jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204325 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GONIDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 avril 2022, enregistrée le 28 avril 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. C.
Par cette requête enregistrée le 11 avril 2022, M. B A, représenté par Me Gonidec, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision de la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 9 mars 2022, portant cessation des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont il bénéficiait ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile et de lui verser rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile à compter de l'arrêt des versements, dans le délai de trois jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il a répondu à l'intégralité des convocations de l'administration ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 mai 2024 à midi.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né en 1990, a sollicité le bénéfice de l'asile en France le 25 juin 2021 et a accepté, le 7 juillet suivant, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Par un arrêté du 19 août 2021, le préfet de police de Paris a décidé son transfert aux autorités tchèques, responsables de sa demande d'asile. Le tribunal administratif de Paris a rejeté le 27 septembre 2021 le recours en annulation formé par l'intéressé contre cet arrêté de transfert. Le 9 janvier 2022, M. A a été placé en rétention en vue de son transfert vers la République Tchèque prévu le lendemain, qui n'a toutefois pu être exécuté en raison de son refus, réitéré à trois reprises, de se soumettre au test PCR nécessaire à son acheminement par avion. En conséquence, il a été placé en fuite par le préfet de police de Paris, qui a informé les autorités tchèques le 10 janvier 2022 de la prolongation du délai de transfert jusqu'au 27 mars 2023. Par un courrier du 26 janvier 2022, la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé M. A de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont il bénéficiait. Au terme de la procédure contradictoire, cette autorité a mis fin aux conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile de M. A par décision du 9 mars 2022, dont l'exécution a toutefois été suspendue par une ordonnance du juge des référés du tribunal en date du 23 mai 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision du 9 mars 2022.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes, d'une part, de l'article 18 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle peut être demandée avant ou pendant l'instance. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 juin 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, qui est devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : /()/ 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; /()/ ".
5. Pour décider la cessation des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont bénéficiait M. A, la directrice territoriale de Créteil de l'OFII s'est fondée sur le motif tiré de ce qu'il s'est abstenu de se rendre aux entretiens personnels fixés par l'administration concernant sa procédure d'asile. Toutefois, aucune des pièces produites par l'OFII ne permet de justifier ses allégations. S'il ressort des pièces du dossier que M. A a refusé à trois reprises de se soumettre au test PCR nécessaire à l'exécution de son acheminement par avion vers la République tchèque, pays responsable de sa demande d'asile, ces refus ne peuvent être regardés comme des refus d'entretiens personnels. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la directrice territoriale de Créteil de l'OFII a entaché sa décision d'une erreur de fait.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 9 mars 2022 est entachée d'illégalité et doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement implique nécessairement que l'OFII procède, sous réserve de changement de circonstances de fait et de droit, au rétablissement des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile au bénéfice de M. A, et lui verse rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile à compter de l'arrêt des versements. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à l'OFII d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gonidec, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Gonidec d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Article 2 : La décision du 9 mars 2022 de la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant cessation des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont bénéficiait M. A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement de procéder au rétablissement des conditions matérielles du demandeur d'asile de M. A et de lui verser rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile à compter de l'arrêt des versements.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Gonidec, avocate de M. A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administration et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Gonidec et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Leconte, première conseillère,
Mme Massengo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure
C. MASSENGO
La présidente,
I .BILLANDONLa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026