vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FERRACCI VANINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 mai 2022 et le 26 janvier 2023, Mme E I, Mme C F, M. D H, M. A G et M. D B, représentés par Me Ferracci, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le maire de Bois-le-Roi a délivré un permis de construire n° PC 077 037 21 00041 à la commune de Bois-le-Roi pour la construction d'une médiathèque " La Roseraie " sur un terrain situé 11 avenue Galliéni à Bois-le-Roi ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bois-le-Roi une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors que le panneau a été affiché sur le terrain côté avenue Galliéni à une date qui n'est pas connue ;
- la requête est recevable dès lors qu'ils sont propriétaires et résident sur des terrains situés à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet et que le projet est de nature à porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens aux motifs que le secteur d'implantation est un secteur intégralement résidentiel, caractérisé par des maisons d'habitation individuelles, que le projet consiste à construire un projet d'une forte emprise au style résolument contemporain, que le terrain d'assiette du projet constitue un jardin arboré qui a été aménagé en 2016 et qui a fait l'objet d'une subvention départementale, que le projet peut accueillir jusqu'à 266 personnes alors qu'il ne comporte que trois places de stationnement des véhicules, dont une place réservée aux PMR, une place de livraison, une place familles et sept places pour des vélos, ce qui va être de nature à générer d'importants problèmes de circulation et de stationnement dans la rue Pasteur, que la médiathèque permettra l'organisation d'événements de nature à créer des nuisances sonores pour les riverains et à affecter leur tranquillité, leur sécurité et l'attrait de leur quartier, que la médiathèque s'implante contre la maison de M. H, lequel sera privé de toute vue et luminosité, que la place de stationnement prévue qui jouxte sa maison sera de nature à générer des nuisances sonores et olfactives, que la centrale de traitement d'air sera de nature à créer des nuisances sonores, que Mme I, M. G et Mme F supporteraient un préjudice de vue et l'accès au terrain de M. B fait face au terrain d'assiette du projet, ce qui peut entraîner des stationnements sauvages venant obstruer cet accès ;
- le dossier de permis de construire est insuffisant dès lors que les pièces occultent intégralement la présence de ce parking et de la bibliothèque, ce qui a permis de dissimuler l'absence de nécessité du projet, la suppression de places de stationnement dans un secteur qui en manque et l'aspect traditionnel de l'actuelle bibliothèque ce qui fausse l'appréciation du service instructeur par rapport aux dispositions de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est insuffisant dès lors que les pièces du dossier, et notamment la notice paysagère, les photographies du secteur et le document d'insertion graphique, permettent insuffisamment de prendre connaissance de l'aspect du secteur environnant et de l'intégration architecturale du projet, ce qui a empêché le service instructeur de contrôler le respect par le projet des articles UA 11 et UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est incomplet en ce qui concerne la suppression de nombreux arbres, ce qui a empêché le service instructeur de contrôler le respect par le projet de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme dès lors que le projet prévoit un nombre de places de stationnement insuffisant pour un projet qui a vocation à accueillir jusqu'à 266 personnes de manière permanente dans un secteur qui présente des difficultés de stationnement ;
- il méconnaît les articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que, alors que le secteur se caractérise par des constructions d'origine rurale majoritairement en pierre de pays, des maisons bourgeoises de grande taille, des villas de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle à l'architecture recherchée, et la présence d'une importante végétation, la construction litigieuse consiste en un vaste bâtiment en rez-de-chaussée présentant un style contemporain, à la toiture plate, avec de grandes baies vitrées et des matériaux contemporains, de sorte que le projet, par sa nature, son type d'architecture, son gabarit et son implantation, sera de nature à porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme qui méconnaît les articles L. 151-9 et L. 151-16 du code de l'urbanisme dès lors que cet article a pour objet d'exonérer de places de stationnement un ensemble de destinations de constructions, et pas seulement les constructions à destination de commerce et d'appliquer aux CINASPIC une règle propre à une autre destination en opérant une distinction au sein de la zone UA entre les CINASPIC en fonction de leur localisation, alors que les linéaires commerciaux n'ont pas vocation à permettre la création de règles opposables aux CINASPIC et que cela tend à créer une nouvelle catégorie de destination, en méconnaissance du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet contesté est ouvert au public et à vocation culturelle et doit prévoir une place de stationnement pour 10 m² de surface de plancher soit 45 places de stationnement ;
- il méconnaît l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet prévoit l'abattage d'arbres de grand développement dans la marge de reculement et ne prévoit pas la plantation d'arbres de même espèce ou de même qualité paysagère.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 octobre 2022 et le 17 février 2023, la commune de Bois-le-Roi, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme I, Mme F, M. H, M. G et M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que, en ce qui concerne les atteintes d'ordre général, le terrain d'assiette du projet s'implante en zone UA qui a vocation à accueillir des services et activités, alors même que les habitations des requérants ne se situent pas dans cette zone qu'ils n'ont pas d'intérêt à défendre, qu'il ressort de nombreuses études que les usagers de la médiathèque s'y rendent via des modes de circulation doux tel que cela est constaté avec l'utilisation de l'actuelle bibliothèque et que l'accès principal de l'ouvrage se situe rue Galliéni, que les nuisances sonores ne sont pas établies eu égard au caractère ponctuel des événements et à l'aménagement intérieur du bâti qui intègre une isolation acoustique destinée à éviter toute nuisance sonore, et qu'en ce qui concerne les atteintes d'ordre particulier, la réalité du préjudice de perte d'ensoleillement et des nuisances olfactives et sonores invoqué par M. H n'est pas établie, que le préjudice de vue invoqué par Mme I, Mme F et M. G n'est pas établi dès lors que la disparition de la vue d'un parking non-aménagé ne leur cause pas d'atteinte, que Mme I et Mme F n'auront pas de vue sur le futur projet et que la réalité de l'atteinte invoquée par M. B en ce qui concerne l'accès à sa propriété depuis la rue Pasteur n'est pas établie ;
- le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire doit être écarté dès lors que la notice architecturale respecte l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme et à supposer que tel ne soit pas le cas, les autres documents du dossier présentent l'état initial du terrain, que le dossier respecte les c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, que le pétitionnaire n'était pas tenu de produire un reportage photographique exhaustif des maisons d'habitation, le service instructeur ayant pu apprécier la conformité du projet avec les dispositions des articles UA 11 et UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme, que la notice architecturale précise que le jardin présent à l'arrière du site sera conservé dès lors qu'il constitue une " vraie plus-value ", que seuls les arbres présents sur l'emprise de la construction seront abattus et remplacés et que le dossier comporte un plan des végétations, ce qui a permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors que l'utilisation de modes de circulation doux est établie, ce qui justifie le nombre de places de stationnement prévu par le projet qui est adapté à ses besoins ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que l'ensemble des habitations dont se prévalent les requérants se situe en zone UB et UC et non en zone UA, que la vocation de la zone UA est d'accueillir une pluralité de destination du bâti, en particulier des commerces et des services, que la rue Pasteur est concernée par trois zones attestant de l'absence d'homogénéité de ce secteur, que le parti pris architectural de la médiathèque est guidé par le souci de construire un bâti en simple rez-de-chaussée relevant d'une démarche environnementale, tant par ses matériaux que par sa consommation future, et qu'une importante végétation est prévue aux abords de la future médiathèque qui sera de nature à la masquer ;
- le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que la commune n'a pas soumis les équipements nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif au régime dérogatoire de l'article L. 151-16 du code de l'urbanisme mais a souhaité, en raison de leur nature particulière, favoriser leur implantation en zone urbaine et ainsi leur accorder le bénéfice des règles d'urbanisme dérogatoires aux règles générales, tout en limitant ce régime aux équipements implantés dans le périmètre de protection et de développement du commerce et, conformément à la vocation de la zone UA, la commune a souhaité mettre en œuvre au cœur de la zone urbaine un véritable pôle destiné à répondre aux besoins des administrés, et il ne saurait lui être reproché d'avoir limité géographiquement les cas de dérogations aux règles générales pour de tels ouvrages ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que le projet n'avait pas à prévoir de places de stationnement ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors qu'aucun arbre de grand développement n'est présent dans cet espace, que l'argumentation relative à la plantation d'arbres de la même espèce ou de la même qualité paysagère n'est pas assortie de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et que dix arbres seront plantés en lieu et places des sept supprimés.
Par une lettre du 26 janvier 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 10 février 2023.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 13 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferracci, représentant les requérants, et de Me Corneloup, représentant la commune de Bois-le-Roi.
Une note en délibérée présentée pour les requérants, par Me Ferracci, a été enregistrée le 3 juin 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 mars 2022, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de Bois-le-Roi a délivré à la commune de Bois-le-Roi un permis de construire pour la construction d'une médiathèque sur un terrain situé 11 avenue Gallieni à Bois-le-Roi sur les parcelles cadastrées section B n° 2283, 410, 410.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
4. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale mentionne que l'unité foncière présente une construction existante d'une emprise de 209 m² et que les documents d'insertion de l'environnement proche et de l'environnement lointain permettent de situer le terrain. La circonstance que le dossier de permis de construire ne mentionne pas l'existence d'une bibliothèque et d'un parking n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur eu égard aux éléments exigés par les dispositions précitées des articles R. 431-8 et suivants du code de l'urbanisme. Ensuite, il ressort de la notice architecturale qu'elle précise notamment que le terrain d'assiette du projet se situe à proximité de la gare et de la mairie de Bois-le-Roi au sein d'un tissu pavillonnaire en zone UA, centre de l'agglomération, et comporte un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel et le traitement des accès et du terrain, ainsi que deux documents photographiques permettant de situer le terrain dans l'environnement proche ainsi que dans le paysage lointain. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que le service instructeur a pu apprécier le secteur environnant et la conformité du projet, notamment aux dispositions de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le dossier comporte un plan de masse de l'existant qui fait apparaître, d'une part, les arbres existants conservés et ceux qui sont supprimés, ainsi que les arbres plantés et, d'autre part, les arbustes plantés, existants conservés et existants supprimés, un plan de masse de l'état projeté qui fait apparaître ces végétations, et une notice architecturale qui précise le traitement de la végétation et leur nature. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que le service instructeur a pu apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme :
5. Lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
6. Les requérants soutiennent que la règle fixée par l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme est illégale par la voie de l'exception. Toutefois, si cette règle n'est pas étrangère aux règles d'urbanisme applicables au projet, les requérants ne soutiennent pas que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions pertinentes remises en vigueur du fait de l'illégalité alléguée. Par suite, le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme, doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme :
7. Aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. / Les termes utilisés par le règlement national d'urbanisme peuvent être définis par un lexique national d'urbanisme, pris par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme ". Aux termes de l'article R. 111-25 de ce code, dans sa version en vigueur du 1er janvier 2016 au 21 décembre 2023 : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet. / Il ne peut être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement lors de la construction de logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'État. / L'obligation de réaliser des aires de stationnement n'est pas applicable aux travaux de transformation ou d'amélioration de bâtiments affectés à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'État, y compris dans le cas où ces travaux s'accompagnent de la création de surface de plancher, dans la limite d'un plafond de 50 % de la surface de plancher existant avant le commencement des travaux ".
8. Les requérants soutiennent que les besoins en stationnement, tant véhicules moteurs que deux-roues non motorisés, ont été sous-évalués. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe au cœur du centre d'agglomération de Bois-le-Roi qui est accessible en transports en commun et qui comporte des places de stationnement, et que l'actuelle bibliothèque ne comprenait pas de places de stationnement dédiées. Il ressort de la notice architecturale que deux places véhicules légers, une place de livraison, quatre places de stationnement pour les utilisateurs de la médiathèque sont prévues. En outre, il ressort des pièces du dossier que les habitants de Bois-le-Roi ont manifesté leur intention de favoriser les mobilités douces. Enfin, les manifestations organisées à la médiathèque seront ponctuelles, sa fréquentation n'aura pas davantage un caractère permanent et le nombre de 266 usagers correspond à la capacité maximale de celle-ci. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'auteur du permis de construire en litige aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant d'imposer la réalisation d'installations supplémentaires propres à assurer le stationnement des véhicules et deux roues non-motorisés en dehors des voies publiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des articles R. 111-27 et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme :
9. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans tous les secteurs : / Rappel : / L'article R. 111-27 du code de l'urbanisme indique : Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / () / Les toitures : Sont autorisés : - les toits composés d'un ou plusieurs éléments à deux versants dont la pente sera comprise entre 35 ° et 45 ° ; - les toits à la Mansart ; - les toits terrasses végétalisés. / () / Aspect extérieur : Les différents murs d'un bâtiment ou d'un ensemble de bâtiments, aveugles ou non, visibles ou non d'une voie publique, doivent présenter une unité d'aspect. / L'emploi à nu de matériaux destinés à être recouverts (carreaux de plâtre, brique creuse, parpaings, etc.) est interdit. Les limitations de matériaux telles que faux bois, fausses briques sont interdites. Les couleurs des matériaux de parement, des enduits et des peintures, des menuiseries extérieures, des clôtures, portails et portillons, doivent s'harmoniser entre elles et avec l'environnement de la construction et seront choisies parmi les teintes du nuancer normalisé RAL voir le document règlement - annexes - II nuancier. Les coffres des volets roulants ne doivent pas être visibles de la voie publique. () Les fenêtres visibles d'une voie ou d'un espace public seront plus hautes que larges. / () ". Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet se situe au sein de la zone UA, que le plan local d'urbanisme qualifie de " zone à caractère central, vouée à l'habitat et aux commerces, services et activités, qui en sont le complément normal. Elle couvre les centres anciens et se caractérise par une implantation dense et continue à l'alignement des voies " et que la construction projetée s'inscrit au sein d'un quartier de la commune, où sont édifiés des pavillons individuels qui, pour certains d'entre eux, présentent un intérêt architectural. D'autre part, si le projet est d'architecture moderne, il consiste en une construction en rez-de-chaussée dont les façades seront de couleur clair comportant des ensembles vitrés afin de caractériser un bâtiment lumineux, de sorte que le caractère imposant est minimisé. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée portera atteinte à l'environnement bâti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
11. D'une part, aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur du 1er janvier 2016 au 1er juillet 2023 : " Les destinations de construction sont : / () / 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; / () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu : " La destination de construction " équipements d'intérêt collectif et services publics " prévue au 4° de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme comprend les six sous-destinations suivantes : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, autres équipements recevant du public. / () ".
12. D'autre part, aux termes de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / Dans le secteur de protection et de développement de la diversité commerciale : Il n'est pas exigé de places de stationnement pour les destinations suivantes : commerce, artisanat, industrie, hébergement hôtelier, bureaux ou services publics ou d'intérêt collectif ".
13. Il ressort des pièces du dossier que l'accès à la médiathèque se situe rue Gallieni, qui appartient au secteur de protection et de développement de la diversité commerciale. Or, les dispositions de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'imposent pas de places de stationnement pour la médiathèque qui constitue un service public ou d'intérêt collectif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme :
14. Aux termes de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans tous les secteurs / Les espaces libres dans la marge de reculement : - la marge de reculement prévue à l'article 6 doit être traitée en jardin planté d'arbres, d'arbustes, faisant un écrin végétal et deux tiers, au moins, de la surface des espaces libres dans cette marge de reculement doivent être végétalisés. / Espaces libres hors de la marge de reculement : - au minimum, 80 % des espaces libres hors de la marge de reculement doivent être végétalisés. / Les arbres : Les implantations des constructions doivent tenir compte des arbres de grand développement existants (plus de 15 mètres à maturité) : - pour garantir le maintien et l'épanouissement du plus grand nombre dans de bonnes conditions ; - pour préserver les plus beaux sujets. / Une majorité de ces arbres devra être conservée dans la marge de reculement. / Les arbres existants situés à moins de deux mètres de la clôture sur la voie publique ou d'un sentier pourront être conservés. / Les arbres abattus pour les besoins de la construction devront être remplacés par la plantation d'arbres de même espèce ou de même qualité paysagère, dans des conditions assurant leur développement. / Au minimum, il y aura un arbre (de plus de 8 mètres à maturité) par 200 m² d'espaces libres. / Abattage hors des besoins de la construction : lorsque la coupe d'un arbre est rendue nécessaire pour des raisons sanitaires (arbres malade) et/ou de sécurité (arbre instable), l'arbre doit être remplacé dans ce cas, au même endroit ou à proximité, par un autre de même espèce ou de même qualité paysagère dans des conditions assurant leur développement. / Plantations indicatives : Voir le document Règlement - Annexes - III Plantations. / Alignement d'arbres à protéger, parcs ou jardins remarquables, terrains cultivés en zone urbaine identifiés au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : Voir le document Règlement - Annexes - IV Règles pour les éléments de paysage identifiés au titre des articles L. 151-19 et L. 151-23 du code de l'urbanisme ".
15. Les requérants soutiennent que le projet prévoit l'abattage d'arbres de grand développement dans la marge de reculement et ne prévoit pas la plantation d'arbres de même espèce ou de même qualité paysagère. Toutefois, s'il est constant que sept arbres existants seront abattus, il ressort des pièces du dossier que les espaces libres seront plantés d'arbustes et d'arbres, que l'arbre d'ampleur situé au centre de la parcelle, ainsi que trois arbustes de taille moyenne sont conservés, que dix arbres seront replantés et qu'ainsi quatorze arbres seront présents sur la parcelle. En outre, il ressort de la notice architecturale du projet que différentes espèces seront replantées comme le févier d'Amérique, l'amélanchier, l'arbre à caramel, le cornouiller du japon satomi rose et le merisier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le maire de Bois-le-Roi a délivré à la commune de Bois-le-Roi un permis de construire pour la construction d'une médiathèque sur un terrain situé 11 avenue Galliéni à Bois-le-Roi sur les parcelles cadastrées section B n° 2283, n° 410 et n° 411.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Bois-le-Roi qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bois-le-Roi et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme I, Mme F, M. H, M. G et M. B est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront solidairement à la commune de Bois-le-Roi la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E I, désignée représentante unique pour l'ensemble des requérants, et à la commune de Bois-le-Roi.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026