jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GONIDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2022, M. A B, représenté par Me Gonidec, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 3 juin 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui verser rétroactivement les allocations pour demandeur d'asile à compter de la date à laquelle leur bénéfice a été interrompu, dans le délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors que l'absence à une seule convocation n'est pas de nature à justifier la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
- il ne peut lui être reproché de ne pas s'être présenté à l'aéroport le 7 mars 2022 pour son vol à destination de la Bulgarie, alors qu'il n'a reçu sa convocation que le 2 mars 2022 et que son absence était justifiée par son état de santé ;
- la décision n'a pas été précédée d'un entretien visant à évaluer sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à son état de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistrée le 4 avril 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële,
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né en 1997, a sollicité le bénéfice de l'asile en France le 21 juillet 2021, et a accepté, le 23 juillet suivant, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Le 6 octobre 2021, il s'est vu notifier un arrêté de transfert vers les autorités bulgares. Convoqué le 7 mars 2022 à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en vue de l'exécution de la décision de transfert, M. B ne s'est pas présenté à l'embarquement. Par un courrier du 11 mai 2022, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Créteil lui a notifié son intention de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté ses obligations à l'égard des autorités en charge de l'asile. L'intéressé a produit des observations le 23 mai 2022. Par une décision du 3 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, cette même autorité a mis fin à son profit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 31 août 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale ".
4. Il résulte des dispositions précitées que tout demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien personnel, destiné à évaluer sa vulnérabilité, lors de la présentation de sa première demande d'asile. En revanche, ces dispositions n'imposent pas qu'un tel entretien soit à nouveau mené, préalablement à la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil.
5. Il ressort des pièces du dossier que, ainsi qu'il l'a lui-même certifié en réponse à l'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil, M. B a bénéficié d'un entretien visant à évaluer sa vulnérabilité le 23 juillet 2021, lors de l'enregistrement de sa demande au guichet unique des demandeurs d'asile, qui n'a pas mis en lumière d'éléments particuliers de vulnérabilité, laquelle avait été évaluée à 1 sur une échelle de 0 à 3. Par suite, et alors que l'intéressé n'établit pas avoir apporté d'éléments nouveaux relatifs à sa situation, il ne saurait utilement se prévaloir de l'absence d'évaluation de sa vulnérabilité avant l'édiction de la décision mettant fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".
7. Il est constant que M. B s'est vu remettre, le 2 mars 2022, une convocation pour le 7 mars 2022 à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en vue de son embarquement à destination de la Bulgarie. S'il soutient qu'il n'a pu déférer à cette convocation en raison de son état de santé, il ne produit aucune pièce justifiant que son état de santé l'aurait empêché de se présenter aux autorités ou contre-indiquant un voyage vers la Bulgarie. Si le requérant explique également son absence par le bref délai séparant la convocation de la date du vol, ladite convocation, notifiée selon ses propres déclarations le 2 mars 2022 à 14h40, et à l'occasion de laquelle il n'est pas allégué qu'il aurait fait valoir des difficultés particulières ni sollicité un préacheminement à l'aéroport, lui laissait le temps nécessaire pour se rendre à l'aéroport le 7 mars suivant. M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il justifiait d'un motif légitime de se soustraire à sa convocation en vue de l'exécution de la décision de transfert. Dans ces conditions, la directrice territoriale de l'OFII pouvait, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur de qualification juridique des faits, prononcer la cessation des conditions matérielles d'accueil au profit de M. B en se fondant sur la circonstance que l'intéressé n'avait pas respecté son obligation de se présenter aux autorités.
8. En troisième lieu, M. B n'établit pas, en l'absence de toute pièce, qu'il serait dans une situation de vulnérabilité particulière, au regard de son état de santé. Il ressort d'ailleurs de l'évaluation de sa vulnérabilité par l'OFII que celle-ci a été estimée à 1 sur une échelle de 0 à 3. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation et de sa vulnérabilité doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 juin 2022. Il convient également de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
Signé : M. VAN DAËLE
La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026