'infiltration à la parcelle des eaux de pluies courantes pour tendre à l'objectif " zéro rejet " au réseau ". Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U. 3-7-11 du règlement du plan local d'urbanisme :

20. Aux termes de l'article U. 3-7-11 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Maur-des-Fossés alors applicable : " Pour les constructions existantes non conformes aux dispositions générales : - Dans une bande de 20 mètres de profondeur comptés perpendiculairement à l'alignement : - la surélévation des constructions doit être réalisée dans le prolongement des murs existants ou sans réduire le retrait existant par rapport aux limites séparatives ; - l'extension au sol des constructions doit être réalisée dans le prolongement des murs existants ou sans réduire le retrait existant par rapport aux limites séparatives latérales. () "

21. Les requérants soutiennent que l'extension de la construction existante vient neutraliser le retrait qui existait en venant s'implanter sur la limite séparative Nord-Est, en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment initial était implanté sur toute la longueur de la limite séparative, sans retrait. Cette implantation n'est pas modifiée par la partie du projet visée par les requérants, qui constitue au demeurant une construction nouvelle et non une construction existante, ainsi que cela ressort tant des plans joints à la demande d'autorisation que des termes de l'arrêté du 8 mars 2022 qui prescrit " le projet sera réalisé en limite séparative sans retrait ni débord ". Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet aurait pour effet de réduire le retrait existant, en méconnaissance des dispositions de l'article U. 3-7-11 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U.3-9-1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article 1.3.1 du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation :

22. Aux termes de l'article U. 3-9-1 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable : " l'emprise au sol maximale des constructions est fixée à 40 % de la superficie du terrain ". Aux termes de l'article 1.3.1 du règlement du plan de prévention du risque inondation de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne, s'agissant des constructions nouvelles à usage d'habitation : " l'emprise réelle au sol inondable, telle que définie au titre I, chapitre 4 - définition 7 du présent règlement, est limitée à 30 % en zone orange foncé () ".

23. Le lexique du plan local d'urbanisme définit l'emprise au sol des constructions comme " leur projection verticale au sol, exception faite des éléments de modénature, des éléments architecturaux, des débords de toiture, des éléments d'isolation par l'extérieur des constructions existantes (de 30 cm d'épaisseur maximum), les débords de dispositifs techniques liés à la production d'énergies renouvelables, des oriels et des balcons en saillie de 1,5 m de profondeur maximum, des terrasses non couvertes de plain-pied avec le terrain naturel ou surélevées de 60 cm maximum par rapport au terrain naturel ". Le règlement du plan de prévention des risques inondations définit quant à lui l'emprise au sol inondable comme " la projection verticale des bâtiments au sol. Toutefois, ne seront pas pris en compte dans le calcul de l'emprise au sol, tous bâtiments ou parties de bâtiments, construits au-dessus des plus hautes eaux connues (P.H.E.C) sur une structure de type pilotis ou en encorbellement, ne portant pas atteinte aux capacités d'écoulement et de stockage des eaux ".

24. En l'espèce, Mme G a produit spontanément à l'appui de son second mémoire en défense le permis de construire modificatif qui lui a été délivré le 18 décembre 2023 pour tenir compte de l'évolution de son projet. Après avoir initialement déclaré une emprise au sol de 361 m2 et une emprise au sol réelle inondable de 257, 3 m2, elle a indiqué en dernier lieu, à l'appui de sa demande d'autorisation modificative, une emprise au sol de 348 m2, correspondant à 38, 1% de la surface totale du terrain, et une emprise réelle au sol inondable de 258.5 m2, correspondant à 28, 3% de la surface totale du terrain. Ainsi qu'il a été dit au point 1, les requérants n'ont pas développé de moyen à l'encontre de ce permis modificatif.

25. D'une part, si M. et Mme B et Mme D soutiennent à bon droit que les surfaces correspondant aux parties construites sur pilotis doivent être prise en compte dans le calcul de l'emprise au sol des constructions, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale, que ces surfaces ont effectivement été incluses par la pétitionnaire dans le calcul de l'emprise au sol des constructions projetées. D'autre part, le règlement du plan de prévention du risque inondation précité exclut expressément du calcul de l'emprise réelle au sol inondable les parties de bâtiments construites au-dessus des plus hautes eaux connues sur une structure de type pilotis, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces mêmes surfaces auraient dû être incluses dans le calcul de l'emprise réelle au sol inondable. La circonstance que ces pilotis soient implantés sur une dalle en béton, qui ne peut être regardée comme une partie de bâtiment génératrice d'emprise au sol, est à cet égard sans incidence. Il suit de là que le projet, modifié le 18 décembre 2023, est conforme aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme et du plan de prévention du risque inondation applicables. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U. 3-11-1 du règlement du plan local d'urbanisme :

26. Aux termes de l'article U.3-11-1 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Maur-des-Fossés alors applicable : " () pour les bâtiments situés en zone inondable, les parties des constructions situées en-dessous de la côte des plus hautes eaux connues doivent permettre l'expansion et le retrait des eaux ".

27. M. et Mme B et Mme D soutiennent que l'emprise du nouveau logement " B ", pour sa partie qui n'est pas sur pilotis, se situe en-dessous de la côte des plus hautes eaux connues, de sorte que la réalisation d'une dalle en béton à cet endroit obèrerait toute possibilité d'expansion de la crue. Toutefois, en se bornant soutenir qu'une dalle en béton a été réalisée, au demeurant sur une partie seulement du terrain d'assiette du projet, les requérants ne sauraient être regardés comme établissant que les parties de constructions situées sous le niveau des plus hautes eaux connues feraient obstacle au retrait et à l'expansion des eaux, alors qu'il ressort des plans que ces espaces, à usage de garage et de local poubelle uniquement, ont été conçus avec des ouvertures et en tenant compte des prescriptions du plan de prévention du risque inondation applicable. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

28. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2022. Leurs conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B et Mme D demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

30. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 800 à verser à Mme G au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. et Mme B et Mme D est rejetée.

Article 2 : M. et Mme B et Mme D verseront une somme globale de 1 800 euros à Mme G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, M. I B et Mme E D, à la commune de Saint-Maur-des-Fossés et à Mme F G.

Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

Mme Prissette, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

L. PRISSETTE

La présidente,

I. GOUGOTLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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