lundi 17 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GUEZ GUEZ |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;
- l'arrêté du 24 août 2000 fixant les modalités de recrutement et de formation des adjoints de sécurité recrutés au titre du développement d'activités pour l'emploi des jeunes ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 26 mars 2023 sous le numéro 2302983, Madame D C a demandé l'annulation de la décision contestée.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 5 avril 2023, en présence de Madame Do Novo, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Guez Guez, représentant Madame C, requérante, absente, qui rappelle qu'elle a passé tous les tests pour devenir policier-adjoint, qu'elle était déjà intégrée au sein de l'école de police à Nîmes, qu'elle a mis fin à son contrat car son compagnon a été muté en région parisienne, qu'elle s'est alors engagée comme cadet de la République mais qu'elle a été affectée à l'école de Oissel (Seine-Maritime) à plus de 300 kilomètres de son domicile, qu'elle a dû également abandonner cette formation, qu'elle a présenté une troisième demande pour devenir policier-adjoint dans le Val-de-Marne, qui maintient que la condition d'urgence est caractérisée par la décision arrête le processus de recrutement, que rien n'empêche son intégration au mois de mai, que la décision n'est pas motivée en fait, que la note blanche produite a trait à des faits remontant à 2021, que ses absences sur son poste sont directement motivés par les obligations pour son recrutement comme policier-adjoint, qu'elles ont donc toujours été justifiées, et qui remarque que la commune l'a réaffectée dans un autre service en novembre 2022 malgré les problèmes relationnels invoqués.
Le préfet de police de Paris, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 8 mars 2023, le préfet de police de Paris s'est opposé à l'agrément de Madame D C en qualité de policier-adjoint. Cette décision met fin au processus de recrutement engagée par l'intéressée en septembre 2022 pour exercer ces fonctions dans le département du Val-de-Marne. Cette décision faisait suite à une lettre en date du 20 janvier 2023 informant l'intéressée que sa candidature était susceptible d'être rejetée au motif que sa hiérarchie n'était pas satisfaite de son travail et que " les difficultés relationnelles avec votre hiérarchie, vos collègues et les enfants, ont contrat la direction à vous changer d'affectation " et que " de plus, votre absentéisme important et récurrent a été souligné ". Madame C avait fait valoir ses observations le 8 février 2023, expliquant ses difficultés relationnelles par le fait qu'elle avait intégré un milieu professionnel et une ville qu'elle ne connaissait pas, avoir été victime de la part de sa responsable d'un " manque de respect considérable " et un " harcèlement moral notable " et que cette situation a motivé son transfert dans une autre structure, que ses évaluations professionnelles étaient bonnes, et que son absentéisme, en octobre et novembre 2022 était en partie dû aux obligations de son recrutement en qualité de policier-adjoint. Par une requête enregistrée le 26 mars 2023, elle a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; () 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. En l'espèce, il ressort des termes de la lettre du 8 mars 2023 qu'elle comporte une motivation en droit, soit en l'espèce les articles L. 114-1 et R. 114-2 du code de la sécurité intérieure et l'article 4 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 susvisé, et qu'elle fait explicitement référence à la lettre du 20 janvier 2023 et à la réponse de la requérante en date du 8 février 2023. Par suite, et à supposer même que la décision d'agrément pour exercer les fonctions de policier-adjoint soit au nombre des décisions qui doivent être motivés, ce qui est au demeurant contesté par le préfet de police de Paris, le moyen tiré du défaut de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent n'est pas de nature, en l'état de l'instruction à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " I. - Les décisions administratives de recrutement, d'affectation, de titularisation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant soit les emplois publics participant à l'exercice des missions de souveraineté de l'Etat, soit les emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense, soit les emplois privés ou activités privées réglementées relevant des domaines des jeux, paris et courses, soit l'accès à des zones protégées en raison de l'activité qui s'y exerce, soit l'utilisation de matériels ou produits présentant un caractère dangereux, peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. Ces enquêtes peuvent donner lieu à la consultation de traitements automatisés de données à caractère personnel relevant de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. Les conditions dans lesquelles les personnes intéressées sont informées de cette consultation sont précisées par décret. () ". Aux termes de l'article R. 114-2 du même code : " Peuvent donner lieu aux enquêtes mentionnées à l'article R. 114-1 les décisions suivantes relatives aux emplois publics participant à l'exercice des missions de souveraineté de l'Etat ainsi qu'aux emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense : () 3° Recrutement ou nomination et affectation : () g) Des fonctionnaires et agents contractuels de la police nationale ; () ". Aux termes enfin de l'article 4 du décret n° 95-654 du 29 mai 1995 susvisé : " Outre les conditions générales prévues par l'article L. 321-1 du code général de la fonction publique et les conditions spéciales prévues par les statuts particuliers, nul ne peut être nommé à un emploi des services actifs de la police nationale () 3° Si sa candidature n'a pas reçu l'agrément du ministre de l'intérieur ".
6. S'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans l'intérêt du service, si les candidats à un emploi d'adjoint de sécurité présentent les garanties requises pour l'exercice des fonctions auxquelles ils postulent, il incombe au juge de l'excès de pouvoir de vérifier que le refus d'agrément d'une candidature est fondé sur des faits matériellement exacts et de nature à le justifier légalement.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et en particulier de la " note blanche " produite par le préfet de police de Paris que les différents employeurs de la requérante avait " mis en exergue son immaturité ", " doublée d'un refus récurrent de l'autorité ", que celle-ci avait " décrit de manière confuse " et avait " exposé des arguments non convaincants quant à ses motivations à vouloir intégrer la police nationale ", que compte tenu de sa manière de servir, " de son attitude réfractaire, de ses relations conflictuelles et de son manque d'assiduité au travail, des doutes ont été émis sur son éthique et sa fiabilité ". Quand bien même Madame C soutiendrait qu'une moitié au moins de ses absences était motivée par les besoins de la procédure de recrutement en tant que policier-adjoint, il n'en reste pas moins que l'ensemble de ces appréciations, qui concernent plus particulièrement sa personnalité et son comportement général, pouvait, sans erreur d'appréciation, permettre à l'administration de considérer qu'elle ne remplissait pas les conditions nécessaires pour occuper les fonctions difficiles de policier-adjoint qui nécessitent en particulier, pour la hiérarchie, d'avoir une confiance absolue dans ses personnels et de s'assurer qu'ils sont en capacité d'exécuter les ordres qui leur sont donnés en toutes occasions.
8. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation n'est pas non plus de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
9. Dans ces conditions, aucun des moyens soulevés par la requérante n'étant de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sur la légalité de la décision en litige, la requête de Madame C ne pourra qu'être rejetée dans l'ensemble de ses composantes, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de police de Paris.
Le juge des référés, La greffière,
A : M. B A : M. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°230296
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026