mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DELAINE DOMINIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2022, Mme E C D, représentée par Me Delaine, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale pour ne pas faire pas état des voies et délais de recours ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est présente depuis près de trente ans sur le territoire français où elle a établi sa vie privée et familiale et où elle exerce le métier d'agent d'entretien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son éloignement aura des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle n'a plus de contact avec sa famille au Cap-Vert et que ses parents sont décédés ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle est âgée de 70 ans et que son éloignement porterait atteinte à sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa santé.
En ce qui concerne la décision portant invitation à quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de force exécutoire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par courrier du 16 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'invitation à quitter le territoire dès lors qu'elle constitue la conséquence nécessaire de la décision de refus de titre de séjour.
Mme C D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C D, née le 20 novembre 1952, de nationalité cap-verdienne, est entrée en France, selon ses déclarations, le 19 novembre 1993. Elle a demandé à la préfète du Val-de-Marne la régularisation de sa situation administrative au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un courrier du 23 décembre 2021, la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, Mme C D demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. En l'espèce, la préfète du Val-de-Marne, après avoir relevé que Mme C D avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français à la suite du rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour le 14 septembre 2017, a estimé qu'elle ne faisait " état d'aucun élément nouveau susceptible de justifier le réexamen de [sa] situation ", et qu'elle ne pouvait en conséquence que " confirmer les termes de la précédente décision ". Toutefois, la requérante soutient, sans être utilement être contestée en défense, avoir produit à l'appui de sa demande un contrat de travail à durée déterminée daté du 6 août 2018 ainsi que plusieurs fiches de paie allant d'avril 2018 à juin 2021. Eu égard à ces éléments nouveaux, cette décision doit être regardée, non comme une décision confirmative des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français prononcées le 14 septembre 2017, mais comme une nouvelle décision de refus de titre de séjour.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle ne vise ni ne cite les dispositions de droit dont il est fait application pour refuser de délivrer à l'intéressée le titre de séjour qu'elle sollicitait. Dès lors la décision est entachée d'un défaut de motivation en droit et est, de ce fait, illégale.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C D est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 décembre 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant invitation à quitter le territoire français :
6. Lorsque le refus de titre de séjour ou le retrait de titre de séjour opposé à la demande d'un étranger s'accompagne d'une " invitation à quitter le territoire français ", cette invitation, qui est la conséquence nécessaire de la décision de refus ou de retrait de titre ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours. Il en va ainsi alors même que cette invitation est assortie d'un délai et de l'indication qu'au-delà de ce délai, à défaut d'avoir volontairement quitté le territoire français, l'étranger concerné s'expose à l'édiction, à son encontre, d'une obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la préfète du Val-de-Marne n'a pas assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français mais a simplement invité Mme C D à le quitter dans les plus brefs délais compte tenu de ce qu'elle confirmait la décision opposée par le préfet du Val d'Oise du 14 septembre 2017 de ne pas délivrer le titre de séjour sollicité. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de Mme C D tendant à la délivrance d'un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de présente décision. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
9. Mme C D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Delaine, avocat de Mme C D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Delaine de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la préfète du Val-de-Marne du 23 décembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de Mme C D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : l'État (préfecture du Val-de-Marne) versera à Me Delaine la somme de 1 000 euros en application des dispositions du 2° alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Delaine renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée, pour son information, au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'hirondel, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
Le rapporteur,
P.Y. A
Le président,
M. L'HIRONDEL
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026