LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2210756

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2210756

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2210756
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantDADI GHISLAIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 décembre 2018, 23 avril 2019 et

11 janvier 2022, Mme A B, représentée par Me Dadi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 9 octobre 2018 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société Reflet 2000 à la licencier ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure qui n'a pas été contradictoire ;

- la décision est entachée par l'irrégularité de la procédure interne compte tenu de la consultation de la délégation unique du personnel (DUP) postérieure à son entretien préalable au licenciement, de son absence d'audition par la DUP, du défaut des mentions de ses mandats dans l'ordre du jour de la convocation de la DUP et du défaut d'information de la DUP sur l'origine de son inaptitude ;

- la demande d'autorisation de licenciement est insuffisamment motivée ;

- la saisine de l'inspection du travail est intervenue plus de quinze jours après la consultation du comité d'entreprise ;

- l'inspecteur du travail n'a pas tenu compte de l'origine de son inaptitude ;

- la société Reflet 2000 a méconnu son obligation de reclassement ;

- son licenciement est en lien avec son mandat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2019 la société Reflet 2000 conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme B à 100 euros d'amende pour recours abusif. A titre subsidiaire, elle demande que le tribunal prononce le remboursement des sommes versées au titre du licenciement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2019, la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance n° 1810319 du 15 décembre 2021, le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Melun a donné acte du désistement d'office de Mme B.

Par un arrêt n° 22PA00716 du 18 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Paris, saisie d'un appel formé par Mme B, a annulé l'ordonnance du 15 décembre 2021 et a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Melun.

Procédure devant le tribunal :

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, le directeur régional et interdépartemental des entreprises, de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au

20 décembre 2022.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions tendant au remboursement des sommes versées au titre du licenciement et tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la condamnation à une amende pour procédure abusive.

Mme B a présenté des observations le 10 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère ;

- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, salariée de la société Reflet 2000 depuis le 1er avril 1989, occupait, en dernier lieu, le poste de chef de site. Elle exerçait en outre, depuis 2004, les mandats de déléguée syndicale, déléguée du personnel et membre du comité d'entreprise au sein de la délégation unique du personnel. Son employeur a demandé à l'inspecteur du travail l'autorisation de la licencier pour inaptitude. Par une décision du 9 octobre 2018, dont Mme B demande l'annulation, l'inspecteur du travail a accordé à la société Reflet 2000 cette autorisation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 2421-4 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat. / () ".

3. Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions de l'article R. 2421-4 du code du travail préalablement à une autorisation de licenciement d'un salarié protégé impose à l'autorité administrative d'informer le salarié concerné, de façon suffisamment circonstanciée, des agissements qui lui sont reprochés. Il implique, en outre, que le salarié protégé puisse être mis à même de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, notamment des témoignages et attestations. Enfin, il impose à l'inspecteur du travail de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants qu'il a pu recueillir, y compris les témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation.

4. S'il est constant que Mme B a été convoquée pour être entendue le 13 septembre 2019 dans le cadre de l'enquête contradictoire menée par l'inspecteur du travail et que la demande d'autorisation de licenciement de la société Reflet 2000 lui a été communiquée, la requérante soutient qu'elle n'a pas été mise à même, avant l'édiction de la décision contestée, de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par son employeur à l'appui de sa demande et notamment l'avis de la délégation unique du personnel du 11 juillet 2018 produit par son employeur au cours de l'enquête contradictoire. Ni l'administration ni la société Reflet 2000 n'apportent d'éléments permettant de contester utilement cette allégation. La circonstance que son droit d'accès et de communication à tout document déterminant éventuellement produit par l'employeur pendant l'enquête contradictoire lui a été notifiée le 18 juin 2018, soit à l'occasion de la précédente enquête contradictoire, ne permet pas, à elle seule, de regarder la requérante comme ayant été mise à même d'accéder à l'ensemble des éléments mentionnés au point 3 dans des conditions et délais permettant de présenter utilement sa défense. Par suite, Mme B, qui a été effectivement privée de la garantie que constitue la procédure contradictoire prévue par les dispositions au point 2, est fondée à soutenir que la décision attaquée est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière et à en demander, pour ce motif, l'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions tendant au remboursement des sommes versées au titre du licenciement :

5. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les conclusions de la société Reflet 2000 tendant au remboursement des sommes versées au titre du licenciement de Mme B par la société Reflet 2000. Par suite, ces conclusions, qui relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire, ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les conclusions tendant au prononcé d'une amende pour requête abusive :

6. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions de la société Reflet 2000 tendant à ce que Mme B soit condamnée à une telle amende ne sont pas recevables.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de l'inspecteur du travail du 9 octobre 2018 est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et la société Reflet 2000.

Copie en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

La rapporteure,

F. BouchetLe président,

T. GallaudLa greffière,

O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions