lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | VICTOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juin 2022 et 19 juillet 2023 M. C D, représenté par Me Victor, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire, sous un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à Me Victor, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été signé par une autorité compétente pour ce faire, faute de délégation de signature régulière ;
- cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- le refus de titre contesté est entaché d'un vice de procédure au regard de l'instruction interministérielle du 10 mars 2022, en l'absence de convocation à un entretien en vue de l'examen de sa situation ;
- il n'a pas été précédé d'un examen personnalisé ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le refus d'octroi d'une protection temporaire est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le refus de titre méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont illégales par la voie de l'exception d'illégalité.
La requête de M. D a été transmise le 1er juillet 2022 au préfet de Seine-et-Marne, lequel n'a pas produit de mémoire en défense.
Par lettre du 8 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que l'autorité préfectorale était en situation de compétence liée pour refuser à M. D le bénéfice de la protection temporaire, au motif que :
- d'une part, l'intéressé, ressortissant d'un pays tiers à l'Ukraine, ne disposait pas d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités ukrainiennes ;
- d'autre part, aucun arrêté interministériel n'a été pris sur le fondement de l'article R. 581-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2024, M. D a présenté des observations en réponse au moyen soulevé d'office.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 relative à la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 4 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte,
- et les observations de Me Dighiero-Brecht, substituant Me Victor, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant algérien né en 1992, a déclaré être entré en France le 26 février 2022. Il s'est vu remettre une autorisation provisoire de séjour le 6 avril 2022 afin de lui permettre de présenter une demande de titre de séjour et a transmis à la préfecture de Seine-et-Marne des pièces à cet effet par courrier du 14 avril 2022. Par un arrêté du 23 mai 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. Premièrement, l'arrêté attaqué a été signé par M. B A, nommé préfet de Seine-et-Marne par décret du président de la République du 30 juin 2021, publié le 1er juillet 2021 au Journal officiel de la République française (texte n° 62). Celui-ci était compétent tant pour prendre les décisions attaquées que les signer, sans être titulaire d'une délégation de signature à cet effet. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté manque en fait et ne peut ainsi qu'être écarté.
3. Deuxièmement, l'arrêté attaqué, qui fait état de différents éléments relatifs à la situation de M. D, énonce les raisons pour lesquelles l'autorité préfectorale a retenu que l'intéressé ne compte pas parmi les personnes susceptibles de bénéficier de la protection temporaire au sens de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, ni ne peut prétendre au bénéfice des stipulations des articles 6 et 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cet arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, en tout état de cause, être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les Etats membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil : " 1. L'existence d'un afflux massif de personnes déplacées est constatée par une décision du Conseil () / () / 3. La décision du Conseil a pour effet d'entraîner, à l'égard des personnes déplacées qu'elle vise, la mise en œuvre dans tous les États membres de la protection temporaire conformément aux dispositions de la présente directive. La décision contient au moins : / a) une description des groupes spécifiques de personnes auxquels s'applique la protection temporaire / b) la date à laquelle la protection temporaire entrera en vigueur / () ". Aux termes de l'article 1er de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire : " L'existence d'un afflux massif dans l'Union de personnes déplacées qui ont dû quitter l'Ukraine en raison d'un conflit armé est constatée ". Aux termes de l'article 2 de cette même décision : " 1. La présente décision s'applique aux catégories suivantes de personnes déplacées d'Ukraine le 24 février 2022 ou après cette date, à la suite de l'invasion militaire par les forces armées russes qui a commencé à cette date : / a) les ressortissants ukrainiens résidant en Ukraine avant le 24 février 2022; / b) les apatrides, et les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui ont bénéficié d'une protection internationale ou d'une protection nationale équivalente en Ukraine avant le 24 février 2022; et, / c) les membres de la famille des personnes visées aux points a) et b). / 2. Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables / () ".
5. Il résulte des dispositions du paragraphe 2 de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/382 précitée que pour pouvoir prétendre au bénéfice de la protection temporaire, les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine doivent en principe être titulaires d'un titre de séjour permanent délivré conformément au droit ukrainien.
6. D'autre part, aux termes du paragraphe 3 de l'article 2 de la décision d'exécution précitée : " Conformément à l'article 7 de la directive 2001/55/CE, les États membres peuvent également appliquer la présente décision à d'autres personnes, y compris aux apatrides et aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier en Ukraine et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. ". Si le paragraphe 3 de ce même article 2 envisage que cette protection soit rendue applicable à d'autres catégories de personnes, dont les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine qui séjournaient régulièrement dans ce pays sans disposer d'un titre permanent, il se borne ce faisant à rappeler la faculté que tiennent les Etats membres de l'article 7 de la directive 2001/55/CE d'étendre le bénéfice de la protection à des catégories supplémentaires de personnes déplacées qui ne sont pas visées dans la décision du Conseil, lorsqu'elles sont déplacées pour les mêmes raisons et à partir du même pays ou de la même région d'origine, l'exercice d'une telle faculté supposant d'en informer immédiatement le Conseil et la Commission. La mise en œuvre de cette faculté par les autorités françaises, transposée à l'article L. 581-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est subordonnée par l'article R. 581-18 du même code à l'adoption d'un arrêté conjoint du ministre chargé de l'immigration, du ministre de l'intérieur et du ministre des affaires étrangères, désignant les catégories de personnes concernées. Ce même article prévoit également l'information du Conseil et de la Commission par le ministre chargé de l'asile.
7. Au cas particulier, d'une part, M. D, avant son entrée en France, résidait en Ukraine sous couvert d'un titre de séjour temporaire valable du 24 décembre 2021 au 1er décembre 2022. De ce fait, n'étant pas détenteur d'un titre de séjour permanent, il n'entrait pas dans le champ des catégories de personnes définies aux paragraphes 1 et 2 de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/382 précitée. D'autre part, aucun arrêté interministériel n'a été pris sur le fondement de l'article R. 581-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La faculté d'octroyer le bénéfice de la protection temporaire à des personnes relevant de catégories supplémentaires que celles précitées étant subordonnée à l'édiction d'un tel arrêté, l'autorité préfectorale, qui ne tenait de l'article L. 581-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aucun pouvoir d'appréciation à cet égard, contrairement à ce qu'invoque le requérant, était en conséquence tenue de refuser le bénéfice de la protection temporaire à un ressortissant d'un pays tiers à l'Ukraine ne disposant pas d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités ukrainiennes. A cet égard, le requérant soutient que la décision d'exécution du Conseil du 4 mars 2022, de même que l'absence d'édiction par le Gouvernement de l'arrêté interministériel précité, méconnaissent le principe d'égalité de traitement garanti par le droit de l'Union européenne et le principe de non-discrimination, en tant que le champ d'application de la protection temporaire qui en résulte exclut les ressortissants de pays tiers à l'Ukraine non titulaires d'un titre de séjour permanent. Toutefois, au regard de l'objet de la protection temporaire, dispositif exceptionnel visant, sur le fondement de normes minimales communes à tous les Etats membres, à assurer une protection immédiate et de caractère temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées ne pouvant rentrer dans leur pays d'origine, la différence de traitement entre les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, selon qu'ils sont titulaires d'un titre de séjour permanent ou non délivré par les autorités de ce pays, n'est en tout état de cause pas susceptible de caractériser une méconnaissance des principes invoqués.
8. Il suit de là que, ainsi que les parties en ont été informées par lettre du 8 janvier 2024, le préfet de Seine-et-Marne était en situation de compétence liée pour refuser à M. D le bénéfice de la protection temporaire. En conséquence, les moyens tirés de l'absence d'entretien en vue d'examiner s'il remplissait les conditions de la protection temporaire, du défaut d'examen à cet égard, ainsi que de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation entachant le refus de lui octroyer le bénéfice de cette protection, sont inopérants et ne peuvent, par suite, qu'être écartés.
9. En deuxième lieu, il résulte des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a porté une appréciation notamment sur la possibilité d'octroyer à M. D un titre de séjour sur le fondement des stipulations des articles 6 et 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Si le requérant reproche à la décision attaquée de ne pas justifier d'une appréciation sur son droit au séjour en qualité d'étudiant, sur le fondement des stipulations du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il ait présenté sa demande sur ce fondement. D'ailleurs, les éléments qu'il verse aux débats à cet égard, relatifs à son inscription universitaire, sont postérieurs à la décision attaquée. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier un défaut d'examen, ce moyen devant, par suite, être écarté en sa seconde branche.
10. En troisième lieu, il résulte des énonciations au point précédent que M. D ne peut utilement se prévaloir des stipulations du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. L'erreur de droit et d'appréciation au regard de ces stipulations ne peuvent, par suite, qu'être écartés.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il résulte des déclarations de M. D que celui-ci est arrivé en France à l'âge de 23 ans et y séjournait depuis seulement deux mois à la date de l'arrêté attaqué. L'intéressé, qui expose être arrivé en Ukraine en décembre 2021, n'allègue pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. En invoquant seulement le séjour régulier sur le sol national de ses deux frères, sans au demeurant produire un justificatif de ces liens familiaux, et alors que son inscription universitaire en France est postérieure à l'arrêté attaqué, le requérant ne fait valoir aucun élément de nature à caractériser une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
13. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point précédent, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, et en prévoyant le cas échéant son éloignement forcé à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible, le préfet de Seine-et-Marne aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. Il résulte de ce qui a été dit plus haut que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité, M. D ne pouvant ainsi se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. En conséquence et compte tenu de ce qui précède, le requérant n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale par voie d'exception.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions du requérant à fin d'injonction et de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, au préfet de Seine-et-Marne et à Me Victor.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme E, première vice-présidente,
Mme Leconte, première conseillère,
Mme Massengo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 mars 2024.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
S. GHALEH MARZBANLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026